Mostra 2017 : The Shape of Water, la dernier création de Guillermo del Toro, revisite le conte de la Belle et la Bête sur fond de Guerre froide

En 1962, Elisa (Sally Hawkins), une jeune femme de ménage, muette, et sa collègue Zelda (Octavia Spencer) travaillent dans un laboratoire gouvernemental et finissent par découvrir une créature amphibie dans un réservoir d’eau. Elisa, emmurée dans sa solitude, se lie d’amitié avec la créature.
— Sally Hawkins – The Shape of the Water
© 2017 Twentieth Century Fox Film Corporation
Le maître conteur, Guillermo del Toro, alterne les productions des studios hollywoodiens, histoire de renflouer ses finances, et des créations plus personnelles, emplies de poésie, d’onirisme et de fantastique. Les cinéphiles se souviennent d’un de ses films qui avait marqué le public au Festival de Locarno 2002 : El Espinazo del Diablo. The Shape of Water est de la même teneur, réunissant les mêmes éléments à la foie poétiques fantaisistes et fantastiques. Osant un conte de fée dans le contexte de l’ère de la Guerre froide entre l’Amérique  et les Soviétiques, Guillermo del Toro plonge littéralement son public en1963 dans les couloirs secrets d’un laboratoire du gouvernement, un lieu sous haute sécurité où Elisa travaille sous la protection maternelle de Zelda. Piégée dans sa vie de silence et d’isolement, la vie d’Elisa est changée à jamais quand elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience classée secrète. Le cinéaste a effectué un voix judicieux quant à a distribution qui compte encore Michael Shannon, Richard Jenkins, Michael Stuhlbarg et Doug Jones, tous d’une justesse troublante dans ce registre.
Écrit par Guillermo del Toro et Vanessa Taylor, The shape of water a été sélectionné pour concourir dans la compétition officielle de la 74ème édition du Festival international du film de Venise et a été présenté ce 31 août 2017, suscitant un tonnerre d’applaudissements à l’issue de la projection de presse. 
The Shape of the Water
© 2017 Twentieth Century Fox Film Corporation

Guillermo del Toro n’a pas fait un film aussi superbe depuis plus d’une décennie – The Pan’s Labyrinth,en 2006, un travail vraiment à couper le souffle qui a placé le niveau très haut quant au travail du réalisateur. Depuis, il a fait de nombreux films avec des degrés divers de réussite, mais rien de similaire au Labyrinthe de Pan. A Venise, selon le baromètre des premières critiques, il en résulte que son nouveau film, The Shape of Water, pourrait être à la hauteur du potentiel de Del Toro.

Dans la séquence d’ouverture, il y a un incendie dans une chocolaterie, ce qui incite un personnage à noter que l’odeur du cacao grillé dans l’air mélange  “l’horreur et le plaisir ». Le ton est donné : le film oscillera entre répliques savoureuses, séquences de comédies musicales et claquettes à la télévision et au cinéma, horreur et fantastique, romance et onirisme.

Sally Hawkins et Doug Jones sont  tout simplement épatants comme couple humain-amphibien. qui rappelle, inéluctablement,  certains éléments de «Beauté et la Bête», «E.T», «Amélie Poulain», mais comme à l’accoutumée, Del Toro prend les histoires et les images qui l’ont formé et les façonne en quelque chose de tout à fait personnel. Il y a quelque chose ici pour les amateurs de toutes sortes de genres – même les films muets et les comédies musicales – mais le directeur transcende le simple pastiche pour créer une œuvre qui ressemble au produit de notre subconscient collectif, ce qui explique l’enthousiasme généralisé tant de la presse que du public.

Contrairement à d’autres réalisateurs dans le but de recréer le passé, Del Toro met son amour du cinéma au service de ses personnages et de son histoire dirigeant avec maestria ses comédiens, soutenus par l’utilisation judicieuse de la musique d’époque.

Les films présentés jusqu’à présent à la  74ème Mostra sont d’une niveau particulièrement excellent mais The Shape of Water semble, pour l’instant, le favori.

Firouz E. Pillet de la Mostra 2017, Lido

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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