Rencontre avec Nathalie Oestreicher réalisatrice de Pomme et Volcan – A la recherche de ce qui reste

Pomme et Volcan. A la recherche de ce qui reste (Apfel und Vulkan – auf der Suche nach dem was bleibt), de Nathalie Oestreicher, propose un cheminement commun de la  cinéaste Nathalie et son amie Fabienne. Toutes deux entament un voyage au pays des souvenirs et de l’oubli. Fabienne pour se préparer à sa mort et Nathalie pour affronter sa vie.

Fabienne est gravement malade – des métastases dans les deux poumons – et il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Elle affronte sans tabou son destin mais, surtout, elle se fait beaucoup de souci pour ses deux fillettes. Elle aimerait que son amie Nathalie lui explique comment, enfant, elle a géré les décès de son père et de son frère. Fabienne aimerait comprendre ce que ses enfants vont vivre très prochainement.

Les souvenirs de Nathalie envers son père sont ambigus. Il est mort d’un infarctus lorsqu’elle avait dix ans. Son frère était son héros. Un jour il a disparu dans la forêt et n’est jamais revenu. Le point de vue de Nathalie sur son enfance s’est figé en une histoire. Et cette histoire ne suffit plus pour répondre aux questions de Fabienne.

Les deux amies entament « un voyage au pays des souvenirs et de l’oubli » mais surtout au pays des souvenirs communs, des souvenirs que l’on laisse en héritage à ses proches, en particulier à ses enfants.  Fabienne pour se préparer à sa mort et Nathalie pour affronter sa vie. C’est ainsi que naît une nouvelle histoire dans laquelle Fabienne laissera des traces pour toujours.

Malgré un sujet, à priori, difficile à aborder et un peu macabre, Nathalie Oestreicher distiller la prédominance du souffle de vie tout au long de son documentaire, un souffle de vie très explicite quand la cinéaste souligne l’importance de la nature dans laquelle se côtoient par essence la vie et la mort. La vie et la mort, non pas comme opposées ou antagonistes mais comme des facettes inéluctablement liées d’un même parcours, d’une même vie.

 

La cinéaste se met à comparer la vie à l’ascension d’une montagne où chacun laisse des traces représentatives de l’identité et du parcours de chaque individu. Dans ce documentaire, présenté dans la section « Helvétique » du dernier Festival Visions du Réel de Nyon, la cinéaste part à la recherche de « ce qui reste », le legs lucide et nécessaire de Fabienne à ses deux filles, un héritage assumée d’une mère à l’existence trop brève.  Face aux questions de Fabienne, Nathalie Oestreicher opte initialement pour des dialogues et, progressivement, imperceptiblement, à des description plus mutiques des sensations, des ressentis.

Le film est déjà sortie en Suisse allemande et sort actuellement sur les écrans romands. Nathalie Oestreicher a pris le temps de répondre à nos questions entre deux avant- premières, entre Neuchâtel et Sainte-Croix.
Entretien par téléphone avec la cinéaste Nathalie Oestreicher:

 

Firouz E. Pillet

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Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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