Théâtre de Carouge: Les femmes (trop) savantes ?, un spectacle haut en couleurs servi par des comédiens fantasques et picaresques – Rencontre (audio) avec Brigitte Rosset

Christian Scheidt et Brigitte Rosset sollicitent le musicien Olivier Gabus pour revisiter Molière de manière cocasse, pittoresque et musicale !

— Christian Scheidt, Brigitte Rosset et Olivier Gabus – Les Femmes (trop) savantes ?
©Stéphane Schmutz

Dans La Locandiera, quasi comme, d’après Carlo Goldoni, dans une mise en scène de Robert Sandoz, Brigitte Rosset endossait les traits de Mirandolina, l’un des premiers rôles-titres féminins dans l’histoire de la Comédie italienne. Cette femme d’esprit a un charme naturel redoutable auquel succombent les voyageurs qui séjournent dans son auberge, notamment un comte et un marquis. Dans ce Goldoni revisité, Brigitte Rosset donnait la réplique à Christian Scheidt. L’humoriste, habituée au stand-up et aux one-woman-show a eu le coup de foudre artistique pour Christian Scheidt et c’est réciproque. Forts de leur expérience dans la comédie italienne, Brigitte Rosset et son acolyte Christian Scheidt s’attaquent aux Femmes savantes, comédie moliéresque écrite en 1672.

Grand classique de Molière, Les femmes savantes, dissertent avec bonheur et avec humour sur le savoir et l’ignorance, sur les relations de pouvoir entre hommes et femmes, sur les rapports de domination. Cette pièce raconte l’histoire de trois femmes bourgeoises passionnées de science et de poésie, manipulées par un faux savant, arriviste et opportuniste. Elles tentent de s’imposer aux autres membres de la famille, dont la matrone qui espère conclure de rentables unions en mariant ses filles. Les membres de la famille entreprennent de dévoiler la vraie nature de ce poète pédant qu’est le savant de pacotille. La pièce regorge de modernité et les échos avec notre époque sont déconcertants et drôlatiques. Il y avait donc de quoi inspirer une équipe gagnante !

Les femmes (trop) savantes ?, la pièce de Molière, dans une mise en scène par Robert Sandoz et Julia Portier, est revisitée au goût du jour avec de savoureux et truculents clins d’œil à notre société et ses travers. Brigitte Rosset, Christian Scheidt et Olivier Gabus interprètent treize personnages et revisitent cette pièce du XVIIe siècle. Celles et ceux qui connaissent et apprécient le texte de Molière retrouveront sa verve et ses alexandrins, servis avec humour et facéties par les comédiens qui semblent se régaler tout autant qu’ils régalent le public.
Le tandem s’est adjoint la complicité d’Olivier Gabus, qui ajoute à ce duo sa poésie et sa douce folie musicale, avec des pépites sonores particulièrement jubilatoires.

La pandémie a perturbé, voire suspendu beaucoup de spectacles. Par solidarité, Jean Liermier et son équipe du Théâtre de Carouge ont décidé de tendre la main à une équipe qu’ils apprécient et accueillent, au « au pied levé ». Les femmes (trop) savantes ?, dont les représentations avaient dû être interrompues fin 2021 sont à voir dans la petite salle du Théâtre de Carouge jusqu’au 19 juin 2022.

Avant une représentation, nous avons rencontré Brigitte Rosset qui nous a parlé de Molière, de ses femmes savantes, de la modernité de la pièce, de ses échos avec notre société, de la mise en scène astucieuse de Robert Sandoz et de Julia Portier, de son émulation avec Christian Scheidt et de leur nouvel acolyte, Olivier Gabus. Brigitte Rosset nous a aussi mis en appétit en mentionnant quelques projets à venir…

 

Firouz E. Pillet

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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