Berlinale 2018 – du 15 au 25 février, la chasse à l’Ours d’or est ouverte !

Avec ses 385 films – de tous genres et formats – présentés dans 12 sections, la Berlinale reste le festival qui rend le plus justement un instantané de l’état du monde et des évolutions artistiques cinématographiques. Toujours très politique, il s’empare des sujets qui agitent l’actualité mais permet également de dévoiler des réalités qui ne font pas la Une de nos différents écrans. C’est également à Berlin que les évolutions cinématographiques s’exposent sans peurs, dans toutes les sections, compétition comprise, mais il est vrai principalement dans une section ouverte à toutes les expérimentations, celle gérée par l’Institut allemand du film et de l’art de la vidéo – Arsenal.

— Potsdamer Platz, centre névralgique de la Berlinale
© Malik Berkati

Pour la première fois de son histoire, le festival ouvrira la chasse à l’Ours d’or – 19 films en compétition – avec un film d’animation, Isle of Dogs de Wes Anderson, un habitué de la Berlinale qui avait déjà fait l’ouverture de la 64e édition avec The Grand Budapest Hotel. Cette 68è édition, dans la lignée traditionnelle d’engagement politique du festival, promet des films engagés et engageant le spectateur dans la vision d’un monde qui est loin d’être rose.

Le festival rattrapé par #MeToo

La Berlinale a toujours été engagée dans la lutte contre les discriminations et le sexisme. Son directeur, Dieter Kosslick, n’a jamais manqué l’occasion de taclé le festival de Cannes à cet égard, en soulignant les années précédentes le fait qu’une année sur deux le président du jury et une présidente et qu’à Berlin, il n’y a pas de difficultés artistiques pour trouver des films réalisés par des femmes en compétition. Cette année, faisant référence à la polémique du tapis rouge à Cannes qui impose un standard minimum aux femmes pour le fouler, Kosslick s’est fendu d’un commentaire caustique : « il n’y a jamais eu de dresscode à la Berlinale. Jamais je ne refoulerai une femme du tapis rouge parce qu’elle porte des chaussures plates – et d’ailleurs aucun homme qui porterait des hauts talons. Chacun-e doit se sentir libre de venir comme il veut au festival ! »
Le festival s’empare du débat #MeToo avec l’organisation de débats et d’un séminaire. Pour les festivalier-ère-s témoins ou victimes de discriminations ou abus, un site internet « Speak Up » permettra de s’exprimer – anonymement si on le souhaite – et de se faire conseiller. Cependant, le festival se fait rattraper par ce sujet à travers une actrice sud-coréenne qui accuse le festival d’hypocrisie : le film d’un des cinéastes les plus réputés de Corée du sud, Kim Ki-duk, sera présenté en première mondiale dans la sélection Panorama. Sans (pré)juger de la pertinence de l’accusation – les poursuites ayant été abandonnées en Corée – force est de constater, après avoir vu Human, Space, Time and Human le (mauvais) film mi-horreur mi-dystopique mi-allégorique que Kim Ki-duk violente allègrement, si ce n’est ses actrices, en tous les cas ses personnages féminins !

Cette année, pas de fil rouge mais plusieurs thématiques qui traversent toutes les sections : l’évocation de destins d’artistes et une réflexion sur la place et le rôle de l’artiste dans la société, le courage civique, la diversité dans tous ses aspects sociétaux mais, dans une tradition bien ancrée depuis plus de 25 ans, avec un focus sur les questions LGBT, et bien sûr la question des réfugiés et des migrants devenu quasiment un genre cinématographique.

— Dieter Kosslick, directeur de la Berlinale, et l’ours berlinois
© Malik Berkati

Cette édition est l’occasion pour le cinéma suisse de présenter une nouvelle vitalité, avec de nombreux films, tous coproduits par la SSR, attendus dans les sections les plus importantes que sont la compétition/hors compétition avec le documentaire de Markus Imhoof Eldorado sur la thématique des migrants, dans la section Generation, sur les réfugiés, le film en noir et blanc de Germinal Roaux avec Bruno Ganz, Fortuna, et, pour ne citer que ce projet fait pour la télévision avec des moyens cinématographique, la mini-série Onde de choc – quatre films inspirés de faits divers survenus en Suisse – avec deux d’entre eux présentés dans la section qui est considérée comme une compétition bis, ceux d’Ursula Meier et de Nicolas Baier. À voir sur le service public dès le 21 février.

Pour ceux qui sont à Berlin, pendant 10 jours, toute la ville bat au rythme du cinéma et tous les films présentés dans toutes les sections aux festivaliers accrédités peuvent être vus par les spectateurs-festivaliers.

Comme chaque année, vous trouverez en ligne notre compte-rendu quotidien de la compétition et quelques critiques de films des sections Panorama et Forum. Vous pouvez également interagir avec nous à travers notre compte Twitter @jmagCH, et comme les 7 dernières années, y proposer des questions à poser à certains réalisateurs que nous rencontrerons.

www.berlinale.de

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