48e édition du Festival du cinéma américain de Deauville

Créée en septembre 1975, la fête du septième art du Nouveau monde, présentée à Deauville, est toujours attractive et inventive. La dernière édition qui a eu lieu entre 2 et 11 septembre a confirmé la puissance et la diversité du cinéma américain indépendant, sa grande qualité et son impeccable choix de ses sujets et thèmes.

image courtoisie Festival du cinéma américain de Deauville

Huit sélections se renouvellent parfaitement chaque année : d’abord la Compétition en présence des auteurs.trices et cinéastes, toujours bien accueilli.es et ovationné.es par le public deauvillais. Les Premières, devenues de fantastiques rencontres entre les créateurs.trices et le public, suivis de Deauville Talent Awards, accordés aux plus talentueux.ses comédien.nes dont les noms s’inscrivent sur les lices des célèbres Planches de Deauville. Le Nouvel Hollywood est la section consacrée aux jeunes actrices et acteurs. Cette édition a attribué l’hommage à la talentueuse et belle Colombienne, Anna de Armes, l’interprète principale de Marilyn Monroe, dans le film noir d’Andrew Dominik, intitulé Blonde (lire la critique j:mag faite à la Mostra 2022).
La comédienne et productrice anglo-zimbabwéenne Thandiwe Newton ainsi que l’acteur, depuis peu réalisateur, Jesse Eisenberg, qui a aussi présenté son premier long métrage When You Finish Saving The World, ont reçu un Hommage. Les Docks de l’oncle Sam furent une immense fête de documentaires sur la société américaine ainsi que le Prix d’Ornano Valenti remis par les journalistes anglo-saxons à un premier long métrage français. Durant l’Heure de la Croisette, le réalisateur suédois Ruben Ostlund et le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux ont longuement parlé du film Sans Filtre (Triangle of Sadness), qui a permis au réalisateur scandinave d’entrer, au printemps dernier, dans le cercle privilégié de ceux qui ont obtenu une deuxième Palme d’Or. Ils ont aussi rendu hommage à la magnifique actrice et mannequin, interprète du rôle principal Charbi Dean de Sans Filtre, morte subitement ces jours-ci à l’âge de 32 ans.

Festival pour le public

À travers le Prix du Public, décerné à John Patton Ford et son film Emily The Criminel, la profession a organisé de nombreux rendez-vous avec les festivaliers dont la plupart sont de véritables cinéphiles et grands connaisseurs du septième art mondial. Les curieux peuvent tout savoir sur la naissance d’une œuvre filmique, les lieux de tournage et son développement. Les spectateurs sont toujours présents sur les Planches de Deauville lors de dévoilement des noms d’artistes qui ont reçu des hommages.
Si le festival a commencé avec l’hommage à la star australienne Olivia Newton Jones, le Palmarès a étonné les habitués et spécialistes. La 48ème édition s’est déroulée sans grandes vedettes, toutes parties à la 79ème Mostra de Venise, le plus vieux festival européen. Elle a fait connaître des jeunes cinéastes qui assurent déjà parfaitement la relève et la continuation du 7ème art.

Selon les membres du jury de longs métrages, présidé par le très original et apprécié metteur en scène Arnaud Desplechin, Charlotte Wells qui a d’abord obtenu Prix de la Critique a ému tout le monde :

Nous avons été bouleversés par la puissance et la sûreté de la mise en scène, par sa poésie et sa dimension sensorielle.

a indiqué Léa Drucker, évidemment ravie par le film Aftersun, l’histoire de Sophie, fillette de 11 ans et son père Calum, passant les vacances sur la côte turque… Cette œuvre particulière a aussi obtenu le Grand Prix du jury.

Treize films, parmi 60 projetés durant la manifestation, ont été choisis pour la Compétition, dont huit premiers. War Pony, la fabuleuse réalisation de Riley Keough et Gina Gammel a ébloui deux jurys. Élodie Bouchez, l’actrice et présidente du jury de la Révélation a souligné :

Rares sont les films qui nous donnent l’impression de voir quelque chose pour la première fois. Plus rares encore sont les films qui créent de la beauté et de la lumière dans les recoins les plus sombres de notre humanité.

Ce film qui présente deux jeunes gens appartenant à la tribu Oglala Lakota de la réserve Pine Ridge, a aussi reçu deux prix : celui de la Révélation et puis de la Compétition. Ce dernier a récompensé aussi Jamie Deck et son œuvre, intitulée Palm Trees and Power Lines.

Djenana Djana Mujadzic, Deauville

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Djenana Mujadzic

Rédactrice / Reporter (basée à Paris)

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