Art abstrait – Le Salon Réalités Nouvelles

Venus du monde entier 400 artistes ont présenté chacun une œuvre lors du dernier Salon Réalités Nouvelles qui s’est déroulé dans la dernière semaine d’octobre: dessin, peinture, sculpture ou photographie. Dans la section intitulé Art et Sciences sept artistes californiens ont montré leur savoir faire. Didier Mencoboni de l’ENSA Bourges, a obtenu cette année la carte blanche, pour ses abstractions.

Image courtoisie Salon Réalités Nouvelles

Abstraction multiple

L’histoire du Salon a commencé en 1946 au Palais des Beaux Arts/ Musée d’Art moderne avec des artistes qui exposaient ensemble leurs abstractions aux différents publics, aux collectionneurs et aux connaisseurs.

Avec l’appui du ministère de la Culture, c’est actuellement la septième génération d’artistes qui s’active sous la présidence d’Olivier Di Pizio, peintre et plasticien. L’espace  d’exposition du Parc Floral, luxueux, opulent et  attractif est divisé en deux vastes entités: dans la partie gauche est installé l’abstraction géométrique et minimaliste et à droite l’abstraction informelle et haptique appelé section peinture. Au milieu, la sculpture est à l’honneur à côté des espaces des Oeuvres sur papier : dessin, gravure, photo avec la vidéo, dite animation abstraite!

Depuis une décennie soutenu par l’Adagp, le Salon Réalités Nouvelles met en avant des jeunes artistes. En 2014 une carte blanche a été instaurée, permettant de mettre en lumière les activités des artistes en devenir. En 2016 et 2017, pour marquer les 70 ans du Salon, des jeunes qui avaient déjà participé au Salon ont été invités, ce qui a permis de suivre le développement de leurs activités. Durant cette 72 édition a été organisé un colloque sur le thème Une Intelligence Artificielle, secrétaire des RN? Possible ou souhaitable? avec les concepteurs du Rasta Project(Recognizing Artistic STyle Automatically), un système  informatique aidant l’identification automatique par l’image, ainsi que le style artistique d’une œuvre.

Unique histoire d’une manifestation artistique

Privé de présentation en 1970, le Salon a fêté cet automne ses 72 ans. L’exposition Réalités Nouvelles organisée par Robert et Sonia Delaunay à la galerie Charpentier en septembre 1939 a donné le titre au Salon, créer en 1946 par Frédo Sidès. La manifestation a immédiatement accepté l’union avec l’association Abstraction- création qui a débuté entre 1931 et 1936. A la fin des années 60 sous la présidence deRobert Fonténé, l’événement s’est transformé en association artistique et devenu le lieu de la confirmation de la peinture et d’abstraction, mise en premier plan.

Des artistes reconnus et célèbres ont assuré la longévité du Salon. Parmi eux Sonia Delaunay, Dewasnerbin, Kupka, Pevsner, Herbin, Soulages, Agam, Leo Breuer, Hartung, Elsworth Kelly. En 1948 un Manifeste de l’art abstrait a été publié qui oppose les partisans de l’abstraction chaude (lyrique) et froide (géométrique).

Dans les années 1970, des formes d’art abstrait plus fraîches, certes tendues par des idéologies contestataires ont remis en question les anciens membres du mouvement. Des peintres comme Maria Manton et Louis Nallard ont proposé une redéfinition de l’abstraction en relation avec de gros plan photographiques. Ils ont bénéficié du soutien d’Ivan Contreras-Brunet, Andrré Marfaing, Antoine de Margerie.

Impulsions et vibrations artistiques

Dix ans plus tard, le Salon Réalités Nouvelles est promu en lieu de perpétuelle abstraction, définie par le président Jacques Busse comme la peinture en elle-même, « de l’abstraction jusqu’en ses marges ». Au début du troisième millénaire c’est le président Michel Gemignani et peu après l’actuel Di Pizio, qui expriment leurs réflexions sur l’abstraction au temps des changements profonds, portés par l’introduction du numérique, qui conditionne une complète mutation artistique. Actuellement le Salon se multiplie avec des versions hors -les-murs, comme à Belgrade en 2013 ou à Pékin l’année suivante. En 2015 a été introduit un lieux d’expositions nommé Abstract Project-Espace des  arts abstraits. Non lucratif, il est géré par le collectif d’artistes du Salon et  montre tous les abstraits en complément de l’événement annuel.

— Arleta Cehic – Over II
Image courtoisie Salon Réalités Nouvelles

L’unique représentante de l’Europe du sud-est, l’artiste multidisciplinaire Arleta Cehic qui vit et travaille à Mostar, en Bosnie-Herzégovine, a présenté son diptyque du cycle De l’autre côté. Mostar est encore une ville divisé entre catholiques et musulmans d’origine slave! L’œuvre et l’artiste très appréciées par le public et les professionnels est déjà parti à Sacramento ou elle s’expose avec 44 d’autres artistes du monde entier. Ses impressions parisiennes sont très inspirées et particulières :

J’ai connu le Salon des Réalités Nouvelles durant mes études à l’Académie des Arts  plastiques de Mostar et j’ai osé, tant d’années plus tard, m’inscrire à leur concours. L’honorable jury a  estimé mon œuvre suffisamment valeureuse et je suis entrée dans ce cercle privilégié! Pour moi c’est important, car Paris possède une plénitude  et une charge artistique particulières.Il est également le centre historique de formation de collectifs d’artistes venus des quatre coins du monde. C’est ici qu’on peut rencontrer  des personnes  qui nous font rêver par leurs activités récompensées par le succès artistique et professionnel. Ici il est possible de dialoguer avec les autres créatifs, pleins d’énergie qualitative qui fait passer de nombreuses  impulsions et vibrations positives et qui ouvre des perspective de futurs projets communs! Je suis très satisfaite de ma deuxième visite artistique dans la Ville lumière.

Djenana Djana Mujadzic

© j:mag Tous droits réservés

Djenana Mujadzic

Rédactrice / Redactor (basée à Paris)

Djenana Mujadzic has 31 posts and counting. See all posts by Djenana Mujadzic

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*