Aladin de Bosnie : Heureux sans lampe magique !

Il existe une fascinante histoire d’une photographie prise par hasard en Bosnie-Herzégovine, à la fin de conflit fratricide (1992-1996) qui a emporté 250 000 vies de citoyens innocents, a changé l’existence d’un garçonnet handicapé, en lui ouvrant d’autres horizons et perspectives.
Robert Belosevic, reporter de guerre pour l’agence croate Pixell, basé à Zagreb, a vu à Bihac, un enfant marchant courageusement sans se soucier de ses béquilles. Récemment, un webzine croate a encore une fois publié le cliché, en  soulignant le souhait du photographe de savoir où est le petit « blondinet », qu’il cherche depuis 27 ans. Un jour, le téléphone de la rédaction a sonné et une agréable voix masculine a annoncé, très naturellement : (…)

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Rencontre avec le photo-journaliste Lilian Héliot, auteur de l’exposition L’exil en Bosnie, qui dénonce les politiques migratoires

Le jeune et talentueux photo-journaliste Lilian Héliot a passé plusieurs semaines en Bosnie-Herzégovine dans le canton Una-Sana, près de la frontière croate. Il en a ramené d’extraordinaires photographies de migrants venus d’ailleurs, désirant se rendre en Europe occidentale, obligés de rester sur place plusieurs années à la marge de l’existence. Titulaire d’un master : Crises Interventions d’urgence et actions de développement, Héliot membre de l’agence Hans Lucas souligne que ce grand reportage sur les oubliées du droit, réalisé sans aucun financement, entre dans son travail initial sur l’exil. Il nous a confié les secrets de son intervention sur le terrain glissant d’un pays qui a été la scène ensanglantée, pendant quatre ans, du plus grand conflit européen de la fin du 20ème siècle. Son exposition L’exil en Bosnie, itinérante, a été présentée dans plusieurs lieux parisiens, au Jardin d’Agronomie tropicale et au festival des Tropikantes, au Café Social de Belleville, au Centre Panthéon- Sorbonne et aux Amarres.(…)

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Sarajevo se souvient : 28 ans après le massacre du marché Markalé

Le premier des deux terribles massacres sur le marché sarajevien Markalé a eu lieu le 5 février 1994, entre 12 h 10 et 12 h 20. Des troupes de l’ancienne Armée populaire yougoslave (JNA), ainsi que des paramilitaires serbes et l’armée de République Serbe de Bosnie-Herzégovine ont envoyé 12 obus de mortier de calibre 120 mm sur des centaines de citoyens, assiégés, qui essayaient de trouver un peu de nourriture dont ils étaient privés quotidiennement. Le marché avait aussi pour fonction d’être le lieu où il était possible de s’informer ou d’avoir des nouvelles de la famille. (…)

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Le film bosnien Quo Vadis Aïda? de Jasmila Zbanic remporte le European Film Award 2021

Jasmila Zbanic a remerciée les femmes et mères de Srebrenica après avoir appris que sa puissante œuvre, de haute qualité cinématographique, a remporté trois récompenses :
Ce film est dédié aux femmes et aux mères de Srebrenica, et leurs fils, maris, pères tués. Trois générations d’hommes exterminés à cause de leur origine. Les femmes de Srebrenica trouvent le moyen de construire la paix dans un pays complètement détruit. Les femmes doivent toujours réparer les dégâts causés par les hommes. Je dédie ce prix aux femmes de Srebrenica et à nos mères, qui nous ont appris à transformer la destruction en amour!
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PriFest 2021 – Full Moon (Pun mjesec) de Nermin Hamzagić remporte le prix de la critique internationale (FIPRESCI) au 13e Festival international du film de Prishtina

(…) Dans la section de la compétition des Balkans, le prix FIPRESCI est allé au premier long métrage de Nermin Hamzagić, Full Moon (Pun mjesec ; Bosnie-Herzégovine) qui avait déjà reçu le prix du jury œcuménique au festival de Cottbus 2019. Avec un petit budget, le réalisateur bosniaque offre une immersion vertigineuse dans la topographie d’une société rongée par la corruption et le manque de perspective post-guerre – une thématique qui revient dans nombre de films présentés dans cette section.(…)

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Locarno 2021 Cineasti del presente : Brotherhood de Francesco Montagner – Un étrange documentaire coming-of-age naturaliste

Le réalisateur italien Francesco Montagner, qui a étudié le cinéma en République tchèque, parvient au tour de force d’immerger son public dans un film dont il ne parvient pas à appréhender totalement le caractère documentaire du récit. C’est que l’histoire qu’il raconte est assez insolite, mais surtout le fait que les protagonistes aient pu être filmés l’est encore plus.
Évidemment, comme dans tout documentaire, il y a un scénario, un parti pris artistique – ici une caméra qui relate calmement les événements, alternant les gros plans sur les visages et les larges plans restituant les paysages de cette région reculée dans une très belle photographie signée Prokop Souček – une part de mise en scène et, au montage – effectué de manière très fine par Valentina Cicogna qui accompagne sans césures l’évolution des protagonistes sur plusieurs années –, l’angle choisi par le réalisateur. Ce qui rend Brotherhood si curieux, et à ce titre si intéressant, c’est que tous ces éléments sont visibles et donnent au film un côté fictionnel.
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Première collaboration de quatre festivals de cinéma balkaniques du 9 au 17 avril en ligne

Premier festival régional en ligne qui a ressemblé quatre festivals du cinéma balkanique : Sarajevo Film Festival, Zagreb Film Festival, Festival du cinéma d’auteur de Belgrade et Herceg- Novi Film Festival, s’organise sur la plateforme de films à la demande https://ondemand.kinomeetingpoint.ba du 9 au 17 avril. Certains films sont géobloqués et accessibles pour les Balkans seulement, d’autres sont visibles de partout.
Les cinéphiles pourront visionner de nombreux films européens et titres planétaires, ainsi que les classiques locaux. La manifestation fait partie du Réseau de Festivals de région de l’Adriatique, présentant les éditions printanières de chaque festival.
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Berlinale 2021 : Tabija (La forteresse blanche), d’Igor Drljača, présenté dans la section Generation, suit le quotidien chaotique d’un adolescent qui survit entre débrouillardise et contrats illicites

Sarajevo, qui essaie tant bien que mal de renaître de ses cendres. Un jour, un garçon est apparu. Personne ne savait d’où il venait. En grandissant, le garçon a commencé à rêver de la forteresse blanche. Une légende assure que si de jeunes gens se retrouvent à la forteresse blanche et de leur rencontre naît le véritable amour, ils pourront visiter toutes les villes de la Vallée d’Or. C’est ce qu’a fait ce jeune homme dans l’espoir de trouver le véritable amour. Une lente mélodie de piano résonne dès le générique d’ouverture et accompagne la première séquence qui balaie d’un plan large les bâtiments préfabriqués de Sarajevo. Dans la pénombre d’une chambre d’un HLM, un jeune couple se quitte : il fume, assis au bord du lit en demandant à la jeune fille d’âtre discrète en partant. Avec Tabija (La forteresse blanche), Igor Drljačales décrit avec poésie les aspirations romantiques des jeunes et documente simultanément de manière directe et sans fioritures l’atmosphère de Sarajevo d’après-guerre.
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Scandale tripartite autour d’une icône ukrainienne

Pendant une visite en Bosnie-Herzégovine en décembre dernier où il fut d’abord reçu par le leader des Serbes, l’orthodoxe Milorad Dodik, le ministre russe des Affaires étrangères est devenu propriétaire d’une très ancienne icône dorée.
L’ambassade d’Ukraine a demandé immédiatement des explications à la ministre des Affaires étrangères, la bosno-croate Bisera Turkovic qui s’est dite prête à collaborer étroitement avec eux et découvrir la vérité sur l’origine du précieux cadeau. En voyant le sceau au dos de l’icône, les membres de l’ambassade ont compris qu’il s’agit d’une valeur ukrainienne de la région de Lougansk, vieille de 300 ans, faisant partie de l’ héritage culturel et historique du pays.
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BD: Des Bombes et des Hommes par Estelle Dumas – Rencontre

La BD publié récemment par Futuropolis porte le titre clinquant Des Bombes et des Hommes, est écrite par une femme – Estelle Dumas – qui s’est basée sur son vécu en Bosnie-Herzégovine, un quart du siècle plus tôt.

Cette petite histoire dans la grande nous montre surtout qu’il peut y avoir de la lumière même dans les heures les plus sombres de l’Humanité!

Pour payer ses études de langues appliquées et de sciences politiques, la jeune fille a longtemps travaillée adans des festivals. D’abord à Dinard, puis à Travelling de Rennes. Pour faire autre chose que « passer sa vie à organiser des cocktails pour des gens qui ont besoin de voir des gens qui ont besoin d’être vus », elle met son énergie au service de l’humain! Le hasard vuet qu’elle se retrouve à Sarajevo, parmi des activistes de l’ONG lyonnaise Équilibre. Malgré le pronostic peu enviable sur sa résistance et ses possibilités d’action réelle, dans un environnement très difficile, la jeune fille de 25 ans s’accroche en partageant courageusement le quotidien des Sarajeviens assiégés, subissant des bombardements, des mortiers, les snipers, les coupures d’eau et d’électricité, la famine et la mort! Elle s’intègre vite et fait partie du premier convoi pour Gorazde, la ville située à l’est de Bosnie, elle aussi coupée du monde durant trois ans, bombardée et privée de tout, dont la moitié des habitants ont été tués par les forces des paramilitaires et extrémistes serbes.
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