Chaos, écrit et mis en scène par Valentine Sergo, au Théâtre Pitoëff jusqu’au 24 octobre, donne, à travers le destin de Hayat, voix et corps à des femmes opprimées

On entre sur les chapeaux de roue dans la dernière production de l’autrice et metteuse en scène Valentine Sergo : des bruits de bombes, de sirènes au loin, des cris de douleurs d’un accouchement puis les pleurs d’un bébé. En quelques secondes, le décor est planté, s’ensuivent 2h30 qui défilent comme un paysage vu d’un train: l’histoire de Hayat, originaire d’un pays sous occupation contrainte à l’exil pour des raisons privées et politiques.
À travers de courtes saynètes, Chaos nous propulse dans des allers-retours constants entre passé et présent, entre le Moyen-Orient et l’Europe ; le destin d’une vingtaine de personnages – tous joués par les deux actrices et les deux acteurs dans une solide performance tant artistique que physique – se tisse sous nos yeux, rendant petit à petit au récit défragmenté sa forme globale.
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Female Voice of Afghanistan – Festival virtuel de musique sur Youtube jusqu’au 18 octobre, orchestré par le Zeitgenössische Oper Berlin et CrossGeneration media

Des chanteuses afghanes, présentées par des portraits cinématographiques, donnent des concerts et rencontrent virtuellement des musicien.nes basé.es en Europe pour fusionner la création. Filmé de juillet à septembre 2021 à Kaboul (Afghanistan), Mashhad (Iran) et Berlin (Allemagne).
En juillet 2021, l’ethnomusicologue Yalda Yazdani et le directeur du Zeitgenössische Oper Berlin (ZOB) Andreas Rochholl se sont rendus en Afghanistan pendant quatre semaines pour filmer les chanteuses qui y vivent, loin d’imaginer que serait la dernière occasion de documenter la vie de ces artistes féminines avant la prise du pouvoir par les talibans fin août 2021 !
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Careless Crime (Jenayat-e bi deghat) de l’iranien Shahram Mokri – Un film est un film est un film !

Shahram Mokri, tel un prestidigitateur, ouvre avec virtuosité les portes de l’espace et du temps pour nous raconter une histoire de cinéma et de politique affranchie de sa frise chronologique et régionale. Habitué à tisser son fil narratif sur le jeu de répétition et d’absence de linéarité avec une caméra qui glisse sur les personnages et les groupes qu’ils forment (Fish and Cat, 2013, Prix spécial du jury pour la créativité dans la section Orizzonti à la 70e Mostra de Venise ; Invasion (Hojoom), 2017, présenté à la Berlinale dans la section Panorama), le réalisateur iranien parvient ici à quitter l’espace expérimental du cinéma et proposer un film toujours singulier mais à l’univers plus tangible. Le film a remporté le Prix du meilleur scénario de la critique indépendante à la Mostra 2020.
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Female Voice of Afghanistan – virtual music festival October 15-18, 2021 on YouTube – Zeitgenössische Oper Berlin-CrossGeneration media

Afghan female singers, introduced by cinematic portrait films, perform concerts and virtually meet Europe-based musicians to create fusion songs. Filmed in July-September 2021 on location in Kabul (Afghanistan), Mashhad (Iran), and Berlin (Germany).
In July 2021, ethnomusicologist Yalda Yazdani and Zeitgenössischen Oper Berlin (ZOB) director Andreas Rochholl traveled to Afghanistan for four weeks to film female singers living there. No one could have guessed at the time that this would be the last opportunity to document the lives of these female artists before the Taliban took power.
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Female Voice of Afghanistan – virtuelles Musikfestival 15.-18.10.21 auf YouTube – Zeitgenössische Oper Berlin-CrossGeneration media

Afghanische Sängerinnen, vorgestellt in kurzen filmischen Portraits, treten in Konzerten auf und treffen virtuell auf in Europa lebende Musiker*innen, um gemeinsam neue Songs zu schaffen.
Im Juli 2021 reisten die Musikethnologin Yalda Yazdani und der Leiter der Zeitgenössischen Oper Berlin (ZOB) Andreas Rochholl für vier Wochen nach Afghanistan um dort lebende Sängerinnen zu filmen. Niemand konnte es zu diesem Zeitpunkt ahnen, dass es die letzte Möglichkeit sein würde, das Leben dieser Künstlerinnen vor der Machtübernahme der Taliban zu dokumentieren.
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PriFest 2021 et ZFF 2021 –  Rencontre avec Blerta Basholli, réalisatrice de Hive (Zgjoi), film primé à Sundance et Prishtina International Film Festival et qui représente le Kosovo aux Oscars 2022

Le mari de Fahrije est porté disparu depuis la fin de la guerre du Kosovo. La vie de sa femme, ses deux enfants et son père est guidée par le deuil et la lutte au quotidien pour survivre financièrement. Un jour, Fahrije va créer une petite coopérative de produits locaux, entraînant d’autres veuves dans son entreprise. Hélas, ses efforts pour subvenir aux besoins de sa famille et recréer de la vie dans le village se heurte à l’hostilité des hommes qui ne voient en elle que subversion de leurs traditions.  Ils vont tout entreprendre pour la faire échouer. Lire la critique ici.

Dans toutes les grandes tragédies de l’histoire se joue un trauma transgénérationnel, avec beaucoup de non-dits qui se passent de générations en générations. Mais ici, au Kosovo, il semble que vous essayiez de travailler sur ce traumatisme, de ne pas le laisser aux nouvelles générations le poids du fardeau…

C’est toujours important de parler. Pour moi, parler ce fait à travers les films. Même pour les problèmes quotidiens, nous devons nous exprimer. Si on laisse simplement ces parties de nos vies derrière nous, les choses empirent. Il faut parler des gens disparus, des questions liées au genre, on doit être honnêtes les uns avec les autres, même si on doit s’autocritiquer. Parfois la vérité n’est pas belle à dire, souvent on n’a pas envie d’entendre certaines choses, mais il faut passer outre. C’est essentiel afin d’aider la société à s’ouvrir, à s’habituer à entendre la vérité et à parler des choses qui ne sont pas justes, des choses que nous avons vécues. C’est la seule manière d’avancer.
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PriFest 2021 et ZFF 2021 – Hive (Zgjoi) de Blerta Basholli, une coproduction entre le Kosovo et la Suisse a remporté le Grand Prix de la compétition des Balkans du Prishtina International Film Festival et sera présenté en Première suisse au Zurich Film Festival

Déjà auréolé de trois prix au prestigieux festival de Sundance (Grand Prix du Jury Cinéma du Monde, Prix de la meilleure réalisation : World Cinema Dramatic, Prix du Public : World Cinema Dramatic) en janvier 2021, Hive a remporté le Grand Prix de la compétition des Balkans pour sa Première au Kosovo au PriFest. Il sera présenté en Première suisse au ZFF les 27, 28 septembre et le 2 octobre 2021 ; le film sortira sur les écrans suisses alémaniques le 7 octobre 2021, en Suisse romande, début 2022.
L’histoire que nous expose la jeune cinéaste kosovare Blerta Basholli est celle, réelle et bouleversante, de Fahrije Hoti (Yllka Gashi) dont le mari a disparu lors de la guerre du Kosovo, sept ans auparavant. Pétrie de chagrin, elle doit lutter au jour le jour pour subvenir aux besoins de ses deux enfants et de son beau-père (Çun Lajçi, célèbre artiste et militant Albanais du Kosovo) diminué physiquement. Elle s’occupe des ruches de son mari Agim, mais les abeilles ne produisent plus assez de miel. Face au manque de perspectives, elle décide de prendre son destin en main et convainc d’autres veuves et femmes de disparus de se lancer dans une petite entreprise communautaire (Krusha) de production et vente de ajvar, un condiment à base de poivrons rouges. Cette activité lucrative leur permet également de ne plus rester seules avec leurs problèmes, leur chagrin, de retrouver l’élan de la vie. Cette émancipation va très vite déplaire aux hommes du village pour lesquels une femme doit rester à la maison à s’occuper de ses enfants. Lorsque Fahrije leur demande si ce sont eux qui vont l’aider, aucune réponse. Le succès de l’entreprise attise l’hostilité des hommes qui font tout pour que cela se termine par un échec cuisant.

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Pour sa 17e édition du 23 septembre au 3 octobre 2021, le Festival du Film de Zurich (ZFF) s’offre du grand spectacle et quelques grandes stars !

Depuis l’ouverture des cinémas au printemps dernier, les festivals de toutes envergures s’enchaînent les uns aux autres dans un tourbillon fou, à l’instar des sorties en salle. Le Zurich Film Festival est d’ordinaire un peu un point de ralliement temporel permettant de voir des films qui sont passés dans les quatre festivals majeurs d’une saison, ainsi qu’une sélection de films qui font leur Première européenne. Cette année, le festival et son fameux tapis vert par quelques stars, dont Sharon Stone qui recevra la distinction la plus prestigieuse du festival, le Golden Icon Award, le 25 septembre. Le 29 septembre, ce sera au tour du cinéaste napolitain Paolo Sorrentino (Il Divo, 2008, La granda bellezza, 2013 ; Loro 2018)  de recevoir le A Tribute to… Award (oui, c’est un peu étrange comme intitulé, mais on comprend que c’est un Prix hommage…), avec une rétrospective de dix films, y compris son dernier, The New Pope (2020). Le 30 septembre, Le compositeur canadien oscarisé pour l’Odyssée de Pi (2012) Mychael Danna recevra quant à lui le Career Achievement Award. Pour finir en beauté la remise des prix non-compétitifs, le réalisateur et scénariste étasunien Paul Schrader recevra pour l’ensemble de sa carrière le Lifetime Achievement Award. (…)

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Toronto International Film Festival (TIFF) – Whether the Weather Is Fine (Kun Maupay Man It Panahon) de Carlo Francisco Manatad transforme une catastrophe naturelle en une expérience psychédélique!

Le 8 novembre 2013, le super-typhon Haiyan, traversait l’archipel des Philippines, laissant derrière son passage des dizaines de milliers de blessés, une dizaine de milliers de morts et disparus et des régions entières dévastées. Partant de cette tragédie, le cinéaste philippin Carlo Francisco Manatad prend comme décor sa ville natale Tacloban, en grande partie réduite en ruines après le passage de Haiyan.
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Toronto International Film Festival (TIFF) –  Première de Terrorizers de Ho Wi Ding, une plongée dans l’univers dématérialisé de la jeunesse

Le dernier film de Ho Wi Ding (Face à la nuit -2018, Pinoy Sunday -2009) propose un instantané kaléidoscopique d’une jeunesse – de la classe aisée – en perte de valeurs et de perspectives, livrée à elle-même dans une société où les adultes sont centrés sur eux-mêmes. Le cinéaste taïwanais s’écarte des sentiers battus narratifs du genre coming-of-age, plonge dans une narration à la fois éclatée et fluide, évite l’écueil de la simplification des événements qui s’enchaînent les uns aux autres de manière non-linéaire et propose des personnages complexes qui, comme dans la vie, ne sont pas unidimensionnels.
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