Mostra 2021 : Old Henry, de Potsy Ponciroli, présenté hors compétition, propose un western très attendu et très décevant

Old Henry est un western d’action qui suit le quotidien, fait labeur intense le quotidien un fermier veuf, Old Henry (Tim Blake Nelson) et son fils, Wyatt (Gavin Lewis) qui vivent dans une ferme isolée et modeste dans le territoire de l’Oklahoma vers 1906. Wyatt ne cesse de crier de le laisser partir pour se lancer dans une vie plus excitante que celle de la ferme. Ils recueillent avec prudence un mystérieux homme blessé, Curry (Scott Haze) avec une sacoche pleine d’argent. Lorsqu’un groupe d’hommes prétendant représenté la loi et mené par le shérif Ketchum (Stephen Dorff) vient chercher l’argent, le fermier doit décider à qui faire confiance. Défendant le siège de sa ferme, le fermier révèle un talent insoupçonné pour la maîtrise d’armes et une stratégie de défense qui surprennent tous ceux qui remettent en question sa véritable identité.

— Stephen Dorff – Old Henry
Image courtoisie La Biennale di Venezia (© Shout Studios and Hideout Pictures)

Avec Old Henry, Potsy Ponciroli, scénariste et réalisateur, propose un western qui contient tous les ingrédients d’un récit qui aurait pu être captivant mais ne parvient jamais à atteindre la qualité des classiques du genre. Tim Blake Nelson interprète le Henry du titre, un homme d’un certain âge mais encoure très vigousse, taciturne, souvent bougon, grisonnant, éleveur de porcs, enchaîne des tâches fastidieuses à longueur de journée et assume seul l’éducation de son fils adolescent depuis de nombreuses années. L’acteur avait déjà œuvré dans le genre du western en 2018 chez les frères Coen dans The Ballad of Buster Scruggs, où il joue un cow-boy chantant à la Gene Autry mais chez Potsy Ponciroli, le comédien ne fait aucune vocalise et économise ses mots.

Enraciné dans la tradition du Far West, Old Henry cumule les clichés sans les utiliser à bon escient et nous impose des scènes de fusillades interminables et détaillées avec insistance sans que cela soit justifié ni ne serve la narration. On songe alors à un film vu quelques jours auparavant, La scuola cattolica, qui relatait des actes d’une horreur incommensurable sans nous en imposer le spectacle. On se questionne alors sur cette absence de subtilité chez Potsy Ponciroli qui mise sur la surenchère.

Le réalisateur commente son film en ces termes :

« J’aime les westerns depuis mon enfance. L’anarchie du Far West instable a été romancée et a alimenté les histoires de personnages emblématiques pendant des générations. Histoires de héros et de méchants. Bon contre le mal au niveau le plus élémentaire. C’est une histoire que j’ai enfin eu la chance de raconter avec Old Henry qui est un « micro western » comme aime à le dire Tim Blake Nelson. Un petit conte simple se déroulant dans une chronologie alternative où un personnage historique authentique joue dans un monde fictif. À la base, c’est l’histoire d’un père et de son fils. Personne ne veut que son enfant grandisse et fasse les mêmes erreurs qu’eux. Nous les abritons et faisons de notre mieux pour les protéger des erreurs de notre passé. C’est une histoire de rédemption et de pardon. C’est laisser votre enfant sortir dans le monde et espérer que vous l’avez élevé pour qu’il distingue le bien du mal. C’est toutes ces choses … plus quelques combats d’armes à feu durs à cuire. »

Très attendu par la presse nord-américaine présente au Lido, Old Henry devrait sortir aux États-Unis en octobre mais nous laisse sur une certaine déception, ne réussissant pas à renouer avec les films de John Ford et Sam Peckinpah … Dommage !

Firouz E. Pillet, Venise

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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