Pessac 2018 : rencontre avec Guillaume Nicloux et Sylvie Pialat dans la moiteur de l’Indochine française

Robert Tassen (Gaspard Ulliel), jeune militaire français, est le seul survivant d’un massacre dans lequel son frère a péri sous ses yeux. Aveuglé par sa vengeance, Robert s’engage dans une quête solitaire et secrète à la recherche des assassins. Mais sa rencontre avec Maï, une jeune Indochinoise, va bouleverser ses croyances.

 

Après avoir mis en scène des pièces de théâtres « il y a plus de trente ans », Guillaume Nicloux est passé au septième art. Du cinéma expérimental (Les enfants volants, La vie crevée, The End) au triptyque noir (Une affaire privée, Cette femme-là, La clef), de la comédie décalée (Le Poulpe, Holiday)  au film politique (L’affaire Gordni), en passant par le drame (Faut pas rire du bonheur), Guillaume Nicloux construit une œuvre dense, variée quant aux genres et aux thématiques. La religieuse et L’Enlèvement de Michel Houellebecq, présentés au Festival de Berlin, confirment l’originalité de l’œuvre de Guillaume Nicloux. En 2015, Valley of love inaugure un cycle de l’intime où quête existentielle et passion amoureuse sont les enjeux principaux de ses films.

Les Confins du Monde, présenté à la Quinzaine des réalisateurs 2018 et au festival du Film historique de Pessac 2018, est son seizième long métrage qui confirme l’intrinsèque symbiose entre passion, méandres existentielles et recherche d’un absolu.

Le film se déroule juste après la Seconde Guerre mondiale alors que le conflit en Indochine se durcit. C’est un moment de transition flottant où les forces en présence semblent indéterminées…

1945 et 1946 sont deux années assez opaques, empreintes de zones d’ombre, peu photographiées et filmées. Si l’on admet qu’il n’existe pas de vérité historique objective mais seulement des interprétations, alors c’est une période très stimulante, propice à l’imaginaire. Sans tomber dans l’uchronie, c’est le sentiment d’une vérité fantasmée qui m’a intéressé, non la représentation d’une histoire officielle

confie le réalisateur Guillaume Nicloux.

En compagnie de Sylvie Pialat avec laquelle le cinéaste affiche une belle complicité, empreinte d’humour et de connivences. Il faut souligner que Sylvie Pialat a produit plusieurs de longs métrages de Guillaume Nicloux. En 2012, alors que sa société de production est au bord du dépôt de bilan, elle trouve finalement un investisseur et enchaîne les films à succès : La Religieuse, L’Inconnu du lac, A perdre la raison, Timbuktu. En tant que productrice, elle recevra deux fois d’affilée le Prix Daniel Toscan du Plantier, qui récompense le meilleur producteur.

— Guillaume Nicloux et Sylvie Pialat
© Firouz Pillet

Au dernier étage du Cinéma Jean-Eustache, en présence du distributeur du film l’entretien commence et révèle les intentions de ce film, l’épisode historique concerné mais méconnu de la Guerre d’Indochine, les thématiques développés et les projets. Et quand la sous-signée souligne qu’elle n’a pas obtenu d’entretien au dernier Festival de Cannes, Guillaume Nicloux s’en étonne et répond qu’il était disposé à rencontrer les journalistes de tous horizons et qu’il n’a jamais été informé de notre requête, Bref ! Bien des choses dépendent du bon vouloir des producteurs et des distributeurs !

Rencontre en compagnie de Sylvie-Noëlle Thiphonet, journaliste au Blog du Cinéma, et Yohann Desalles, étudiant en journalisme, en présence du distributeur !

 

Firouz E. Pillet

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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