Troppa Grazia – Un film de toute beauté, pollicitation cathartique à l’état de l’humanité

A côté des modes entourant les acteur.rice.s et réalisateur.rice.s, le cinéma procure régulièrement dans son offre un faisceau de sujets ou thématiques abordées qui souvent reflète le Zeitgeist ou même anticipe (et quand on pense qu’entre le début d’un projet et sa distribution il se passe plusieurs années, le phénomène est intéressant !) les événements qui marquent nos sociétés. Avec Troppa Grazia, outre le fait que l’on retrouve la très talentueuse et lumineuse mais un peu trop présente Alba Rohrwacher dans le cinéma italien des dernières années, Gianni Zanasi aborde un sujet qui semble travailler les réalisateurs de films qui sortent en 2018, avec par exemple L’apparition de Xavier Giannoli, lui aussi présenté au 36è Filmfest München en comparaison directe (nous nous abstiendrons de faire la critique de cette dernière apparition), ou La prière de Cédric Kahn (qui a valu à son acteur Anthony Bajon l’Ours d’argent du meilleur acteur à la dernière Berlinale) qui certes n’aborde pas celle de la Vierge Marie mais inclus également une apparition divine dans son déroulé. Plus que de la religion, ces films abordent par ce biais, de manière plus ou moins réussie, des questions bien terre à terre qui consument et fatiguent l’humanité. Troppa Grazia fait partie de ceux qui réussissent à raconter une histoire aux multiples strates sans la lester ni d’embrouillamini ni de pathos parasites.
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Locarno : les turpitudes de l’amour analysées par Francesca Comencini

Le 5 août, la presse découvrait Amori che non sanno stare al mondo. le dernier né de Francesca Comencini, fille de Luigi. Le jour suivant, c’est le public de la Piazza Grande qui a pu voir le seul film italien de la section, l’un des films qui importaient le plus aux sélectionneurs du 70ème Festival de Locarno. Amori, basé sur son roman éponyme, suit les affres d’une femme quinquagénaire (Lucia Mascino), dévastée, se remémorant, l’âme en peine et pleine de regrets, ”l’amour de sa vie” qui a pris fin au bout de sept ans. Ils sont tous deux professeurs d’université à Rome mais son grand amour (Thomas Trabacchi) a rencontré une jeune femme qui pourrait être sa fille. D’ailleurs, d’un enfant, il n’en voulait pas et c’est le désir insistant de maternité de sa compagne qui a fini par le lasser et l’amener à rompre.
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