Troppa Grazia – Un film de toute beauté, pollicitation cathartique à l’état de l’humanité

A côté des modes entourant les acteur.rice.s et réalisateur.rice.s, le cinéma procure régulièrement dans son offre un faisceau de sujets ou thématiques abordées qui souvent reflète le Zeitgeist ou même anticipe (et quand on pense qu’entre le début d’un projet et sa distribution il se passe plusieurs années, le phénomène est intéressant !) les événements qui marquent nos sociétés. Avec Troppa Grazia, outre le fait que l’on retrouve la très talentueuse et lumineuse mais un peu trop présente Alba Rohrwacher dans le cinéma italien des dernières années, Gianni Zanasi aborde un sujet qui semble travailler les réalisateurs de films qui sortent en 2018, avec par exemple L’apparition de Xavier Giannoli, lui aussi présenté au 36è Filmfest München en comparaison directe (nous nous abstiendrons de faire la critique de cette dernière apparition), ou La prière de Cédric Kahn (qui a valu à son acteur Anthony Bajon l’Ours d’argent du meilleur acteur à la dernière Berlinale) qui certes n’aborde pas celle de la Vierge Marie mais inclus également une apparition divine dans son déroulé. Plus que de la religion, ces films abordent par ce biais, de manière plus ou moins réussie, des questions bien terre à terre qui consument et fatiguent l’humanité. Troppa Grazia fait partie de ceux qui réussissent à raconter une histoire aux multiples strates sans la lester ni d’embrouillamini ni de pathos parasites.
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Cannes 2018 : «Cold war», de Pawel Pawlikowski, chronique d’un amour tourmenté en pleine guerre froide

Pawel Pawlikowski, venu présenté ce jeudi soir Cold war au public, accompagné de ses acteurs principaux – Joanna Kulig, Tomasz Kot, Jeanne Balibar – rend un émouvant hommage à ses parents auxquels le film est dédicacé.
Pendant la guerre froide, entre la Pologne stalinienne et le Paris bohème des années 1950, un musicien épris de liberté et une jeune chanteuse passionnée vivent un amour impossible dans une époque inhumaine.
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68e Berlinale: un palmarès iconoclaste

Étrange Berlinale 2018: beaucoup de bons films mais pas de chefs-d’oeuvres, par contre des choix inexplicables dans la sélection avec des films qui sont presque une atteinte à l’intégrité intellectuelle et sensorielle des spectateurs – on pense ici principalement à Eva de Benoît Jacquot, Mein Bruder heisst Robert und er ist ein Idiot de Philip Gröning et Damsel de David & Nathan Zellner. On pourrait inclure également dans cette face sombre de la sélection Touch Me Not de Adina Pintilie qui certes n’a absolument rien à faire dans cette section mais aurait été parfait dans celle de Forum, mais au moins ce film part d’une démarche artistique, ce que les 3 autres cités semblent cruellement manquer. Seules explications trouvées pour la présence de Eva et Damsel, c’est le besoin de couvrir le tapis rouge de quelques stars brillant de tous leurs feux précédents et bien poli(cé)es, à savoir Isabelle Huppert et Robert Pattinson.
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Berlinale 2018 – compétition jour #4: La prière / Figlia mia / Toppen av ingenting (The Real Estate)

4e jour de compétition, les yeux commencent déjà à se creuser, les patiences à s’émousser et les avis à se trancher ! Journée éclectique allant crescendo, avec un premier film, La Prière de Cédric Kahn, très décevant, le film italien de la mi-journée qui a enchanté les journalistes et le dernier qui les a divisé autour d’un film scandinave totalement déjanté !
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