[Audio] Pessac: témoignage poignant d’Haydée Sabéran sur les migrants coincés dans le nord de la France

Haydée Sabéran, correspondante du journal Libération dans le Nord et journaliste indépendante basée à Lille, elle a également travaillé pour Mediapart et Témoignage chrétien; elle est désormais journaliste pour l’Ebdo dont elle porte fièrement le badge sur son pull, un hebdomadaire concocté par l’équipe de la revue XXI et de 6 Mois, un mag photo.

— Haydée Sabéran
© Firouz Pillet

Haydée Sabéran a écrit Ceux qui passent, sur les migrants du Nord et du Pas-de-Calais, de Sangatte aux «jungles» (2012), et Bienvenue à Hénin-Beaumont , sur la montée du Front national dans cette ville du bassin minier du Pas-de-Calais (2014). Haydée Sabéran a contribué à La France invisible, sous la direction de Stéphane Beaud, Joseph Confavreux, et Jade Lindgaard (2006).

Quand on la questionne sur la signification de son prénom, Haydée Sabéran, Française d’origine iranienne, indique que son père lui a toujours dit que « Haydée » signifie « celle qui suit la bonne voie »; selon l’étymologie des prénoms, « Haydée » est porté par des personnes dotées de facilité pour l’expression orale ou écrite. Haydée Sabéran cumule ces deux qualités et les a mises à profit pour donner de la voix aux personnes qui en sont privées, aux personnes dont l’existence est bafouée et qui dérange les autorités : les migrants. Dans Ceux qui passent, Haydée Sabéran raconte la vie des migrants qui passent par le Nord de la France. Les récents drames en Méditerranée et de la vidéo de cette journaliste américaine révélant cette terrible vente aux enchères de migrants maintenus en esclavage en Libye ont placé la question des migrations au centre des débats mais l’identité des migrants reste floue dans la représentation collective.

Questionnée sur l’état des lieux actuel des camps la journaliste et photographe nous parle avec pudeur et conviction d’une terrible réalité qu’elle couvre depuis de nombreuses années : la création du camp de réfugiés à Sangatte, le démantèlement de la jungle de Calais, les associations et bénévoles Français comme Anglais venus porter secours aux migrants, qui dénoncent depuis près de vingt ans le quotidien de milliers d’exilés rêvant de rejoindre l’Angleterre.  Haydée Sabéran  confie : «Moi, je n’aurais pas survécu dans la jungle de Calais ».

 

Firouz E. Pillet

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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