Cannes 2022 : Chronique d’une liaison passagère, d’Emmanuel Mouret, propose une carte du Tendre contemporaine

Deux ans après Les choses qu’on nous dit, les choses qu’on fait, Emmanuel Mouret revient sur la Croisette en sélection à Cannes Première, avec Chronique d’une liaison passagère qui réunit sur le grand écran Sandrine Kiberlain et Vincent Macaigne.

— Sandrine Kiberlain et Vincent Macaigne – Chronique d’une liaison passagère
© Pascal Chantier

Charlotte (Sandrine Kiberlain), une mère célibataire et un homme marié, Simon (Vincent Macaigne), deviennent amants. Les conditions de leur relation sont claires dès le début, du moins, le pensent-ils … Tous deux s’engagent à ne se voir que pour le plaisir et à n’éprouver aucun sentiment amoureux, ils sont de plus en plus surpris par leur complicité… Leur relation est « facile », du moins c’est ainsi qu’il la présente à leurs proches.
Simon, marié depuis vingt ans, culpabilise de tromper sa femme mais trouve un regain de jeunesse et de sexualité avec Charlotte. Cette dernière, divorcée, vit très librement au gré des rencontres. Au fil de leurs rendez-vous galants, Simon, qui avait d’emblée parler de sa femme et de ses enfants à Charlotte, découvre qu’elle a un fils aîné et une fille qui étudient à Lille et un fils benjamin qui vit avec elle. Les rencontres se succèdent, chez Charlotte, dans l’appartement cossu d’un ami de Simon qui ne dirait pas non à une partie à trois. On retrouve le couple sur une route de forêt verdoyante. Simon s’amuse à caresser un poil sur la jambe de Charlotte qui risque de perdre la maîtrise du volant tant cette sensation lui provoque « un érection du poil », la voiture se met à tanguer sur la route.
Tout semble couler de source et lisiblement dans cette aventure ; d’ailleurs, Charlotte rappelle souvent à Simon qu’il a le bon rôle, celui de la maîtresse. Mais un jour, Charlotte débarque à l’improviste dans les cours de préparation à l’accouchement que donne Simon. Gêné d’être découvert, il prie Charlotte de partir alors qu’elle croyait qu’il serait excité par le ventre rond de toutes ces patientes…

Entre les répliques savoureuses entre Charlotte et Simon, les interrogations existentielles de ce dernier, Emmanuel Mouret maîtrise les relations hommes-femmes avec les facéties et l’humour d’un Woody Allen. À travers des saynètes annoncés par des chapitres indiquant une date, le cinéaste propose une délicieuse succession de scènes cocasses ne manquent pas leur cible et nous font rire de bon cœur. Sa maîtrise des dialogues, savamment ciselés et efficaces, servis avec brio par les comédien.nes, fait songer avec bonheur aux pièces de Molière ou de Marivaux. Le cinéaste prouve une nouvelle fois combien il sait raconter avec une fin et juste observation les liaisons amoureuses – ou purement sexuelles !- de deux êtres amoureux – ou pas ! – entre séduction, jalousie non assumée et comédie.

Le onzième long métrage d’Emmanuel Mouret fait mouche et on ressort de cette projection empli.es d’une joyeuse énergie. À voir sans modération !

Firouz E. Pillet, Cannes

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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