Cannes 2021 : Little Palestine – Diary of a Siege – Le journal filmé par Abdallah Al-Khatib du siège brutal imposé par le régime syrien au camp de réfugiés palestinien de Yarmouk

Abdallah Al-Khatib est étudiant en sociologie à l’Université de Damas quand la révolte explose dans les rues syriennes. À ce moment-là, il n’a aucune espèce d’expérience filmique que celle que tout le monde a de nos jours avec les nouvelles technologies. Il travaillait pour l’UNWRA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) et du jour au lendemain, les rôles sociaux établis se sont transformés dans l’urgence de cette révolte politique. Al-Khatib explique comment il est arrivé à filmer ce journal qui suit le destin des civils pendant le siège :
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Faya  Dayi de la réalisatrice Mexicaine-Éthiopienne Jessica Beshir remporte le Grand Prix des Visions du Réel 2021

Le magnifique portrait à la fois onirique et naturaliste d’une communauté de paysans dans les hauts plateaux du Harar, l’une des dix régions d’Éthiopie, réputés jadis pour la qualité des cerises de café, entièrement voué à présent à la culture du khat aux feuilles psychotropes. Un homme explique à un jeune qui livre à domicile les feuilles de khat à des ancien.nes que « les plantations de café donnait du café exquis mais cela nécessitait beaucoup d’eau, on l’a donc remplacé par du khat. »
Cette explication logique est donnée, mine de rien, au tout début du film, mais on va petit à petit l’oublier en se plongeant dans ce voyage spirituel et poétique que nous propose la cinéaste avec ce tour de force de faire coexister un récit soufi local avec une réalité économique, sociale et politique universelle. Le fil rouge de cette légende soufie est la quête d’éternité à travers la méditation rendue possible par le mâchage des feuilles de khat. Racontée à travers deux jeunes amis que l’on suit dans leurs activités quotidiennes comme dans leurs pérégrinations rêvées et leurs aspirations à une vie meilleure, Faya Dayi s’éloigne résolument du documentaire classique, proposant une immersion sensorielle et réflective dans la vie de cette communauté et de ses paysages physiques comme mentaux.
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Living Water de Pavel Borecký donne un aperçu des guerres pour « l’or bleu » qui ne manqueront pas de se multiplier dans les années à venir

Il ne faut pas chercher loin pour se rendre compte à quel point l’enjeu de l’eau est comme un baril de poudre sur lequel les relations internationales sont assises avec les tensions qui se multiplient dans le monde, entre autres l’Éthiopie, le Soudant et l’Égypte, Le Mexique et les États-Unis, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan ou la Chine et l’Inde. L’Europe n’est pas épargnée par le stress hydrique, avec par exemple Rome et Berlin qui, selon le World Resources Institute, épuisent leurs nappes phréatiques.
Présenté en compétition nationale aux Visions du Réel 2021, Living Water est également au festival CPH:DOX au Danemark. Il nous entraîne dans une sorte de démonstration idéale-typique de l’inconscience écologique, du non-respect des populations locales, de l’exploitation sans vergogne de ressources millénaires à des seuls fins de spéculation et de rentabilité immédiate.    
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Une version en ligne du 15 au 25 avril de la 52e édition de Visions du Réel qui ne transige pas avec la qualité de l’habituel grand rendez-vous européen du film documentaire !

[Mise à jour 15.04.2021: suite aux décisions prises hier par le Conseil fédéral, le Festival international de cinéma Nyon saisit l’opportunité d’organiser des séances publiques du 22 au 25 avril 2021. Les écrans du Capitole, de la Grande Salle et de l’Usine à Gaz accueilleront quelque 50 projections, avec une limite correspondant aux mesures sanitaires. Des films de la Compétition Internationale Longs Métrages, de la Compétition Burning Lights, de la Compétition Nationale et de la Compétition Grand Angle, entre autres, seront projetés. Les entrées simples coûteront CHF 10.-.]
Depuis une année, tous les festivals de cinéma déploient d’énormes efforts d’adaptation pour offrir à leur public des conditions correctes de visionnement de leurs programmes ainsi que des possibilités d’interagir et de participer à ce qui fait l’essence d’un festival, la rencontre avec des cinéastes, des artistes, des invités thématiques et de masterclass. Les Visions du Réel ont parfaitement relevé ce défi pour leur 52e édition. Chaque jour, des films sont mis à disposition en ligne pour 72 heures et dans la limite des places disponibles (500 visionnements par film). Les films sont géolocalisés en Suisse et lancés selon une grille des programmes à trois moments dans la journée. Le public a la possibilité de choisir entre un accès unique (5.- francs) ou un abonnement illimité à un tarif avantageux  de 25.- francs.
Des conférences, des masterclasses, des discussions thématiques et échanges avec les cinéastes, ainsi que des cérémonies ont lieu tout au long des dix jours de Festival dans un studio de broadcasting aménagé pour l’occasion, afin de permettre un dialogue régulier et approfondi entre les divers.e.s intervenant.e.s et invité.e.s.
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