Jane par Charlotte permet une rencontre entre deux femmes pudiques qui se dévoilent en toute sincérité

Pour son premier film derrière la caméra, Charlotte Gainsbourg choisit de rendre hommage à Jane Birkin – à la femme, à l’artiste, à la Muse de Gainsbourg, à l’icône des années septante mais surtout à sa mère. Charlotte Gainsbourg, équipé de sa caméra et de son appareil photo, a commencé à filmer sa mère pour la regarder comme elle ne l’avait jamais fait et pour nous la dévoiler comme Jane Birkin ne nous est jamais apparue. La pudeur de l’une face à celle de l’autre n’avait jamais permis un tel rapprochement. Mais par l’entremise de la caméra, la glace se brise pour faire émerger un échange inédit, complice, émouvant, échelonné sur plusieurs années, qui efface peu à peu les deux artistes et révèle les femmes, les mères, les filles, les sœurs, les mettant délicatement à nu dans une conversation intime inédite et universelle pour laisser apparaître une mère face à une fille. Jane par Charlotte mais aussi Charlotte face à Jane, renouant la relation mère-fille que les aléas de la vie ont parfois éloignées, sous le regard amusé de Joe, la fille cadette de Charlotte. (…)

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Un héros, d’Asghar Farhadi, ou de la sanction apposée par les réseaux sociaux

Un héros commence alors que le personnage principal, Rahim (Amir Jadidi), est en prison pour non-paiement de sa dette. Il obtient deux jours de permission et tente de persuader son créancier de retirer sa plainte en lui promettant qu’il va tout mettre en œuvre pour en rembourser une partie, mais les choses ne se passent pas comme prévu. Durant cette brève permission, Rahim trouve un sac à main empli de bijoux en or. Après quelques tergiversations et hésitations, il colle des affiches pour retrouver la propriétaire dudit sac. A priori, Rahim semble un homme tout à fait normal mais désespéré de se trouver derrière les barreaux : ce sac et son précieux contenu sont une aubaine et vont bouleverser sa vie ; il devient rapidement un personnage dont on parle abondamment à la télévision et sur les réseaux sociaux.
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Locarno 2021 : Vortex, de Gaspar Noé, ausculte la décrépitude et la démence progressive au sein d’un couple d’octogénaires

Vortex a été présenté en séance spéciale sous le label Cannes Première au Festival de Cannes 2021 et a été projeté sur la Piazza Grande de Locarno sur la Piazza Grande le dimanche 8 août. Gaspar Noé a coutume de filmer les jeunes, les corps dansant et les corps en transe, les ébats, l’amour, le sexe. Avec Vortex, le cinéaste argentin, établi en France depuis son enfance, semble s’être assagi. Gaspar Noé se penche sur une tranche d’âge qui ne figurait pas dans ses centres d’intérêts jusqu’ici :  les octogénaires, les personnes âgées.
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Cannes 2021 : Aya, de Simon Coulabaly-Gillard, présenté dans ACID, traite du drame des réfugiés écologiques à travers le portrait d’une adolescente résolument optimiste

La première séquence s’ouvre sur la mer, paisible, aux roulis réguliers qui invite à la quiétude et au voyage, puis la camera de Simon Coulabaly-Gillard suit une jeune fille qui porte une bassine en plastique et s’approche d’un navire, pris d’assaut par de nombreux enfants et par quelques adultes qui portent tous un récipient. Les enfants s’agrippent aux flancs du bateau alors que les adultes ramassent les poissons jetés par-dessus bord par les pêcheurs et tombés à l’eau. Toute en douceur, la caméra de Simon Coulabaly-Gillard nous présente Aya (Marie-Josée Kokora), ramenant le seau porté sur sa tête, chez elle auprès de sa mère (Patricia Egnabayou) qui s’occupe de son bébé.
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Cannes 2021 : Moneyboys, de C.B. Yi, présenté dans Un certain regard, dépeint les affres existentiels d’un prostitué homosexuel dans le sud de la Chine

Présenté dans la sélection Un Certain regard du Festival de Cannes 2021, Moneyboys, de C.B. Yi ose traiter d’un sujet particulièrement tabou dans la Chine contemporaine : la prostitution masculine.
Pour subvenir aux besoins de sa famille, le jeune Fei, originaire d’un petit village pêcheurs du Sud de la Chine, se prostitue dans les grandes villes et finit par s’établir à Shenzhen. Fei gagne donc sa vie comme Moneyboy. Son monde s’effondre lorsqu’il se rend compte que sa famille accepte son argent mais pas son homosexualité; elle lui interdit de retourner au village pour les funérailles de son grand-père. Le cœur brisé, Fei lutte pour écrire un nouveau chapitre de sa vie.
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Cannes 2021 :Libertad, de Clara Roquet, présenté à la Semaine de la Critique, peint un magnifique portrait d’une adolescente, entre révolte envers le carcan familial et identification à ses pairs

La cinéaste catalane Clara Roquet séduit le public de la Croisette avec son premier long métrage, Libertad, présenté à la Semaine de la Critique. Se déroulant pendant un été sur la Costa Brava où la famille Vidal décide de se retrouver dans leur résidence d’été pour passer le dernier été avec la matriarche de la famille, qui souffre de la maladie d’Alzheimer à un stade avancé, Libertad suit les journées et les soirées de Nora (Maria Morera Colomer, que les cinéphiles ibériques ont découvert dans La vida sense la Sara Amat en 2019), quinze ans. Un âge difficile à vivre, où le corps change mais n’est pas encore devenu celui d’une femme, un âge où pourtant on souhaite pouvoir sortir, aller danser en boîte, flirter avec les garçons.
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Cannes 2021 : Rencontre avec Flore Vasseur, réalisatrice de Bigger Than Us, et Mary Finn, activiste irlandaise

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Présente à Cannes, au lendemain de la projection de son dernier documentaire, Bigger Than Us, Flore  Vasseur est venue parler de son expérience auprès de jeunes activistes à travers la planète. Elle était accompagnée par Mary Finn, jeune activiste irlandaise âgée de vingt-deux ans, qui est s’est rendue sur l’île grecque de Lesbos en 2016 et s’est rapidement retrouvée à sauver des migrants de la mer. Mary Finn a aussi travailler dans un camp en Grèce continentale et sur un navire de sauvetage entre les côtes d’Afrique du nord et de l’Italie. En cette matinée ensoleillée, sur la Terrasse des Journalistes du Palais des Festivaisl, Flore Vasseur et Mary Finn nous ont parlé de leurs expériences. (…)

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Cannes 2021 : Bill Murray, en Séance spéciale « Cinéma & Musique », enchante les festivaliers !

Ce vendredi soir 16 juillet 2021, après la projection du film choral The French Dispatch de Wes Anderson au Grand Théâtre Lumière, Bill Murray a réjoui ses fans en venant au Palais des Festivals pour une soirée inédite, placée sous le signe de la musique et du septième art. À la veille de la clôture de la 74ème du Festival de Cannes, Bill Murray a présenté son dernier film, New Worlds: The Cradle of Civilization d’Andrew Muscato. 
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Cannes 2021 : Rien à foutre, premier long métrage d’Emmanuel Marre et Julie Lecoustre, présenté dans La Semaine de la Critique, nous invite à décoller dans l’intimité d’une hôtesse de l’air

Cassandre (Adèle Exarchopoulos), vingt-six ans, est hôtesse de l’air dans une compagnie low-cost. Vivant au jour le jour, elle enchaîne les vols en Europe, les fêtes bien arrosées et les rencontres sans lendemain, fidèle à son pseudo Tinder «Carpe Diem». Une existence sans attaches, en forme de fuite en avant, qui la comble en apparence. Alors que la pression de sa compagnie redouble, Cassandre finit par perdre pied. Saura-t-elle affronter les douleurs enfouies et revenir vers ceux qu’elle a laissés au sol ?
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Cannes 2021 : Mes frères et moi, de Yohan Manca, présenté dans Un certain regard, suit un jeune adolescent dans sa découverte du chant lyrique comme échappatoire aux marasmes de la vie

Nour (Maël Rouin Berrandou) a douze-treize ans et vit dans un quartier populaire dans le sud de la France, au bord de la mer dans une ville qui n’est pas nommée. La séquence d’ouverture le montre, assis sur un muret, tentant de faire la conversation à une adolescente muette comme une carpe tant elle est absorbée par l’écran de son téléphone. Nour lui commente ses frères en train de jouer au football sur la plage : l’aîné, Abel (Dali Benssalah), Mo le cadet (Sofian Khammes),et le troisième, Hédi (Moncef Farfar). En voix off, Nour annonce que « l’été sera chaud et qu’il ne faudra jamais marcher pied nus sauf sur le sable quand il est mouillé ».
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