Cannes 2021 : Aya, de Simon Coulabaly-Gillard, présenté dans ACID, traite du drame des réfugiés écologiques à travers le portrait d’une adolescente résolument optimiste

La première séquence s’ouvre sur la mer, paisible, aux roulis réguliers qui invite à la quiétude et au voyage, puis la camera de Simon Coulabaly-Gillard suit une jeune fille qui porte une bassine en plastique et s’approche d’un navire, pris d’assaut par de nombreux enfants et par quelques adultes qui portent tous un récipient. Les enfants s’agrippent aux flancs du bateau alors que les adultes ramassent les poissons jetés par-dessus bord par les pêcheurs et tombés à l’eau. Toute en douceur, la caméra de Simon Coulabaly-Gillard nous présente Aya (Marie-Josée Kokora), ramenant le seau porté sur sa tête, chez elle auprès de sa mère (Patricia Egnabayou) qui s’occupe de son bébé.
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Cannes 2021 : Bigger Than Us, de Flore Vasseur, est présenté dans la section éphémère « Le cinéma pour le climat » du Festival de Cannes

Ce samedi 10 juillet 2021, Marion Cotillard (coproductrice), Flore Vasseur, Mary Finn, jeune Irlandaise, capitaine de navire et activiste sur l’île de Lesbos, Melati Wijsen, jeune activiste indonésienne, Mohamad Aliounde, jeune activiste syrien et Denis Carot, co-producteur, étaient présents au photocall du dernier film de Flore Vasseur, Bigger Than Us.
Marion Cotillard a souhaité soutenir et co-produire, par amitié et par convictions, le projet de son amie de longue date, Flore, consacré à de jeunes activistes à travers le monde et à leurs combats pour protéger l’environnement, le monde, leur monde. Lire ici son interview.
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Cannes 2021 : rencontre avec Melati Wisjen, jeune activiste indonésienne et Marion Cotillard, co-productrice du film Bigger Than Us présenté dans la section éphémère « Le cinéma pour le climat »

Par une fin de matinée ensoleillée, sur la Terrasse des journalistes au quatrième étage du Palais, l’effervescence se fait ressentir alors qu’un premier de journalistes attendent l’arrivée de Marion Cotillard et de Melati Wisjen, une jeune activiste indonésienne qui mène un combat acharné face à la pollution de son île, Bali, par le plastique. Marion Cotillard a co-produit avec Denis Carot et la cinéaste Bigger Than Us, le nouveau documentaire de Flore Vasseur.
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Living Water de Pavel Borecký donne un aperçu des guerres pour « l’or bleu » qui ne manqueront pas de se multiplier dans les années à venir

Il ne faut pas chercher loin pour se rendre compte à quel point l’enjeu de l’eau est comme un baril de poudre sur lequel les relations internationales sont assises avec les tensions qui se multiplient dans le monde, entre autres l’Éthiopie, le Soudant et l’Égypte, Le Mexique et les États-Unis, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan ou la Chine et l’Inde. L’Europe n’est pas épargnée par le stress hydrique, avec par exemple Rome et Berlin qui, selon le World Resources Institute, épuisent leurs nappes phréatiques.
Présenté en compétition nationale aux Visions du Réel 2021, Living Water est également au festival CPH:DOX au Danemark. Il nous entraîne dans une sorte de démonstration idéale-typique de l’inconscience écologique, du non-respect des populations locales, de l’exploitation sans vergogne de ressources millénaires à des seuls fins de spéculation et de rentabilité immédiate.    
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FIFDH 2021 – Rouge un film qui nous entraîne au cœur d’un scandale environnemental

Mettons tout de suite les points sur les i : ce film est une fiction basée sur des faits réels qui ont lieu dans les années nonante et, en élargissant un peu le spectre, on peut quasiment être sûrs que quelque part sur cette terre malmenée, il doit s’approcher du 1 :1 de la réalité.
Nour (Zita Hanrot) vient d’être embauchée comme infirmière dans l’usine chimique où travaille son père Slimane (Sami Bouajila), délégué syndical et pivot de l’entreprise depuis toujours. Alors que l’usine est en plein contrôle sanitaire, une journaliste (Céline Sallette) mène l’enquête sur la gestion des déchets par l’usine. Les deux jeunes femmes vont peu à peu découvrir que cette usine, pilier de l’économie locale, cache bien des secrets. Le tissu socio-économique de la région rend les acteurs locaux de surveillance ainsi que le personnel politique peu enclins à être regardant sur les rejets polluants, la corruption rémanente, le greenwashing, l’état de santé des ouvriers et ouvrières – les dossiers médicaux sont allègrement trafiqués ou simplement pas pris en compte –, les accidents du travail non-déclarés et les responsabilités totalement diluées dans un maelstrom de différents intervenants et sous-traitants qui protège la hiérarchie locale (le chef de l’usine est interprété par un Olivier Gourmet parfait, comme toujours, dans un rôle à la fois bonhomme et inquiétant) et internationale. (…)

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Berlinale 2021: Dans la section Generation, Beans, de Tracey Deer, rappelle les manifestations durement réprimées de la Nation Mohawk dans les années nonante

L’approche de Tracey Deer mêle avec poésie et authenticité l’histoire personnelle de Beans, de la chrysalide de l’enfance à l’adolescente guerrière mohawk avec la grande histoire de la Nation Mohawk et de ses revendications bafouées par l’Etat canadien.

« C’est le territoire mohawk ! » s’exclame une cheffe de file des manifestants pacifiques de la Nation Mohawk.

Dès le générique d’ouverture, l’inscription « basé sur des faits réels » donne le ton. On comprend que le vécu empirique de Tracey Deer sera intrinsèquement lié à un chapitre crucial de l’histoire de la Nation Mohawk. La séquence d’ouverture montre le regard d’une très jeune fille (Kiawentiio Tarbell), les yeux songeurs qui regardent au loin à travers la vitre arrière dune voiture, le souffle un peu haletant alors que la radio annonce d’importants bouchons pour se rendre à Montréal. La séquence suivante montre d’abord une femme d’une trentaine d’années (Rainbow Dickerson) aux côtés de la jeune fille qui répète patiemment en séparant les syllabes son prénom mohawk, pleine de confiance : « Mon nom est Tekahentahkhwa, mais tout le monde m’appelle Beans. » Puis la caméra montre une femme tirée à quatre épingles et au tailleur strict : on comprend que Beans (Kiawentiio Tarbell), la pré-adolescente de la voiture et sa mère se trouvent face à la directrice, Mrs Arsenault (Dawn Ford) d’un établissement secondaire. Quand la directrice lit le dossier de Beans dans lequel son professeur a écrit qu’elle est une « élève concentrée et très intéressée », Beans précise aussitôt : « Je veux être soit une avocate, soit un docteur. » Séquence ; Beans et sa maman, enceinte, quittent l’école sous la pluie et la jeune fille dit à sa maman : « Je suis désolée ! »
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Snowman, une sculpture des artistes suisses Fischli/Weiss, prend sa place dans le Parc Berower de la Fondation Beyeler, où il passera toute une année

La Fondation Beyeler célèbre son arrivée avec un accès gratuit au musée pour tous·tes les samedi 28 et dimanche 29 novembre 2020.
La sculpture Snowman, nouvellement installée dans le Parc Berower, représente un bonhomme de neige, figure familière et sympathique composée de trois boules de neige superposées. Au sommet, sur la plus petite d’entre elles, deux trous marquent les yeux et un trait la bouche. Le bonhomme de neige se trouve dans un réfrigérateur à la façade transparente, qui lui permet de survivre toute l’année.
Snowman illustre la contradiction entre nature et artificialité, avec le penchant pour l’absurde si typique du travail de Fischli/Weiss. Alors même que, comme le dit Peter Fischli, un bonhomme de neige est
«une sculpture que presque tout le monde est capable de réaliser»
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Les Fashion Week ont-elles encore une raison d’être?

Touché au début de la pandémie, le secteur de la mode a d’abord arrêté la production du textile, annulé des événements et fermé des boutiques. Aujourd’hui il se questionne sérieusement sur son fonctionnement!
Les présentations en ligne:
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Après la crise sanitaire Covid-19, 2e sortie à partir du 6 juin 2020 sur les écrans romands du documentaire de Stéphane Goël – Citoyen Nobel

Le 4 mars 2020, le documentaire de Stéphane Goël, Citoyen Nobel, sortait dans les salles de cinéma. Le film était parti pour faire une belle carrière et rencontrer son public – ce qui fut le cas lors des nombreuses présentations du film en présence du réalisateur et de Jacques Dubochet). Malheureusement la Covid-19 est apparue et la carrière du film fut stoppée nette; c’est donc tout naturellement que la grande majorité des salles de suisse romande vont reprogrammer le film dès le 6 (ou le 10) juin.
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En 2020, ne baissons pas les bras!

Chère lectrice, cher lecteur de j:mag,

Symboliquement, une décennie s’achève et on entend, on voit, ici et là, des rétrospectives des années 2010 et des espoirs pleins d’entrain formulés pour celle des années 2020. Et pourtant, au-delà des symboles dont l’être humain est friand – forme de catharsis qui permet de s’insérer dans le groupe, rassurant ainsi l’individu – force est de constater que les années se suivent et se ressemblent dans le délitement lent mais constant de notre planète et de ses habitants.
Bien sûr, il ne sert à rien de tomber dans le catastrophisme annihilant, tout n’étant pas noir ni morose. Des initiatives – souvent citoyennes – sont quotidiennement lancées pour animer l’esprit de résilience de la planète et galvaniser l’instinct collectif de survie.
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