GIFF 2018 – Rencontre avec Eva Husson qui présente « Les filles du soleil » dans une version remontée

Les filles du soleil, présenté au dernier Festival de Cannes (voir ici notre critique), avait suscité une avalanche de critiques, en particulier de la presse française qui est un redoutable baromètre pour la suite de la vie ou de la survie d’un film.
Souvent, la critique ayant d’autres critères pour apprécier et pour juger un film, leur opinion diffère diamétralement de celle du public qui a accordé une ovation de dix-sept minutes à l’équipe du film lors de la première dans l’immense Théâtre Lumière.
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La 6e édition du Festival international du film de Duhok au Kurdistan d’Irak (20-27 octobre 2018)

Il est des endroits où, spontanément, on s’étonne qu’une telle manifestation ait ses quartiers, et ceci depuis déjà 6 ans ! La région est certes autonome mais politiquement peu stable comme le montre l’échec il y a un an du référendum pour l’indépendance – qui a engendré de graves problèmes économiques pour les 3 provinces du Kurdistan autonome – et la récente campagne électorale pour les législatives du parlement du Gouvernorat. Cette région est connue, hors des frontières irakiennes, principalement pour sa force de sécurité, les Peshmergas, qui combattent l’État islamique autoproclamé avec succès et recrutent des milices autonomes, également composées de femmes, des minorités religieuses des Yézidis ou chrétienne de Qaraqosh.
Comme nous pouvons le constater partout et tous les jours, en « Occident » y compris, les premiers espaces attaqués par les idéologies dogmatiques sont ceux de l’expression et de la communication, dont la culture et le journalisme sont les fers de lance. Il est donc réjouissant de savoir qu’un festival reconnu à l’international s’est installé dans cet espace, interroge nos réactions spontanées, se désenclave et se positionne sur la carte du monde en nous ouvrant les portes d’une région tourmentée depuis des siècles, à cheval sur quatre pays – l’Irak, l’Iran, la Syrie et la Turquie.
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Avignon OFF 2018: Mirad, un garçon de Bosnie, du dramaturge hollandais Ad de Bont – Rencontre avec le metteur en scène Christophe Laluque

Écrite durant la dernière guerre balkanique, au début des années 1990, la pièce a été montré une vingtaine de fois aux Pays Bas, en Allemagne et même à Oxford ou le très célèbre comédien britannique oscarisé Jeremy Irons a interprété le rôle d’oncle Djuka, un journaliste bosnien, exilé en France. Par la suite l’acteur a réalisé le téléfilm du même titre.

Après Grégoire Ingold, Sarah Maton, Stanislas Nordey, Gilles Lefeuvre et de nombreux autres metteurs en scène, Christophe Laluque directeur de L’Amin, le théâtre de Grigny (Essonne), a monté le drame du Néerlandais Ad de Bont Mirad un garçon de Bosnie au théâtre parisien Dunois au début du mois, en attendant l’avant-première avignonaise qui aura lieu le 19 juin au Théâtre Artéphile.

Traduit en plusieurs langues, le drame a été publié en France aux Éditions de l’Arche.
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Mirad, un garçon de Bosnie sera présenté au théâtre Artéphile, situé au 7, rue du Bourg Neuf, du 6 au 29 juillet, tous les jours à 14h05, interprété par Serge Gaborieau (oncle Djuka), Chantal Lavalée (tante Fazila), Robin Francier (Mirad) et Céline Liger (sa mère Vérica).

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Cannes 2018 le second long métrage d’Eva Husson, « Les filles du soleil », se penche sur la situation des femmes kurdes, victimes de la guerre en Syrie mais, malgré un excellent sujet, la cinéaste manque sa cible

Le film, présenté en compétition au Festival de Cannes 2018, a reçu les huées des journalistes à l’issue de la projection de presse hier soir. Un journaliste hispanophone a hurlé : « Que vergüenza ! Qjé pelicula imoral ! » (Quelle honte ! Quel film immoral ! ), des exclamations reprises en chœur par plusieurs journalistes hilares.

En 2015, l’actrice était passée derrière la caméra pour réaliser son premier long métrage, Bang Gang (Une Histoire d’Amour moderne) . Les filles du soleil, son deuxième long métrage, entraine les spectateurs en Syrie, précisément au Kurdistan syrien, en plein affront entre les djihadistes de Daesh, l’armée de Bachar-el-assad et les mouvements de libération du Kurdistan.
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Cannes 2018 : « Mon tissu préféré », premier long métrage de Gaya Jiji, sème le trouble entre amours fantasmées et réalité politique de la Syrie à la veille de la guerre

Damas, mars 2011. Nahla est une jeune femme célibataire qui mène une vie morne dans une banlieue de la capitale syrienne, aux côtés de sa mère, dépressive depuis que son mari l’a quittée, et ses deux sœurs, Myriam et Line. Elle passe ses journées comme vendeuse dans une échoppe d’habits où sa collègue et amie la pousse à se marier pour partir à l’étranger. Le jour où on lui présente Samir, un expatrié Syrien en provenance des États-Unis à la recherche d’une épouse, « du pays », elle rêve d’une vie meilleure. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Contre toute attente, il décide de se marier à sa cadette, Myriam.
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Mein Paradies d’Ekrem Heydo : le cœur crevé de Serê Kaniyê, ville multiethnique du nord de la Syrie

Mein Paradies d’Ekrem Heydo, documentaire présenté à la 9è édition d’ALFILM, reflète malheureusement non seulement l’état d’une région à feu et à sang depuis 7 ans mais à nouveau une actualité, celle de la récente offensive turque au nord de la Syrie toujours en cours.

« Un paradis sans êtes humains n’est pas un paradis »
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9e édition du Festival du film arabe de Berlin – ALFILM 11-18 avril 2018

La 9è édition du Festival du film arabe de Berlin offre une belle programmation avec des films primés à l’international – dont le film suisse de Karim Sayad , Des hommes et des moutons, qui a reçu le Prix du meilleur documentaire aux Journées de Soleure et que j:mag a interviewé pour sa sortie romande – ainsi qu’une thématique abordée très intéressante : « réflexions sur les masculinités arabes ».
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Locarno : Carla Del Ponte vient parler au public du Spazio Cinema, en toute simplicité

Dimanche 6 août, à Locarno, les sollicitations sont nombreuses mais celle qui remporte le suffrage est la conversation, au Spazio Cinema, avec l’ancienne procureure de choc, attendue impatiemment par les journalistes, les festivaliers et une foule de Tessinois venus manifester leur admiration à celle qui est parvenue à faire trembler les plus puissants. Invitée de la première session des Locarno Talks la Mobiliare, Carla Del Ponte, membre de la Commission d’enquête onusienne sur la Syrie, a apporté des photographies liées à ses diverses expériences, photographies projetées sur un écran géant durant la discussion, animée par la journaliste Liana Milella, de la Repubblica.
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Berlinale 2017 – Panorama: Insyriated

Hiam Abbas dans la distribution d’un film, c’est déjà être assuré pour moitié de la réussite d’un projet. L’autre moitié d’Insyriated est menée de main de maître par le réalisateur belge Philippe Van Leeuw qui nous tient captif dans un appartement-refuge – mais pas sanctuarisé – au milieu d’une ville en guerre. Comme le titre l’indique, la guerre est celle qui se déroule en Syrie. Cependant, la situation renvoie à un sentiment de déjà-vu. Déjà-vu à en Espagne dans les années 30. Déjà-vu au Liban dans les années 70-80. Déjà-vu au Rwanda. Déjà-vu à Sarajevo. Déjà-vu partout où la guerre civile sévit, cette forme de guerre, abjecte dans l’abjecte intrinsèque, qui fait de son voisin, de son ami, d’un membre de sa famille le possible bourreau, où les fondements formels ou moraux de base ne tiennent que par la volonté des uns et des autres de rester humains, où la forme la plus primitive de vie devient la règle et se nomme survie.
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