2020, l’année précipice !

Chère lectrice, cher lecteur de j:mag,

Une fois n’est pas coutume, l’édito de fin d’année sera cette année en deux parties, année exceptionnelle oblige !

Car, à moins de vivre dans une grotte –  on ne peut même pas dire en Antarctique puisque le nouveau coronavirus vient aussi d’y faire son apparition sur une base scientifique – la pandémie Covid-19 qui a frappé notre planète a chamboulé toutes nos vies, nos repères économiques, politiques et surtout sanitaires et, pour ce qui est le centre du système-monde, a été un stress test pour nos démocraties. En résumé, le bogue apocalyptique prédit au tournant du millénaire n’a pas eu lieu en l’an 2000 mais en 2020 !

Nous pensons aujourd’hui en premier à toutes celles et tous ceux qui ont perdu un.e proche emporté.e par cette maladie mais aussi par tous les autres accidents de la vie, à celles et ceux qui ont perdu des êtres aimés sans avoir pu leur dire au revoir, à celles et ceux qui sont hospitalisés ou malades à la maison, celles et ceux qui ne peuvent pas se réunir en famille ni en groupe de solidarité pendant ces fêtes de fin d’année, à ceux qui sont loin les uns des autres et sont empêchés de passer des frontières intra ou internationales.

— Nous, Wir, Noi, Nus – Façade à Genève le 27 mai 2020
© Malik Berkati

C’est ici que l’on voit que le monde que nous avons façonné – le nous se rapportant au centre du système-monde – et que nous croyions indéfectible est extrêmement fragilisé par certaines politiques qui font passer l’humain, et la notion d’économie réelle, après le marché et l’économie financière. Plusieurs réflexions s’ouvrent à nous pour rectifier un tant soit peu ce cours des choses ultra-libérales qui nous fait foncer droit dans le mur de – qui sait ? – une prochaine catastrophe planétaire à laquelle, peut-être, nous ne résisterons pas. Évidemment, des avertissements – dont aucun n’a été sans frais, mais les frais, en général, ce sont les plus démunis et les contribuables de la classe moyenne qui les ont payés – nous en avons eu ces dernières décennies, et force est de constater que, malgré les injonctions citoyennes et les promesses d’ivrognes néo-libéraux, rien n’a changé, au contraire, le fameux monde d’après est toujours pire que son antécesseur.

Nous pensons aujourd’hui également à toutes celles et tous ceux qui ont perdu leur emploi ou leur instrument de travail, au sens large du terme. Et bien sûr, à toutes et tous ces invisibles qui font tourner nos sociétés pendant que d’autres se repaissent en haut d’une pyramide inféconde. Merci au personnel soignant, particulièrement les aides-soignant.es sans lesquel.les aucune structure médicale ou d’accompagnement ne pourrait tourner, merci aux caissières et caissiers de nos supermarchés, merci à toutes ces personnes qui travaillent sans relâche aux heures où le commun de la population dort ou rentre à la maison, merci à celles et ceux qui, au bout du fil, passent leurs journées à recevoir des réclamations sans pouvoir y faire grand-chose que d’être le réceptacle de ceux qui pour une raison ou une autre sont à bout. Merci à toutes celles et ceux qui font en sorte que le système fonctionne et ceci pour, souvent, un salaire indécent.

Cette année a été éprouvante à plus d’un titre pour chacun.e de nous. Mais quid de celles et ceux qui vivent dans des régions qui vivent en permanence sous la menace de fléaux sanitaires, alimentaires, économiques, idéologiques, écologiques, de guerre… ? Qui vivent constamment entre des frontières intra et internationales fermées pour eux ? Double, triple, quadruple peine ! Et l’on mesure à quel point ils sont courageux, créatifs, inventifs, volontaires, résilients ! Petite pensée à cet égard aux hargneuses et hargneux européen.nes qui passent leur temps à déverser leur bile sur les réfugié.es et migrant.es avec comme argument ultime : ce sont des lâches, ils n’ont qu’à se battre dans leur pays pour leur famille au lieu fuir avec – ô ultime pleutrerie – leurs enfants. Ce sont probablement les mêmes qui, à l’annonce du premier confinement en mars dernier, se battaient comme des va-nu-pieds pour des rouleaux de papier toilette et des paquets de pâtes. Les mêmes aussi qui poussent des cris d’orfraies contre les « mesures liberticides » qu’on leur impose pour le port du masque par exemple. L’internationale des partis d’extrême-droite a bien entendu immédiatement flairé la bonne vague fétide sur laquelle surfer pour faire monter leurs héroïques troupes sur les barricades du conspirationnisme.

Ces fêtes de fin d’année sont particulièrement et resteront probablement longtemps dans la mémoire collective. Qu’à cela ne tienne, toute l’équipe de j:mag vous souhaite d’y trouver un peu de réconfort, quelques étincelles de joie et de l’énergie pour régler son compte à cette maudite année 2020 !

Malik Berkati

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