[Audio] Lors de sa venue en Suisse à l’occasion de la sortie de son second long métrage, Rouge, le réalisateur français d’origine algérienne Farid Bentoumi nous a accordé un entretien chaleureux, enrichissant et passionnant

{Critique du Film Rouge écrite par MaB lors du FIFDH 2021 dans lequel il était en compétition: FIFDH 2021 – Rouge un film qui nous entraîne au cœur d’un scandale environnemental }

Né en France en 1976, Farid Bentoumi fait des études en arts et communication et de nombreux voyages, et, après un court passage dans l’univers du marketing, devient acteur. Formé à l’improvisation, Farid Bentoumi joue Novarina, Beckett, Brecht, Racine, met en scène et co-écrit plusieurs pièces. Talent Cannes Adami 2003, il tourne ensuite dans de nombreux courts métrages et séries télévisées.
Grand Prix du jury au festival des Scénaristes en 2005, il se lance dans l’écriture. Après El Migri (2009) documentaire sur sa famille franco-algérienne, il réalise Un autre jour sur Terre (2009), courte fiction. Son court métrage Brûleurs (2011) est sélectionné dans plus de soixante festivals, couronné de nombreux prix dont celui du Jeune Public au Cinemed 2011. Un métier Bien (2015), son troisième court métrage de fiction sort alors que Farid Bentoumi termine son premier long métrage, Good Luck Algeria (2015),  en compétition à Montpellier.
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FIFDH 2021 – Rouge un film qui nous entraîne au cœur d’un scandale environnemental

Mettons tout de suite les points sur les i : ce film est une fiction basée sur des faits réels qui ont lieu dans les années nonante et, en élargissant un peu le spectre, on peut quasiment être sûrs que quelque part sur cette terre malmenée, il doit s’approcher du 1 :1 de la réalité.
Nour (Zita Hanrot) vient d’être embauchée comme infirmière dans l’usine chimique où travaille son père Slimane (Sami Bouajila), délégué syndical et pivot de l’entreprise depuis toujours. Alors que l’usine est en plein contrôle sanitaire, une journaliste (Céline Sallette) mène l’enquête sur la gestion des déchets par l’usine. Les deux jeunes femmes vont peu à peu découvrir que cette usine, pilier de l’économie locale, cache bien des secrets. Le tissu socio-économique de la région rend les acteurs locaux de surveillance ainsi que le personnel politique peu enclins à être regardant sur les rejets polluants, la corruption rémanente, le greenwashing, l’état de santé des ouvriers et ouvrières – les dossiers médicaux sont allègrement trafiqués ou simplement pas pris en compte –, les accidents du travail non-déclarés et les responsabilités totalement diluées dans un maelstrom de différents intervenants et sous-traitants qui protège la hiérarchie locale (le chef de l’usine est interprété par un Olivier Gourmet parfait, comme toujours, dans un rôle à la fois bonhomme et inquiétant) et internationale. (…)

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