Palmarès de la 71e Berlinale – Des prix qui reflètent la sensibilité du jury de cette année pandémique, composé exclusivement de récipiendaire d’Ours d’or

Quelle étrange Berlinale nous avons vécu, loin des salles de cinéma, loin des grands écrans, loin des salles de conférences de presse, loin de l’effervescence que dégage le cœur vibrant du centre du festival, avec ses rencontres, ses échanges, ses disputes et ses controverses. Cette année, comme tout le monde, les festivaliers de la presse et de l’industrie sont restés à la maison, pendant que le grand public qui se rue par centaine de milliers dans les salles berlinoises au mois de février, attend sagement le mois de juin… enfin cela est la version (très) optimiste des organisateurs qui espèrent qu’entre le 9 et le 20 juin la sélection pourra être programmée dans les salles et les open air, que le tapis rouge sera déroulé pour recevoir les cinéastes et les primés de cette 71e édition.
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Berlinale 2021 – Compétition : Inteurodeoksyeon (Introduction) de Hong Sangsoo qui épure son cinéma pour en faire matière poétique

Il est malin Hong Sangsoo , le prolifique cinéaste coréen, capable de présenter en une seule saison ses films dans plus d’un festival majeur – il est vrai qu’il profite souvent de ses voyages festivaliers pour entamer des films, faire des rencontres, s’inspirer – , ce dernier film présenté dure 66 minutes, juste au-dessus des 60 minutes, limite qu’il faut atteindre pour être considéré comme un long métrage. Il a donc 6 minutes de rab et peut ainsi être à nouveau sélectionné en compétition – rappelons que l’année passée, Hong Sangsoo  avait remporté l’Ours d’argent de la meilleure réalisation pour The Woman Who Ran. Comme une mise en abyme de sa propre œuvre, une partie du film se déroule à Berlin, aux alentours et sur la Potsdamer Platz, centre névralgique du Festival de Berlin. Pour filer la pelote de l’auto-référence, la présence de cette petite communauté coréenne rappelle également On the Beach at Night Alone, film présenté en compétition à la Berlinale 2017 et pour lequel sa compagne Kim Minhee avait reçu l’Ours d’argent de la meilleure actrice, dont l’action se déroule en partie en Allemagne également. D’aucun dirait qu’il s’auto-parodie. Mais sa démarche est plus profonde que cela, même si le réalisateur n’hésite jamais à se mettre en scène à travers ses doubles de manière ironique et sans complaisance. Il semble plutôt sincèrement aller au bout de sa quête artistique sur la nature du genre humain, cette balance entre la création et la vie, entre les non-dits et la pudeur dans le réel et la mise à nu dans l’œuvre qui s’épure à chaque nouvel addendum pour tendre – et bientôt se fondre ? – dans l’impressionnisme poétique.
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