Palmarès de la 71e Berlinale – Des prix qui reflètent la sensibilité du jury de cette année pandémique, composé exclusivement de récipiendaire d’Ours d’or

Quelle étrange Berlinale nous avons vécu, loin des salles de cinéma, loin des grands écrans, loin des salles de conférences de presse, loin de l’effervescence que dégage le cœur vibrant du centre du festival, avec ses rencontres, ses échanges, ses disputes et ses controverses. Cette année, comme tout le monde, les festivaliers de la presse et de l’industrie sont restés à la maison, pendant que le grand public qui se rue par centaine de milliers dans les salles berlinoises au mois de février, attend sagement le mois de juin… enfin cela est la version (très) optimiste des organisateurs qui espèrent qu’entre le 9 et le 20 juin la sélection pourra être programmée dans les salles et les open air, que le tapis rouge sera déroulé pour recevoir les cinéastes et les primés de cette 71e édition.

— Prix du Festival international du film de Berlin – Ours d’or et Ours d’argent
© Sandra Weller, Berlinale 2020

La sélection de cette année était divisée par deux (166 films contre 330-400 les années précédentes), il n’y avait pas de films étasuniens en compétition, mais de manière globale, la qualité des films était au rendez-vous, sans chef-d’œuvre (il n’y en a de toute façon pas toutes les années) mais sans film inqualifiable non plus (il y en a chaque année, plutôt plusieurs qu’un).

Le jury était particulier cette année puisqu’exclusivement composé, à parité, de cinéastes ayant remporté un Ours d’or :  Ildikó Enyedi (Hongrie), Adina Pintilie (Roumanie), Jasmila Žbanić (Bosnie-Herzégovine), Mohammad Rasoulof (Iran), Gianfranco Rosi (Italie), Nadav Lapid (Israël). C’est ce qui rend le palmarès peut-être un peu curieux, avec des films mis de côté de manière un peu inexpliquée (comme les deux films-fables What Do We See When We Look at the Sky? du géorgien Alexandre Koberidze et Petite Maman de la française Céline Sciamma), mais qui reste défendable (ce qui n’est pas toujours le cas non plus !). Nouveauté mondiale de la Berlinale, ne plus attribuer de Prix de la meilleure actrice et du meilleur acteur mais de créer à la place deux prix non genrés, celui de la meilleure interprétation et celui de la meilleure interprétation dans un second rôle.

S’il était important que la Berlinale ait lieu sous une forme ou sous une autre, que les films des cinéastes soient montrés, il n’en reste pas moins que le cinéma est fait pour le cinéma. Le jury a vu les films en salle, alors que la presse s’est contentée du chacun chez soi, sur son petit écran. C’est pourquoi, cette année, exceptionnellement, nous ne donnerons pas un avis circonstancié sur les prix, renvoyant simplement aux critiques, car certains films qui ne sont assurément pas fait pour un autre écran et un autre écrin que la salle de cinéma, n’ont pas pu être jugé à leur valeur par les critiques de j :mag, comme le film hongrois Natural Light primé et duquel nous sommes passés totalement à côté !

Compétition

Ours d’Or du meilleur film : Babardeală cu bucluc sau porno balamuc (Bad Luck Banging or Loony Porn) de Radu Jude (Roumanie, Luxembourg, Croatie, République tchèque) produit par Ada Solomon.

Ours d’argent, Grand Prix du Jury : Guzen to sozo (Wheel of Fortune and Fantasy) de Ryusuke Hamaguchi (Japon).

Ours d’argent, Prix du Jury: Herr Bachmann und seine Klasse (Mr Bachmann and His Class) de Maria Speth (Allemagne).

Ours d’argent de la meilleure réalisation: Dénes Nagy pour Természetes fény (Natural Light) (Hongrie, Lettonie, France, Allemagne).

Ours d’argent de la meilleure interprétation : Maren Eggert pour Ich bin dein Mensch (I’m Your Man) de Maria Schrader (Allemagne).

Ours d’argent de la meilleure interprétation pour un second rôle : Lilla Kizlinger pour Rengeteg – mindenhol látlak (Forest – I See You Everywhere) de Bence Fliegauf (Hongrie).

Ours d’argent du meilleur scénario : Hong Sangsoo pour Inteurodeoksyeon (Introduction) de Hong Sangsoo (République de Corée).

Ours d’argent pour une contribution artistique exceptionnelle : Yibrán Asuad pour le montage de Una película de policías (A Cop Movie) d’Alonso Ruizpalacios (Mexique).

Section  Encounters: jury Florence Almozini, Diedrich Diederichsen, Cecilia Barrionuevo

Nous (We) de Alice Diop (France) – Meilleur film.

Vị (Taste) de Lê Bảo (Vietnam, Singapour, France, Thaïlande, Allemagne, Taïwan) – Prix spécial du Jury

Meilleure réalisation (ex-aequo) : Das Mädchen und die Spinne (The Girl and the Spider) de Ramon Zürcher et Silvan Zürcher (Suisse) et Hygiène sociale (Social Hygiene) de Denis Côté (Canada).

Das Mädchen und die Spinne a également reçu le prix FIPRESCI, celui de la critique internationale.

Generation 14plus : jury Jella Haase, Mees Peijnenburg, Melanie Waelde

Grand Prix du Jury international du meilleur film en compétition : La Mif (The Fam) de Fred Baillif (Suisse).

Rendez-vous en juin 2021, si le virus le veut bien, dans les salles de cinémas et les open air pour regarder et échanger sur ces films et bien d’autres collectivement… et rendez-vous en février 2022 pour un vrai festival comme on les aime !

Malik Berkati

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