L’Homme de la cave, de Philippe Le Guay, plonge le public dans le passé familial à la lecture du révisionnisme

À Paris, Simon (Jérémie Renier) et Hélène (Bérénice Bejo) décident de vendre une cave dans l’immeuble où ils habitent. Un homme, Jacques Fonzic (François Cluzet) au passé trouble, l’achète et s’y installe sans prévenir. Peu à peu, sa présence va bouleverser la vie du couple. Si le scénario du dernier film de Philippe Le Guay paraît, de prime abord, rocambolesque et peu probable, c’est pourtant d’une situation bien réelle que le cinéaste s’est inspiré : en effet, dans les années 2000, un couple d’amis proches du réalisateur a décidé de vendre leur cave à un homme qui souhaitait entreposer des archives. Ils ne se sont méfiés de rien et ont donné la clef en même temps qu’ils ont encaissé le chèque. Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est que l’homme s’installerait physiquement dans la cave. Le réalisateur a obtenu du couple l’autorisation de raconter son histoire, à condition de ne pas les exposer. Philippe Le Guay souligne : (…)

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Berlinale 2021 – Compétition : Albatros de Xavier Beauvois ; pulsions de vie, pulsions de mort entre terre et mer

L’Albatros est réputé être un oiseau lourd qui met du temps à s’envoler, mais une fois qu’il est dans les airs, son envergure lui permet de faire faire des centaines de kilomètres sans battre des ailes. Dans le dernier film de Xavier Beauvois (Des hommes et des dieux – 2010 ; Les Gardiennes – 2017 ), Albatros, le phénomène est plutôt inversé. Dans sa première partie, le rythme du film est fluide, léger dans sa structure, dans le jeu des actrices et acteurs, les dialogues qui coulent naturellement de manière à donner un instantané de cette vie dans une petite ville normande, Étretat, connue internationalement pour ses falaises, mais qui charrie son lot de pesanteur sociale et de petite criminalité. Pas de surexplications, l’auteur fait confiance à la capacité de discernement du spectateur et le laisse s’immerger dans le contexte proposé. Mine de rien, cette texture narrative permet d’évoquer les soubresauts sociaux qui traverses la France depuis quelques années – les manifestations récurrentes, les violences policières, l’inceste, l’environnement, les suicides des agriculteurs, … et le blues des gendarmes dû à la charge mentale très lourde qu’il faut apprendre à laisser sur le palier de sa maison. Pas d’animosité particulière contre les forces de l’ordre ici, elles sont plutôt bien intégrées au tissu social et sont encore vu comme proches des gens avec la mission première d’aider.
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Locarno 2018 – Rencontre avec David Roux et Jérémie Renier pour L’ordre des médecins

Le premier long métrage de David Roux, L’ordre des médecins, réunit une distribution de choix

A trente-sept ans, le docteur Simon Chaykine (Jérémie Renier) est un médecin aguerri, qui côtoie la mort tous les jours dans son service de pneumologie. Au fil des ans et de l’expérience acquise, Simon s’est forgé une carapace qui le protège de sombrer dans une implication trop personnelle face aux épreuves que traversent ses patients… jusqu’au jour où sa mère (Marthe Keller) est hospitalisée dans un état critique dans un service voisin, l’intime et le professionnel se télescopent. Tout l’univers de Simon, toutes ses certitudes et ses convictions vacillent.
Écrit par David Roux en collaboration avec Julie Peyr (nominée au César 2016 du meilleur scénario original pour Trois souvenirs de ma jeunesse et au César 2014 de la meilleure adaptation pour Jimmy P.), le scénario est centré sur
 Simon, directement inspiré du frère du cinéaste.
Bien que très documenté et réaliste, L’ordre des médecins, présenté hier soir sur la Piazza Grande sous un ciel clément, touche par sa dimension personnelle qui comporte une dimension universelle et l’humanité de ce médecin rompu aux épreuves qui, dans une épreuve plus intime, voit ses certitudes vaciller, sa carapace se fissurer et retrouver à travers cette épreuve sa part d’humanité enfouie.
(….)

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