Locarno 2022 – Une comédie noire sur la Piazza Grande : My Neighbour Adolf (Mon voisin Adolf), de Leon Prudovsky

Qui ne s’est jamais demandé si une personne croisée dans la rue ou un tram ne serait pas une personne connue, l’attention attirée par un détail ouvrant grand l’imagination ? Une star, une personnalité publique, un.e politicien.ne, un.e sportif.ve… Eh bien, c’est ce qui arrive à Monsieur Polsky (David Hayman), un survivant de l’Holocauste, installé en Colombie, qui voit emménager à côté de sa maison un étrange allemand, Monsieur Herzog (Udo Kier), escorté de Madame Kaltenbrunner, à son service et très autoritaire (Olivia Silhavy), ainsi que d’un chien berger allemand, Wolfi. Cette arrivée coïncide avec l’enlèvement de Eichmann par les services secrets israéliens en Argentine. Il n’en faut pas plus pour que Marek Polsky, hanté par l’Holocauste, reconnaisse en son voisin Adolf Hitler ! (…)

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Swan Song, de Todd Stephens, ou de l’importance de se souvenir du passé et des belles choses

Flamboyant coiffeur retraité, Pat est engagé pour un dernier travail afin de s’occuper de son amie défunte, « a dead bitch! » selon ses termes. Dans une promenade excentrique et sentimentale, il va croiser des personnages et des fantômes de son passé. Swan Song, de Todd Stephens, se déroule à Sandusky, dans l’état d’Ohio, ville natale du scénariste et réalisateur du film, qui est une protagoniste à part entière. S’inspirant vaguement d’une personne réelle de son enfance pour son personnage central, le réalisateur se lance dans l’observation de la vie dans cette petite ville de province, en particulier du milieu gay. (…)

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Cannes 2019 : Le premier film brésilien en compétition, Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles,  brosse le portrait inquiétant d’une zone pauvre et oubliée du Brésil, une région en proie à une menace meurtrière mais invisible

Trois ans après son célèbre Aquarius, film qui a remporté le suffrage des spectateurs, le réalisateur Kleber Mendonça Filho revient à Cannes avec Bacurau, déterminé à oxygéner le cinéma brésilien, qui traverse une période agitée et incertaine,  à l’instar de la société brésilienne,  sous le gouvernement de Jair Bolsonaro.Nous avons deux sentiments en parallèle: d’un côté la satisfaction personnelle et artistique, et de l’autre un sentiment de pitié, car le cinéma brésilien était sur une courbe ascendante et fait face à une crise
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