Berlinale 2020 – Panorama:  Cidade Pássaro (Shine Your Eyes), du réalisateur brésilien Matias Mariani

Cidade Pássaro (Shine Your Eyes)  dont la traduction littérale signifie ville aux oiseaux – commence comme un documentaire, filmant les rues et les immeubles d’une grande ville, les passants, les commerçants, les livreurs, les rues et les magasins de la ville qui s’animent en matinée. Le musicien Amadi  (Okechukwu Ukeje, connu sous le nom O. C. Ukeje) n’a plus eu de nouvelles de son frère aîné Ikenna Igbomaeze (Chukwudi Iwuji) depuis longtemps. Il voyage du Nigéria vers la métropole brésilienne de São Paulo, où Ikenna, doué pour les mathématiques, est censé travailler comme professeur dans un institut technologique – du moins, c’est ce qui est indiqué sur la page d’accueil de l’institut, Universidade Govenant chega a São Paulo: son portrait et son titre trônent aux côtés de celui de Miro Kuzko (Paulo Andre). Mais non seulement il n’y a aucune trace d’Ikenna, l’institut n’existe même pas. Avec le soutien de son oncle et de l’ex-amant d’Ikenna, et en possession des mystérieuses notes et calculs de son frère, Amadi part à la recherche de son frère.
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Berlinale 2020 – Compétition: Todos os mortos (All the Dead Ones) de Caetano Gotardo et Marco Dutra ; une histoire de la fin du 19e siècle qui explique le Brésil d’aujourd’hui

Nous somme en 1899, l’esclavage a été récemment aboli au Brésil. Après la mort de leur femme de ménage, les trois femmes de la famille Soares se sentent perdues dans la vie quotidienne qu’elles mènent loin de leur plantation, dans une ville de São Paulo en pleine expansion. Au retour de l’enterrement de Josefina, un des commentaires de la mère sera de dire que ce qu’il lui manquera le plus, c’est son café ! La famille, qui possédait autrefois des plantations de café, est aujourd’hui au bord de la ruine et lutte pour s’adapter aux changements sociétaux et économiques qu’a amené l’instauration de la République du Brésil. Parallèlement, la famille Nascimento, qui travaillait comme esclave dans la ferme des Soares, se retrouve à la dérive dans une société où il n’y a pas de place pour les noirs récemment libérés. Les thèmes qui se dessinent abordent l’esclavagisme comme lien direct avec le racisme structurel qui mine la société actuelle, les luttes de classes qui se perpétuent comme le montre l’opposition politique frontale et délétère entre Bolsonara et le Parti des Travailleurs de Lula, le syncrétisme des cultures et des religions et même, à peine perceptible, dans une marge du récit, l’homosexualité.
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Berlinale 2020 – Quote of The Day #4: Sara Silveira productrice du film brésilien en competition Todos os Mortos (All The Dead Ones)

Notre film est extrêmement pertinent aujourd’hui ! Cela est le fruit d’une créativité collective et nombre impressionnant de gens qui y ont participé directement ou indirectement ; plus de 700 personnes ont travaillé sur ce film. Nous avons un gouvernement d’extrême-droite qui s’en prend à la culture, aux arts, au cinéma et qui a des projets de censure. Ces gens vivent dans la pure ignorance qui ne comprennent bien évidemment pas l’importance de vivre dans la diversité mais qui ne voient même pas l’importance économique de l’industrie audio-visuelle. J’ai 69 ans et jamais, jamais, je ne cesserai de lutter contre ces individus !
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La Vie invisible d’Eurídice Gusmão

Rio de Janeiro, 1950. Eurídice, dix-huit ans, et Guida, vingt ans, sont deux sœurs inséparables qui vivent à la maison avec leurs parents conservateurs. Bien que plongé dans une vie traditionnelle, chacune nourrit un rêve: Eurídice de devenir un pianiste de renom, et prendre des cours au conservatoire de Vienne,  Guida de trouver le véritable amour.
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Genève : la 21ème édition du Festival Filmar en América Latina se tiendra du 15 novembre au 1er décembre 2019 à Genève ainsi que dans des communes du canton et de France voisine

La 21e édition du Festival Filmar alternera rencontre avec des Cinéastes engagé.es, des projections d’œuvres fortes et des débats d’actualité très variés et enrichissants. Filmar, la plus importante manifestation culturelle de Suisse dédiée à l’Amérique latine, qui contribue également au rayonnement de Genève, ville de dialogue et de culture, est l’un des seuls festivals qui s’autofinance à hauteur de 25%, signe du soutien indéfectible de son public, toutes générations confondues.
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Locarno 2019 : A Febre, de Maya Da-Rin, plonge les spectateurs dans la forêt amazonienne et la question identitaire indigène

Le premier long métrage de la réalisatrice brésilienne Maya Da-Rin , décrit avec justesse et de l’intérieur la situation d’une communauté autochtone d’Amazonie contrainte d’émigrer vers de grands centres urbains, en l’occurence Manaus. La caméra de Maya Da-Rin suit Justino, un homme d’une quarantaine d’années, issu du peuple indigène Desana, qui travaille comme agent de sécurité dans le port de Manaus. Alors que sa fille se prépare à étudier la médecine à Brasilia, Justino attrape une mystérieuse fièvre.
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Cannes 2019 : Le premier film brésilien en compétition, Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles,  brosse le portrait inquiétant d’une zone pauvre et oubliée du Brésil, une région en proie à une menace meurtrière mais invisible

Trois ans après son célèbre Aquarius, film qui a remporté le suffrage des spectateurs, le réalisateur Kleber Mendonça Filho revient à Cannes avec Bacurau, déterminé à oxygéner le cinéma brésilien, qui traverse une période agitée et incertaine,  à l’instar de la société brésilienne,  sous le gouvernement de Jair Bolsonaro.Nous avons deux sentiments en parallèle: d’un côté la satisfaction personnelle et artistique, et de l’autre un sentiment de pitié, car le cinéma brésilien était sur une courbe ascendante et fait face à une crise
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Los silencios de Beatriz Seigner dénonce les exactions et guerres civiles en Amérique du sud

Amparo (Marleyda Soto) et ses deux jeunes enfants, Nuria (Maria Paula Tabares Pena), douze ans, Fabio (Adolfo Savinvino), neuf ans, fuient les conflits armés en Colombie. À la triple frontière entre la Colombie,  le Pérou et le Brésil, le trio cherche refuge sur une petite île avec des maisons sur pilotis sur le fleuve Amazone, une zone qui semble flotter dans les limbes et où les habitants cohabitent avec les morts. Amparo doit affronter bien des obstacles administratifs, tant que le corps de son mari (Enrique Diaz) et de sa fille aînée, Maria, ont pas été retrouvés,  pour pouvoir survivre. En effet, Amparo et ses enfants ont fui le conflit armé colombien, dans lequel leur père et ont Maria disparu. Un jour, celui-ci réapparait mystérieusement dans leur nouvelle maison.
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Berlinale 2019 – Quote of The Day #9: Wagner Moura sur la police au Brésil

L’État brésilien que ce soit dans les années 60 ou aujourd’hui est raciste ; 50 ans après l’assassinat de Carlos Marighella, un homme noir et communiste, conseillère municipale noire et de gauche de Rio de Janeiro, Marielle Franco, a été assassinée en mars 2018 vraisemblablement par des membres des forces de police.
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Berlinale 2019 – Hors compétition : Marighella de Wagner Moura – Une résistance au coup d’État au Brésil en 1964 qui renvoie furieusement à l’époque actuelle !

Nous sommes en 1968, quatre ans après le coup d’État militaire qui a plongé le pays-continent qu’est le Brésil dans les affres de 21 ans de dictature. Carlos Marighella, Brésilien descendant d’esclave soudanais, est devenu l’ennemi public numéro un du Brésil. Wagner Moura , l’un des plus célèbres acteurs brésilien (il a joué en 2007 dans Elite Squad de José Padilha qui avait reçu l’Ours d’or de l’édition 2008 de la Berlinale), qui fait ici ses débuts dans la réalisation, nous raconte les dernières années de ce résistant charismatique, à la tête d’un groupe de jeunes révolutionnaires ayant décidé-e-s, contre l’avis du parti communiste, de passer à la lutte armée, seule – à leurs yeux – à même de défaire la dictature militaire et sa cohorte de crimes.
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