Histoire d’un regard, à la recherche de Gilles Caron, de Mariana Otero : une immersion passionnante dans l’optique et la vie trépidante du photoreporter

Gilles Caron, photoreporter pour l’agence Gamma, disparaît brutalement au Cambodge en 1970 alors qu’il est au sommet d’une carrière fulgurante de photojournaliste. Gilles Caron a tout juste trente ans et parcourt les zones en conflit, laissant sa femme Marianne et leurs deux filles en bas âge, Clémentine et Marjolaine, en France.
En l’espace de six ans, Gilles Caron a été l’un des témoins majeurs de son époque, couvrant pour les plus grands magazines la guerre des Six Jours, mai 68, la désolation et la famine au Biafra, le conflit nord-irlandais, l’arrivée des Khmers rouges au Cambodge ou encore la guerre du Vietnam.
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Présenté hors compétition à la Mostra de Venise 2020, Mandibules, la nouvelle comédie déjantée de Quentin Dupieux, invite les spectateurs à suivre deux compères dans leurs aventures rocambolesques

(…)Dès ses premiers longs métrages, il répond à l’interrogation d’Alphonse de Lamartine : « Objets inanimés, avez-vous donc une âme … ? »

Chez Quentin Dupieux, les objets ont, en effet, une âme, parfois effrayante , souvent inquiétante : les rites codifiés d’une bande de jeunes dans Steak (2007), le pneu psychédélique dans Rubber (Semaine de la Critique cannoise 2010), Wrong (compétition World Cinema Dramatic au Festival de Sundance 2012), Wrong Cops (Piazza Grande au Festival de Locarno en 2013), Réalité (Orizzonti à la Mostra de Venise en 2014), Au poste ! (Prix du meilleur scénario à Sitges en 2018) et Le Daim (ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs cannoise 2019).
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Léman, bien plus qu’un lac : une double invitation au voyage à travers un livre et une exposition – rencontre audio avec Claude Dussez, Vincent Guignet et Lionel Gauthier

En cette période morose pour tout un chacun et particulièrement difficile pour la culture, chacune et chacun cherche à se ressourcer et à voyager avec l’esprit comme avec les sens. A l’approche des fêtes, la quête de cadeaux à offrir à ses proches, pourquoi ne pas opter pour des libres, histoire de soutenir une corporation malmenée depuis que la pandémie sévit à travers le monde.
Comme par exemple, Léman, bien plus qu’un lac, de Claude Dussex et Vincent Guignet, dont les photographies sont accompagnées par des textes poétiques de Blaise Hofmann, aux  éditions Glénat . Des textes qui invitent au voyage tout autant que les clichés qu’ils accompagnent. La sortie de ce magnifique ouvrage est accompagnée par la nouvelle exposition temporaire éponyme, dont l’ouverture était initialement prévue le 14 novembre 2020. Soumise aux décisions de mesures sanitaires l’exposition a marqué la réouverture des portes du Musée du Léman le 1er décembre et sera prolongée jusqu’au 15 août 2021.
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Fernando Solanas, cinéaste, documentariste, homme politique et activiste argentin laisse l’humanité orpheline d’un défenseur des arts et des justices

L’ambassadeur d’Argentine auprès de l’UNESCO, Fernando “Pino” Solanas, est décédé le 6 novembre 2020 à Paris, en France, où il recevait un traitement contre le coronavirus. Les messages de sympathie ont afflué du monde entier, à commencer par l‘Argentine, pays où est né Fernando Solanas le 16 février 1936, à à Buenos Aires dont les natifs s’appellent los Porteños. Le Palacio San Martín, le Ministère argentin des Affaires étrangères, situé dans le quartier de Retiro, à Buenos Aires, commentant la mort du cinéaste et activiste sur son compte Twitter officiel (…)
Connu pour son appartenance au groupe Proyecto Sur, mouvement politique, social et culturel en Argentine, d’orientation nationale, de ligne politique de centre-gauche, progressiste et lié à l’écologie politique, Fernando Solanas en était la principale référence au niveau national.
Fernando “Pino” Solanas laisse un héritage caractérisé par sa vie de militantisme, qui s’est déroulée à travers son action politique passionnée et son travail artistique à contenu social, mettant son art et sa vie au service de son pays qu’il souhaitait meilleur après les vicissitudes et exactions commises sous la dictature. Ses idées politiques marquent sa performance publique, à la fois en tant que cinéaste, où il se distingue avec une dizaine de films à succès à fort contenu social, jusqu’à sa participation à la politique.
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[Audio] Rencontre avec Jean Liermier, directeur du Théâtre de Carouge, pour la présentation de la saison 2020-2021, entre autres …

Comme à chaque début de saison, j:mag souhaitait rencontrer Jean Liermier, directeur du Théâtre de Carouge depuis 2008. Cette année, cette rencontre était d’autant plus attendue que la saison 2019-2020 avait dû être suspendue au printemps en raison de la pandémie.
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Malgré ce contexte difficile durant lequel Jean Liermier doit se battre pour défendre l’accès de ses comédiens aux indemnité de chômage, il a trouvé du temps à nous accorder en tant que directeur du Théâtre de Carouge pour nous exposer la saison 2020-2021 en nous mettant l’eau à la bouche car Jean Liermier aime que « le public ait faim de théâtre ! »
Mais c’est aussi en tant que président de la Fédération romande des métiers de la scène que Jean Liermier nous a reçus dans le foyer chaleureux de la petite Salle sis rue Ancienne.
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Le Festival de Locarno a un nouveau capitaine au gouvernail : Giona A. Nazzaro a été choisi en qualité de directeur artistique

En septembre dernier, l’annonce avait suscité moult interrogations quand un communiqué laconique apprenait à la presse le divorce entre le Festival de Locarno et Lili Hinstin. Le Festival comme Lili Hinstin parlaient alors de divergences stratégiques, qui les avaient poussés à se séparer d’un commun accord. Nadia Dresti avait été nommée responsable par intérim de la direction artistique du festival. Les élucubrations allaient bon train dans la communauté journalistique.

En sa séance du mercredi 4 novembre 2020, le Conseil d’administration du Locarno Film Festival a décidé de nommer, à l’unanimité, Giona A. Nazzaro en qualité de directeur artistique du Locarno Film Festival.
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Master Cheng, de Mika Kaurismäki : dégustation d’un won sino-lapon fait de respect mutuel, de bienveillance, le tout enrobé de paysages à la beauté picturale

[EDIT: Suite aux mesures sanitaires de chaque cantons, le film sort dans les cantons romands où les lieux culturels ne sont pas impactés par les mesures, il sortira sur les autres écran romands lorsque les mesures seront levées., N.D.L.R.]

Voici les ingrédients que propose Master Cheng (Masteri Cheng), le dernier opus de Mika Kaurismäki : cuisine chinoise, paysages de Laponie, rencontre de deux cultures différentes, amitié, amour.

Après la mort de sa femme, le chef professionnel Cheng (Chu Pak Hong) quitte la trépidante Shanghai pour se rendre à Pohjanjoki, un minuscule village du Nord de la Finlande, à la recherche d’un certain Fongtron. Ce quadragénaire débarque donc avec son jeune fils, Nunjo (Lucas Hsuan), dans ce village isolé de Finlande pour rencontrer ce vieil ami finlandais qu’il a rencontré à Shanghai et qui lui a sauvé la mise dans le passé. À son arrivée, personne dans le village ne semble connaître son ami mais la propriétaire du café local Sirkka (Anna-Maija Tuokko) lui propose un hébergement et, en contrepartie, Cheng l’aide dans la cuisine en surprenant les habitants avec les saveurs exotiques de la cuisine chinoise qui ravissent les palais lapons.
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Miss, de Ruben Alves, ou comment se sentir plus fort dans le genre opposé au sien

Alex, petit garçon gracieux de neuf ans qui navigue joyeusement entre les genres, a un rêve : être un jour élu Miss France. Quinz ans plus tard, Alex (Alex Wetter) a perdu ses parents et sa confiance en lui et végète dans une vie monotone. Une rencontre imprévue va réveiller ce rêve oublié. Devenu un magnifique jeune homme androgyne à la beauté hellénique, Alex décide alors de concourir à Miss France en cachant son identité de garçon. Beauté, excellence, camaraderie… Au gré des étapes d’un concours sans merci, sus la houlette d’Amanda (Pascale Arbillot) et aidé par une famille de cœur haute en couleurs, Alex va partir à la conquête du titre, de sa féminité et surtout, de lui-même …
Pour réaliser ce rêve, Alex doit d’abord franchir la première étape: le concours Miss Ile-de-France. Pour ce faire et convaincre les jurés qu’il est une parfaite Miss, Alex sollicite l’aide de Lola (Thibault de Motalembert), un travesti en fin de course qui le met en garde face aux montagnes russes entre succès et oubli. Pour être tenace et pugnace comme un battant, Alex recherche un ami d’enfance devenu boxeur et entraîneur qui va lui fournir de précieux conseils..
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A Perfect Family (A Perfectly Normal Family) de Malou Reymann : passée derrière la caméra, l’actrice danoise puise dans son histoire personnelle pour réaliser ce premier long métrage

Emma, une adolescente danoise, grandit au sein d’une famille unie, a priori tout à fait ordinaire jusqu’au jour où son père décide de devenir une femme. Ce bouleversement au sein de cette famille aimante conduit chacun à se questionner et à se réinventer … Du moins, à composer avec une nouvelle réalité qui ébranle l’équilibre du cocon familial mais qui a aussi des répercutions dans les relations sociales des quatre membres de cette famille.

Thomas (Mikkel Boe Folsgaard), Helle (Neel Rønholt), leurs deux filles, Caroline (Rigmor Ranthe), quatorze ans et Emma (Kaya Toft Loholt), douze ans, forment une famille en apparence parfaite. Les premières séquences alternent des scènes de la quotidienne actuelle et des vidéos enregistrées durant les premiers mois de Caroline puis d’Emma. Mais ce bonheur va éclater sous l’effet d’une double révélation : Thomas va changer de sexe et devenir Agnete; Helle ne peut le supporter et demande le divorce. Les deux filles réagissent de manière fort différente, voire diamétralement opposée : Si Carolina fait immédiatement preuve de tolérance et de bienveillance, rappellent souvent à l’ordre sa cadette, Emma vit cette révélation comme un séisme, un choc brutal qui remet complément en question la complicité qu’elle partageait avec son père.
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Cyrano de Bergerac est de retour sur les planches du Théâtre de Carouge – à la Cuisine – du 28 octobre au 1er novembre 2020

Directeur du Théâtre de Carouge depuis 2008, Jean Liermier a choisi de convier à nouveau le bouillonnant poète, la main sur la garde et le verbe haut, Cyrano de Bergerac se reconnaît à son nez, à sa cape et à son chapeau. Pour atteindre Roxane, la femme qu’il aime, il est contraint d’avancer masqué, sous les traits de son double idéal, Christian. L’homme est beau mais maladroit dans ses mots d’amour, comme Cyrano est laid et éloquent.

Jean Liermier explique :

« Avant une tournée à Paris, Lyon et Marseille entre autres, nous reprenons l’un de nos plus grands succès, qui a réuni en 2017 près de 12’500 spectateurs à Carouge. Pour parer à sa souffrance, Cyrano l’homme au nez monstrueux a développé une parade: verbale ou physique, la meilleure défense, c’est l’attaque!… Par amour, il s’initiera à la puissance du Théâtre, car c’est bel et bien en jouant un Autre qu’il pourra enfin être lui-même, le masque du jeu le révélant. Un hymne à la nécessité de l’écriture et de l’Art, porté par le génial Gilles Privat, qui à la fin de l’envoi nous touche en plein cœur. »
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