Berlinale 2020 – Generation 14plus : Pompei, d’Anna Falguères et John Shank, met en relief les rites de passage à l’âge adulte

Après une première mondiale lors la 44ème édition du Festival international du film de Toronto, où il a été présenté dans la section Discovery dédiée aux auteurs émergents, Pompei d’Anna Falguères et John Shank, fait sa première européenne au Festival de Berlin dans la section Generation 14+.

Deux adolescents filent à vive allure sur une moto, sans casques, sur des accords de guitare sèche. La séquence suivante nous montre un jeune garçon en train de s’observer dans un miroir dans une demeure aux volets clos, un lieu où l’on entend le chant des cigales : c’est l’été. La caméra nous dévoile un plan fixe sur des dunes; au loin résonnent des voix d’enfants. Un battant de porte claque au vent. Un homme s’arrête à la station-service qui semble abandonnée dans cette région désertique et écrasée de soleil. Il donne un billet à Taxou et lui demande le plein mais celui-ci le rudoie puis le menace. Victor et Taxou ont eu le temps d’apercevoir la passagère, une jeune fille mutique, au regard azur,  qui les observe.
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Ask Dr. Ruth, un documentaire empli d’humour qui retrace le parcours de la « papesse du sexe », la docteure Ruth Westheimer

Ask Dr.Ruth est un film documentaire de 2019 réalisé par Ryan White qui suit la sexothérapeute germano-américaine Ruth Westheimer dans sa réflexion sur sa vie et sa carrière. Le titre du film dérive du nom de la série télévisée de fin de soirée diffusée en 1987 de Westheimer’s Ask Dr. Ruth.
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Berlinale 2020 – Panorama Dokumente : Si c’était de l’amour, de Patric Chiha, sur le making-of de a pièce de danse de Gisèle Vienne «Crowd»

Si c’était de l’amour, de Patric Chiha, nous laisse croire inutilement que l’on assiste au making-of de la création d’un spectacle chorégraphique – Crowd, de Gisèle Vienne -, puis, progressivement, le film se déplace vers un portrait plus intime de ses interprètes.
Sans trop comprendre ce qui nous arrive et à notre corps défendant, on se lasse envahir par l’émotion, libre d’interpréter le film comme le spectacle avec nos propres outils de lecture, vu que Patric Chiha choisit délibérément de ne pas en faciliter la compréhension ni d’éclaircir le mystère de ce travail de création mais nous invite à pénétrer la scène et ses protagonistes dans leur évolution et leurs circonvolutions pour en explorer les abîme.
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Thiel le Rouge, un agent si discret, de Danielle Jaeggi, propose un documentaire richement documenté sur Reynold Thiel et les relations de la Suisse avec les communistes

Son nouveau documentaire suit la vie romanesque d’un militant communiste neuchâtelois à la fois trouble et fascinant, Reynold Thiel (1910-1963).

Primé au Festival du film d’histoire de Pessac, le documentaire Thiel le Rouge – un agent si discret de Danielle Jaeggi relate l’histoire de Reynold Thiel, Neuchâtelois né en 1910, homme d’affaires, pianiste virtuose et compositeur… mais aussi communiste et militant clandestin.
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Berlinale 2020 – Encounters: Los conductos de Camilo Restrepo

Avec l’arrivée de Carlo Chatrian à la direction artistique de l’événement, la Berlinale propose depuis cette année une nouvelle section compétitive  intitulée Encounters. Le film de Camilo Restrepo fait partie de cette sélection.

Librement inspiré d’une histoire vraie, Los conductos est, selon les mots de Carlo Chatrian,

un film aussi visionnaire, physique et élastique que le celluloïd 16 mm sur lequel il a été tourné .
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Berlinale 2020 – Generation Kplus : Le film Los lobos (Les loups), de Samuel Kishi, parle d’enfance et d’immigration

Après ses débuts en Corée et un prix à La Havane, le film Los Lobos, de Samuel Kishi, représente le Mexique à la 70ème  Berlinale  dans la section Generation Kplus.

Los lobos parle d’un sujet dur, difficile et brûlant d’actualité : l’immigration et ses vicissitudes vues à hauteur d’enfant. Cependant, malgré la dureté du sujet, le film de Samuel Kishi est aussi plein d’humour, de poésie et de tendresse. Par sa vision empirique d’une expérience qui laisse des séquelles à vie, Los lobos  distille de l’espoir et porte un regard doux-amer sur ce chapitre de l’enfance du réalisateur et de son frère.
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Berlinale 2020 – Generation 14plus : La déesse des mouches à feu (Goddess of the Fireflies), d’Anaïs Barbeau-Lavalette, retrace l’adolescence grunge de la jeune Cat dans les années nonante

La déesse des mouches à feu est présenté à la Berlinale en première mondiale dans la section Generation 14plus . Ce long métrage d’Anaïs Barbeau-Lavalette est adapté du roman éponyme de la romancière Geneviève Pesteriez.
En bruit de fond qui accompagne la séquence d’ouverture, on perçoit le roulis des vagues puis la camera filme, en plan aérien, les vagues dont l’écume qui vient mourir sur la plage. La caméra d’Anaïs Barbeau-Lavalette offre un plan rapproché sur le visage d’une adolescente en train d’engloutir du beurre de cacahuètes et des céréales en essayant d’ignorer ses parents qui se disputent à ses côtés. Puis bondit de joie quand sa mère (Caroline Néron) lui donne ses cadeaux d’anniversaire : «Christiane F. droguée, prostituée, trop cool, tout le monde l’a à l’école ! » Pris de court devant l’euphorie de l’adolescente devant les cadeaux maternels, le père (Normand D’Amour) sort un billet de mille « piastres », enlaçant sa fille tout en provoquant sa femme du regard. Le conflit parental est lourd, larvé et on réalise rapidement que la jeune adolescente est prise en otage entre ses deux parents qui en viennent aux mains et aux crachats.
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Baghdad in my Shadow, de Samir, relate les affres de l’Irak contemporain à travers les destins tragiques de ses protagonistes

Le dernier opus du réalisateur suisse Samir, Baghdad in my Shadow, a été présenté en première mondiale au 72ème Festival de film de Locarno en août 2019.
A Londres, un petit café fréquenté par la diaspora irakienne est menacé par des dangers issus du passé, entre autres les hommes de main de Saddam Hussein qui travaille dorénavant pour le gouvernement actuel. Un auteur communiste qui a fui son pays après avoir été torturé, une femme cachée et un travailleur illégal, gay et expert en informatique se rencontrent au Café Abu Nawas, un lieu de rencontre populaire pour les Irakiens en exil à Londres. Incité par l’imam d’une mosquée salafiste, le neveu de l’auteur en exil, un jeune fanatiquement religieux, attaque son oncle et bouleverse la vie de tout le monde. A travers l’histoire de différents immigrés irakiens à Londres, Samir aborde les trois tabous du monde arabe contemporain : l’athéisme, la libération des femmes et l’homosexualité. Pour les acteurs irakiens vivant à Bagdad, le fait d’avoir joué ces rôles comportait des risques.
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Un divan à Tunis (Arab Blues), de Manele Labidi-Labbé, psychanalyse la société tunisienne post-révolutionnaire

Selma Derwish (Golshifteh Farahani), trente-cinq ans, ouvre son cabinet de psychanalyse dans une banlieue populaire de Tunis après avoir exercé en France. Les débuts sont épiques, difficiles, emplis de bâtons dans les roues de la jeune femme entre ceux qui prennent Freud et sa barbe pour un frère musulman et ceux qui confondent séance tarifée avec prestations tarifées.
Mais au lendemain de la Révolution, la demande s’avère importante dans ce pays schizophrène où la majeure partie de la population a perdu tous ses repères et la stabilité dans les rapports humains fondamentaux.
Alors que Selma commence à trouver ses marques, elle découvre qu’il lui manque une autorisation de pratique indispensable pour continuer d’exercer…
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Adam, de Maryam Touzani, dépeint l’enfer que vivent les mères célibataires au Maroc

Après sa sélection officielle au Festival de Cannes et avoir remporté dix-sept prix dans des festivals internationaux, le premier long métrage de la Marocaine Maryam Touzani sort sur les écrans romands et raconte l’enfer des mères célibataires au Maroc à travers le parcours de Samia, jeune femme sur le point d’accoucher et qui a fui son village pour éviter de jeter la honte sur sa famille.
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