j:mag

lifestyle & responsible citizenship

Interview

Cinéma / KinoCulture / KulturEdito

Les Cinémas du Grütli : l’efficacité pénalisée

Voilà donc la nouvelle règle du jeu municipal : plus on est sérieux·ses, plus on paie. Depuis 2020, Les Cinémas du Grütli ont plus que doublé leur fréquentation avec une subvention qui n’a pas bougé d’un franc. Ils ont diversifié leurs financements, consolidé leur gestion et dépassé les 100 000 spectatrices et spectateurs en 2025, hors festivals – un score que bien des salles d’art et essai leur envient. La récompense ? Le projet de budget 2027 leur ampute CHF 100 000, soit près de 15 % de leur subvention. Bravo, vous êtes efficients. Rendez la monnaie. (…)

Read More
Cinéma / KinoCulture / Kultur

Fausse note, le nouvel Arcady : symphonie en huis clos contre l’oubli ! Rencontre

Fausse Note se déroule à Paris, en 1990. Une foule de mélomanes s’empresse pour aller écouter un concert de musique classique à l’Opéra-Comique, notamment pour applaudir la 7ème symphonie de Beethoven, dirigée par un chef d’orchestre réputé – Benoît Poelvoorde. Voici un film qui commence en fanfare ! C’est beau, chic, vibrant et le public est conquis par cette musique enlevée, dirigée par un maestro hors pair. Un spectateur en particulier, collant comme un chewing-gum – Kad Merad -, dans une admiration presque obséquieuse pour le chef d’orchestre, demande après le concert un autographe à ce dernier qui finit par céder à l’intrus insistant, et le lui signe, énervé, prenant appui sur le dos du fan… ravi de lui servir de support ! Cocasse et absurde. On rit dans la salle.
L’équation burlesque, souvent visitée au cinéma, d’un duo entre deux protagonistes, insistant pour l’un, agacé pour l’autre, fonctionne invariablement et pose le sceau de la comédie. Sauf que cette histoire va basculer lentement vers un règlement de compte inquiétant, obsédant, presque irrespirable, avec une musique classique omniprésente sans fausse note, si ce n’est… celle du passé ! (…)

Read More
Culture / KulturThéâtre / Theater

Vincent Messager : « Quand les comédien·nes s’amusent, le public s’amuse aussi »

Pendant six mois, une comédie de mœurs contemporaine et féroce a diverti le public parisien, attiré au Théâtre Apollo par un extraordinaire bouche-à-oreille et retrouvant ainsi l’esprit des grandes heures du théâtre de boulevard. Dans Le Complexe des Inséparables, première pièce de Simon Diken, Fabienne et Paul sont mariés depuis 25 ans et s’aiment encore comme au premier jour. À force d’être trop heureux et fidèles, ils sont devenus une « anomalie sociale ». Pour redevenir « normaux », ils décident de simuler l’infidélité, ce qui déclenche un engrenage absurde de faux amants et de quiproquos. (…)

Read More
Cinéma / KinoCulture / KulturInternet

ZFF 2026 – Techplomacy de Susanne Kovács : Démocratie vs. cartel de la technologie. Rencontre

Une glace et des casques de réalité virtuelle. Voilà ce que Meta propose à l’ambassadrice du Danemark pour la tech, en visioconférence, alors qu’elle vient lui exposer un agenda politique. Covid oblige, la dégustation attendra ; la leçon, elle, est déjà donnée. L’interlocutrice du géant californien prend soin de dire « ambassadrice », avec les égards d’usage, puis esquive le sujet pour ramener l’échange sur le terrain de l’expérience ludique et conviviale. Anne Marie Engtoft Meldgaard se fait prendre pour une cruche, et la caméra de Susanne Kovács ne détourne pas le regard. (…)

Read More
Cinéma / KinoCulture / KulturLocarno 2026

Locarno 2026 – Cineasti del presente : Revolutionaries Never Die de Mohanad Yaqubi – Le passé à vif. Rencontre

Deux mois avant sa mort, en 2019, la réalisatrice libanaise Jocelyne Saab avait signifié à Mohanad Yaqubi son envie de collaborer avec lui. La demande était restée sans réponse, et ne pourra désormais plus jamais lui parvenir. C’est de ce silence impossible à combler que Yaqubi tire la matière de son film, qui devient une expédition lyrique à travers la vie, l’engagement politique et la vision artistique d’une voix singulière, celle qui a chroniqué avec acuité une époque révolutionnaire. Le geste se construit comme une lettre cinématographique. (…)

Read More
Cinéma / KinoCulture / KulturLocarno 2026

Locarno 2026 – Fuori concorso : Guerrilha no Asfalto (Asphalt Guerrilla) d’Edgar Pêra – Le cinéma en mode guérilla. Rencontre

Réalisateur touche-à-tout de l’expérimentation formelle depuis des décennies, Edgar Pêra signe avec Guerrilha no Asfalto un objet cinématographique aussi insaisissable que son sujet. Adapté du livre éponyme de Manuel Ricardo Sousa, le film ne se contente pas de raconter l’histoire des Forças Populares 25 de Abril (FP-25), cette organisation de guérilla urbaine apparue dans les années qui suivent la Révolution des Œillets : il la fait exploser en mille fragments, en mille médias, en mille voix, jusqu’à ce que la forme elle-même devienne le sujet. (…)

Read More
Cinéma / KinoCulture / KulturLocarno 2026

Locarno 2026 – Pardi di Domani : Private Property de Deepak Rauniyar – la fabrique de la peur américaine. Rencontre

Une pompe à essence perdue dans le périurbain étasunien, la nuit, l’hiver – ce sera le seul décor de ce nouveau court métrage de Deepak Rauniyar et Asha Magrati, qui avaient déjà uni leurs plumes et leurs regards pour Pooja, Sir (2024) et White Sun (2016). Après les paysages népalais, le duo de cinéastes et scénaristes s’installe cette fois dans une Amérique trumpiste, aride et vidéosurveillée, pour y filmer la rencontre – frontale, puis à répétition – entre deux figures que tout devrait rapprocher et que tout, pourtant, oppose. (…)

Read More
Cinéma / KinoCulture / KulturLocarno 2026

Locarno 2026 – Concorso : Violence du corps de l’autre de Denis Côté – À distance du réel. Rencontre

Une image produit d’emblée une sorte de palpitation interne du cadre, comme si le film lui-même retenait son souffle. Une femme vient d’apprendre qu’il lui reste six mois à vivre. Elle est assise dans une voiture, de l’autre côté d’un parking que la caméra observe de loin : on ne voit rien de l’échange, seulement son écho sonore. Elle dit qu’elle n’est pas prête. Qu’elle ne veut pas. Mira (Larissa Corriveau) l’observe.
Ce prologue pose d’emblée la grammaire de Violence du corps de l’autre : de la distance, du hors-champ, et la sensation que Mira n’habite jamais vraiment le cadre, qu’elle le traverse. Le dédoublement entre ce que l’on voit et ce que l’on entend structure ainsi le film, Denis Côté ne recherchant jamais le confort du synchronisme mais organisant méthodiquement l’écart entre le perçu et le su. (…)

Read More
Cinéma / KinoCulture / KulturLocarno 2026

Locarno 2026 – Piazza Grande : Ich ist ein Anderer de Felix Randau – Quand la vérité devient affaire de récit. Rencontre

Un « e » de machine à écrire légèrement décalé vers le bas, retrouvé dans plusieurs documents censés dater d’époques différentes : voilà l’indice qui, dans Ich ist ein Anderer (Je est un autre), fissure méthodiquement l’édifice que Felix Kersten a bâti autour de lui-même. Felix Randau construit son film sur ce type de détail, minuscule et matériel, plutôt que sur la dénonciation frontale – une manière de traiter le mensonge historique comme une question de typographie autant que de morale. (…)

Read More
Culture / KulturThéâtre / Theater

Faire Hamlet ! au Théâtre de l’Orangerie – Une vertigineuse mise en abyme de la création théâtrale. Rencontre avec Valeria Bertolotto

Que reste-t-il d’un texte quand celles et ceux qui le portent se mettent à vivre, sous nos yeux, les tourments mêmes de leurs personnages ? Avec cette création aussi jubilatoire qu’ambitieuse, Valeria Bertolotto signe une mise en abyme aussi drôle qu’inquiétante, où le chef-d’œuvre shakespearien devient le prétexte à une plongée dans les coulisses – et les névroses – du plateau. Un spectacle qui happe le public dès les premières minutes et ne le lâche plus jusqu’au chaos libérateur du finale. (…)

Read More