Locarno 2022, Semaine de la critique – Rencontre avec Elwira Niewiera et Piotr Rosołowski pour The Hamlet Syndrome, un film édifiant sur le trauma de la guerre

On entre dans le vif du sujet dès les premières images de la révolution du Maïdan, prises au plus près des protagonistes, dans une nuit très esthétique, illuminée par les feux de la révolte, et une voix qui fait résonner Hamlet :
Être ou ne pas être, telle est la question. Est-ce à l’âme plus de noblesse que de la fortune les outrages endurer, plutôt que de prendre les armes contre une mer de souffrance, de combattre et de les achever ? Mourir, dormir, rien de plus. (…)

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Sortie sur les écrans romands de Petite nature (Softie) de Samuel Theis ou l’histoire d’un petit gars délicat dans un monde social de brutes

ohnny (formidable Aliocha Reinert) a dix ans, une mère à la vie intime instable, une petite sœur dont il doit s’occuper et un grand frère qui vit sa vie d’adolescent en stabulation libre. C’est un enfant que sa mère qualifie de « mature et malin », ce qui n’est pas étonnant vu les responsabilités qui lui incombent dans cet environnement familial. Intelligent, sensible, curieux, il observe, toujours aux aguets des histoires des adultes qui l’entourent. Il habite dans une cité HLM en Lorraine, mais, comme à l’école, peine à s’intégrer et se faire accepter par les autres. En début d’année scolaire, il intègre la classe de Monsieur Adamski (Antoine Reinartz), un jeune titulaire qui a suivi dans la région sa compagne Nora (Izïa Higelin) mutée au Centre Pompidou-Metz. Le jeune professeur établit dès la première rencontre un contact que l’on sait immédiatement qu’il va devenir privilégié. S’il y a quelques faiblesses dans ce film, c’est sur ce genre de gros traits narratifs qui rendent le spectateur trop passif et l’histoire à chaque étape attendue, ce qui n’empêche pas le propos de Petite nature d’être tout à fait pertinent dans sa dimension sociale. Le jeune professeur va prendre sous aile Johnny, lui ouvrir l’horizon des possibles et lui donner confiance en lui pour opérer un acte d’émancipation au déterminisme social et familial. L’effet dramaturgique moins intéressant et cousu de fil blanc, même s’il est vraisemblable, est le processus de transfert mi-paternel mi-amoureux de Johnny envers son pygmalion et de la fixation qu’il va faire sur lui.
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Cannes 2021 :Libertad, de Clara Roquet, présenté à la Semaine de la Critique, peint un magnifique portrait d’une adolescente, entre révolte envers le carcan familial et identification à ses pairs

La cinéaste catalane Clara Roquet séduit le public de la Croisette avec son premier long métrage, Libertad, présenté à la Semaine de la Critique. Se déroulant pendant un été sur la Costa Brava où la famille Vidal décide de se retrouver dans leur résidence d’été pour passer le dernier été avec la matriarche de la famille, qui souffre de la maladie d’Alzheimer à un stade avancé, Libertad suit les journées et les soirées de Nora (Maria Morera Colomer, que les cinéphiles ibériques ont découvert dans La vida sense la Sara Amat en 2019), quinze ans. Un âge difficile à vivre, où le corps change mais n’est pas encore devenu celui d’une femme, un âge où pourtant on souhaite pouvoir sortir, aller danser en boîte, flirter avec les garçons.
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Cannes 2021 : Rien à foutre, premier long métrage d’Emmanuel Marre et Julie Lecoustre, présenté dans La Semaine de la Critique, nous invite à décoller dans l’intimité d’une hôtesse de l’air

Cassandre (Adèle Exarchopoulos), vingt-six ans, est hôtesse de l’air dans une compagnie low-cost. Vivant au jour le jour, elle enchaîne les vols en Europe, les fêtes bien arrosées et les rencontres sans lendemain, fidèle à son pseudo Tinder «Carpe Diem». Une existence sans attaches, en forme de fuite en avant, qui la comble en apparence. Alors que la pression de sa compagnie redouble, Cassandre finit par perdre pied. Saura-t-elle affronter les douleurs enfouies et revenir vers ceux qu’elle a laissés au sol ?
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Cannes 2021 Une jeune fille qui va bien, premier long métrage de Sandrine Kiberlain, présenté en compétition à la Semaine de la critique offre un fin portrait d’une jeune fille juive pendant l’occupation

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Paris, été 1942 Irène (Rebecca Merder, de la Comédie française) est une jeune fille juive pétillante de dix-neuf ans. Sa famille la regarde découvrir le monde avec bienveillance et l’entoure d’un amour inconditionnel. Son père, André (André Marcon) est à la fois aimant, à l’écoute et soucieux de l’avenir de ses deux enfants, Irène et Igor (Anthony Bajon) alors que les mesures prises par le gouvernement de Vichy à l’encontre des familles juives deviennent de plus en plus marquées. La grand-mère, Marceline (Françosie Midhoff) écoute les confidences de ses petits-enfants, les conseille et les rassure.
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Cannes 2021 – Semaine de la critique : Petite nature (Softie) de Samuel Theis ou l’histoire d’un petit gars délicat dans un monde social de brutes

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Johnny (formidable Aliocha Reinert) a dix ans, une mère à la vie intime instable, une petite sœur dont il doit s’occuper et un grand frère qui vit sa vie d’adolescent en stabulation libre. C’est un enfant que sa mère qualifie de « mature et malin », ce qui n’est pas étonnant vu les responsabilités qui lui incombent dans cet environnement familial. Intelligent, sensible, curieux, il observe, toujours aux aguets des histoires des adultes qui l’entourent. Il habite dans une cité HLM en Lorraine, mais, comme à l’école, peine à s’intégrer et se faire accepter par les autres. En début d’année scolaire, il intègre la classe de Monsieur Adamski (Antoine Reinartz), un jeune titulaire qui a suivi dans la région sa compagne Nora (Izïa Higelin) mutée au Centre Pompidou-Metz. Le jeune professeur établit dès la première rencontre un contact que l’on sait immédiatement qu’il va devenir privilégié. (…)

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Cannes 2021 : Olga, premier long métrage d’Elie Grappe, présenté à la Semaine de la Critique, brosse le portrait d’une adolescente prise entre deux feux – Rencontre [audio]

Projetée ce 9 juillet 2021 sur La Croisette, Olga, production franco-suisse, traite des doutes et des dilemmes d’une jeune gymnaste adolescente. En 2013, une gymnaste de quinze ans est tiraillée entre la Suisse, où elle s’entraîne pour le Championnat Européen en vue des JO et l’Ukraine où sa mère, journaliste, couvre les événements d’Euromaïdan (rappelons que les manifestations pro-européennes en Ukraine ont débuté en novembre 2013). Depuis l’Helvétie, dans une famille d’accueil puisque celle de son père suisse ne l’accueille pas, Olga regarde sur internet les vidéos postées par les manifestants. Par ce truchement, Elie Grappe place ses spectatrices et ses spectateurs au cœur du mouvement des manifestants et permet à son public de pleinement ressentir le dilemme de cette jeune gymnaste ukrainienne, tiraillée entre la carrière qu’elle vise et les le séisme politique que vit son pays.
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Le Miracle du Saint Inconnu, le premier long métrage de Alaa Eddine Aljem, propose une fable burlesque sur le Maroc contemporain

Le Miracle du Saint Inconnu, le premier long-métrage écrit et réalisé par Alaa Eddine Aljem dépeint le Maroc contemporain, entre superstitions et modernité, est certainement l’une des belles découvertes de la Semaine de la critique à Cannes, en 2019.
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Locarno 2019 : la Semaine de la critique propose une immersion sur plusieurs années dans l’univers des « Adolescentes », un film de Sébastien Lifshitz

Emma et Anaïs sont les meilleures amies et pourtant tout dans leur vie semble les séparer, leur milieu social mais aussi leur personnalité. De treize à dix-huit ans, Adolescentes, de Sébastien Lifshitz, suit les deux jeunes filles durant ces années où des transformations radicales et des premières fois rythment leur vie quotidienne. A travers leurs histoires personnelles, le film offre un portrait unique de la France et de son histoire récente.
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Cannes 2019 : Nuestras madres, premier long métrage du Guatémaltèque César Díaz, déterre le passé douloureux du conflit armé au Guatemala

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Le long-métrage Nuestras Madres de César Diaz était en course à la Semaine de la Critique et a été couronné de la Caméra d’or, reçue des mains de Rithy Panh qui ne pouvait qu’être sensible au travail de mémoire et de reconnaissance des victimes effectué par César Diaz, lui qui a consacré toute sa filmographie aux victimes de Pol Pot et des Khmers rouges.

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