FIFDH 2021- Coronation de Ai Weiwei qui continue à faire contrepoids au discours officiel chinois, ici sur la gestion de la crise sanitaire à Wuhan

Nous sommes en janvier 2020, alors que le monde regarde avec circonspection ce qu’il se passe en Chine suite aux nouvelles alarmantes concernant la nouvelle forme de coronavirus qui ronge la ville hyper moderne de Wuhan, capitale de la province du Hubei, les autorités chinoises ferment totalement la ville et confine ses habitants. Pour savoir ce qu’il s’y passe réellement, Ai Weiwei demande, depuis son exil européen, à 12 habitant.es de Wuhan de filmer au cœur du cyclone, de donner une version intérieure, faite de chair et de sang, loin des images officielles aseptisées, de la situation, nous faisant entrer dans les hôpitaux dans le sillage des soignants, les parkings où se cachent ceux venus de la province construire l’immense hôpital et qui ne peuvent plus rentrer chez eux, les appartements confinés, les livreurs de colis et bien de première nécessité, les familles endeuillées. Ai Weiwei a reçu 500 heures d’image tournées pendant le confinement, du 23 janvier au 8 avril 2020,  à partir desquelles il a monté un film d’une heure cinquante qui donne un visage et une parole à une population balayée par la raison d’État.
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Master Cheng, de Mika Kaurismäki : dégustation d’un won sino-lapon fait de respect mutuel, de bienveillance, le tout enrobé de paysages à la beauté picturale

[EDIT: Suite aux mesures sanitaires de chaque cantons, le film sort dans les cantons romands où les lieux culturels ne sont pas impactés par les mesures, il sortira sur les autres écran romands lorsque les mesures seront levées., N.D.L.R.]

Voici les ingrédients que propose Master Cheng (Masteri Cheng), le dernier opus de Mika Kaurismäki : cuisine chinoise, paysages de Laponie, rencontre de deux cultures différentes, amitié, amour.

Après la mort de sa femme, le chef professionnel Cheng (Chu Pak Hong) quitte la trépidante Shanghai pour se rendre à Pohjanjoki, un minuscule village du Nord de la Finlande, à la recherche d’un certain Fongtron. Ce quadragénaire débarque donc avec son jeune fils, Nunjo (Lucas Hsuan), dans ce village isolé de Finlande pour rencontrer ce vieil ami finlandais qu’il a rencontré à Shanghai et qui lui a sauvé la mise dans le passé. À son arrivée, personne dans le village ne semble connaître son ami mais la propriétaire du café local Sirkka (Anna-Maija Tuokko) lui propose un hébergement et, en contrepartie, Cheng l’aide dans la cuisine en surprenant les habitants avec les saveurs exotiques de la cuisine chinoise qui ravissent les palais lapons.
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We Have Boots d’Evans Chan – L’actantiel du mouvement de protestation hongkongais de 2014 à aujourd’hui

We Have Boots reprend la structure narrative et le parti pris cinématographique de Raise the Umbrellas (2016) qui documente avec précision le mouvement de 79 jours qui avait fait trembler le gouvernorat d’Hong Kong en 2014 tout en contextualisant  le soulèvement. Nous avions rencontré le cinéaste Hongkongais en 2018 pour ce film.

Tout en revenant sur le mouvement des  parapluies de 2014 pour le suffrage universel, We Have Boots se concentre sur l’ère post-parapluie et des conséquences que ce mouvement ont eues sur la population, sur les manifestants et sur leurs chefs de file qui ont subi des poursuites judiciaires en emprisonnement, des disqualifications politiques, ainsi que  sur la résurgence des protestations massives de 2019.
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Mostra 2020: Mama (Ma ma he qui Tian de shi Jian) de Li Dongwei présenté aux Giornate degli Autori

Mama raconte ce qui se passe pendant sept jours dans un village en Chine rurale dans les années 1990. Il représente la mémoire de Xiaoxian, une fille de douze ans, sa famille et son village. En sept jours, elle témoin de deux naissances et de trois décès dont la mort de sa propre mère qui meurt en donnant naissance à sa quatrième sœur.

Le film de Li Dongwei s’ouvre sur un plan qui dévoile la campagne luxuriante et verdoyante. Le chant des cigales domine le paysage et on distingue, au loin, une fillette vêtue de blanc, se frayant un chemin dans les hautes herbes. On perçoit le bourdonnement d’insectes et le sifflement de quelques oiseaux : c’est l’été à la campagne.
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Berlin Babylon-Mitte 19.-24.02. Censored: Ai Weiwei’s Films – Le 16.02. Pré-ouverture : Ai Weiwei live

Ai Weiwei passe en ce moment beaucoup de temps  à déclarer à la presse internationale tout le mal dont il pense de l’Allemagne et Berlin – qui l’ont toujours soutenu et accueilli. Pêle-mêle, il reproche à l’Allemagne son hypocrisie concernant la situation des droits humains en Chine et à Hong-Kong, la lune de miel commerciale entre la Chine et l’Allemagne, la censure dont il serait victime à la Berlinale où aucun de ses films n’a jamais été sélectionné car selon lui depuis qu’il s’est emparé du sujet des migrants, cela dérange les instances allemandes et, pour couronner le tout, que la presse allemande ait totalement ignoré le fait qu’il a mener un procès contre Volkswagen pour violation de la propriété intellectuelle et droits moraux et qu’il a gagné.
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Le cinéma Babylon présente une sorte de festival Ai Weiwei montrant tous ses films (52) tournés entre 2003 et 2019, allant de 3 minutes à 7 heures, en version originale sous-titrés anglais.
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Mostra 2019 :  Lan xin da ju yuan (Saturday Fiction) de  Lou Ye, avec Gong Li, plonge le public dans les tumultes de l’occupation nippone en Chine en 1941

Lan xin da ju yuan (Saturday Fiction) retrace un chapitre terrible de l’histoire chinoise sous occupation nippone, si brutale et sanguinaire qu’elle marque encore les esprits de nos jours.

Depuis l’occupation japonaise, la Chine est le théâtre d’une guerre du renseignement entre les Alliés et les puissances de l’Axe. La célèbre actrice Jean Yu (la tout aussi célèbre Gong Li) retourne à Shanghai, apparemment pour jouer dans Saturday Fiction, réalisé par son ancien amant. Mais quel est son but réel ? Libérer son ex-mari ? Voler des informations secrètes pour les forces alliées ? Travailler pour son père adoptif ? Ou échapper à la guerre ? Alors qu’elle s’embarque dans sa mission et qu’il devient de plus en plus difficile de distinguer les amis des agents secrets, alors que tout semble échapper à tout contrôle, Jean Yu commence à se demander si elle peut révéler ce qu’elle a découvert sur l’attaque imminente de Pearl Harbor.
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Berlinale 2019 – Compétition jour #8: Di Jiu Tian Chang (So Long, My Son) de Wang Xiaoshuai – Du grand cinéma !

Après le choc de l’annonce à la mi-festival que deux films chinois à la sélection de la Berlinale, dont celui de Zhang Yimou – One Second (Yi Miao Zhong) en compétition, ne pourraient pas être projetés pour cause « de problèmes techniques », c’est dire si le film de Wang Xiaoshuai était attendu! Enfin un peu redouté aussi, car il dure 180 minutes! Cette crainte concernant la durée s’est avérée totalement injustifiée – rarement dans cette compétition où mis à part le film de Denis Côté, Répertoire des villes disparues, qui dure 96 minutes, tous les films sélectionnés sont d’une longueur abusive, tant objectivement que de ressenti.
C’est que, celui qui est considéré comme un pionnier du cinéma indépendant chinois depuis les années nonante, nous entraîne sur trois décennies dans l’histoire de deux familles alliées, histoire qui s’imbrique et colle à celle du pays et de son développement.
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Raise the Umbrellas : une immersion intense dans le « mouvement des parapluies » de 2014 à Hong Kong

Ce documentaire du réalisateur hongkongais Evans Chan est remarquable dans son mécanisme à double structure consistant à documenter avec précision le mouvement de 79 jours qui a fait trembler le gouvernorat d’Hong Kong en 2014 et de contextualiser ce soulèvement pacifique et le replacer sur la ligne d’histoire de la région.

Levez les parapluies !
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Cannes 2017 – Lu Guo Wei Lai (Walking past the Future) : le dernier film de Li Ruijun brosse un portrait morose de la Chine contemporaine

Le cinquième long métrage de Li Ruijun, Lu Guo Wei Lai (Walking past the Future), est le seul film chinois de la sélection officielle de la section Un certain Regard , à Cannes, cette année.
Le film de Li Ruijun s’attache à suivre les tentatives désespérées d’une jeune femme d’aider financièrement ses parents en gagnant de l’argent comme cobaye pour de sociétés pharmaceutiques.
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Berlinale 2015 – Compétition jour #7: Peter Greenaway et Jiang Wen célèbrent le cinéma, Radu Jude explore l’histoire de la Roumanie

Après une semaine d’un festival ayant fait la part belle aux personnages féminins forts, les hommes crèvent enfin l’écran lors

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