Berlinale 2022 – Encounters : I Poli ke i Poli (The City and the City) fouille dans la mémoire défaillante de Thessalonique envers sa communauté juive

Thessalonique, seconde plus grande ville de Grèce, contient dans ses entrailles les reliques d’une histoire qu’elle a complètement enfouie, encoffrée sous de nouvelles strates de construction. Avec I Poli ke i Poli Christos Passalis et Syllas Tzoumerkas proposent de déterrer cette mémoire délibérément effacée. Qui arpente aujourd’hui les rues de Thessalonique, anciennement Salonique, ne saurait imaginer que la ville était autrefois surnommée la Jérusalem des Balkans ! Le campus de l’Université est construit sur l’ancien cimetière juif qui était, avant sa destruction par les nazis et leurs supplétifs grecs, l’un des plus anciens et grands d’Europe. (…)

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Berlinale 2022 – Forum : Mis dos voces (My Two Voices) de Lina Rodriguez ; l’expérience au féminin de la migration

Tourné en super 16 mm, Mis dos voces a le grain poétique de la réalité sublimée. Lina Rodriguez, originaire de Colombie et basée à Toronto, donne une voix au féminin à l’émigration d’Amérique latine vers celle du nord. Ana Garay Kostic, Claudia Montoya et Marinela Piedrahita, originaires de Colombie et du Mexique, installées au Canada, racontent à la cinéaste leur parcours migratoire, ce qui les a poussées sur ce chemin et ce qu’elles y ont trouvé, dans la difficulté comme dans les satisfactions. (…)

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Berlinale 2022 – Forum : Super Natural, premier long métrage de Jorge Jácome, invite à une expérience audiovisuelle particulière

Après avoir réalisé plusieurs courts métrages, le réalisateur portugais Jorge Jácome voit son premier long métrage, Super Natural, projeté dans la section Forum de la Berlinale, l’un des deux programmes parallèles organisés par Arsenal – Institute for Film and Video Art, pour la Berlinale. Entièrement tourné à Madère, Super Natural est le premier long métrage de Jorge Jácome, qui a écrit le scénario avec André E. Teodósio et José Maria Vieira Mendes. (…)

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Berlinale 2022 – Forum : Cette maison, premier long métrage de la Québécoise Myriam Charles, fait sa première mondiale dans la section Forum

Connue pour ses courts métrages, la réalisatrice québécoise d’orgiene haïtienne, Miryam Charles dévoile au public Cette maison, son premier long métrage, un film très personnel, qui rend hommage à sa cousine, décédée dans des circonstances tragiques en 2008.
Bridgeport, janvier 2008 : une adolescente est retrouvée pendue dans sa chambre. Alors que tout porte à croire au suicide, le rapport d’autopsie révèle tout autre chose. Dix ans plus tard, la réalisatrice et cousine de l’adolescente, Myriam Charles, se penche sur les causes passées et les conséquences futures de ce crime non élucidé. Sa mort écorche le présent, a changé le cours du passé, lui a ôté un avenir tout en imprégnant celui de ses proches, tout particulièrement de sa mère. (…)

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Berlinale 2022 Forum – La edad media (The Middle Ages): Cleo und die Pandemie – Eine Komödie in ungewöhnlichen Zeiten

Ein Haus in der Mitte einer Grossstadt. Eine Pandemie führt zum Lockdown. Das ganze Leben einer Familie spielt sich nur noch in den eigenen vier Wänden ab. Die Familie besteht aus dem Vater, dem Regisseur Alejo Moguillansky, seiner Frau, der Tänzerin Luciana Acuna und deren zehnjähriger Tochter Cleo. Cleo erzählt den Film aus ihrer Sicht und wird schnell zum Mittelpunkt. Als Sidekick fungiert der Windhundmischling Juana, der  wie ein mit Blicken kommentierender Beobachter immer wieder ins Bild kommt. (…)

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Berlinale 2022 –  Forum : Geographies of Solitude, de Jacquelyn Mills, invite à une incroyable aventure sur l’Ile de Sable, en Nouvelle-Écosse, aux côtés de la naturaliste et écologiste Zoe Lucas

Le premier long métrage de la documentariste canadienne Jacquelyn Mills, Geographies of Solitude, entraîne le public dans la rudesse de la nature de l’Ile de Sable, balayée par les vents. Les roulis de la mer, emplis d’écume, viennent mourir sur une plage de sable. Un envol d’oiseaux se distingue dans la nuit où scintillent de nombreuses étoiles et la lune, se dessinant toutes très distinctement dans le ciel obscur. Puis, la tête majestueuse d’un cheval voit sa crinière voleter dans la brise. (…)

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Berlinale 2021 – Forum : Une immersion dans la Nation Métis du Canada à travers la caméra de Rhayne Vermette pour son premier long métrage, Ste. Anne

Tourné en 16mm sur une période de 14 mois entre 2018 et 2020, Ste-Anne est un long métrage expérimental dans lequel les impressions l’emportent sur la compréhension directe. Rhayne Vermette ne nous raconte pas ici une histoire singulière, même si elle nous fait suivre des personnages identifiés, mais nous laisse entrevoir par le prisme de l’allégorie une histoire collective qui remonte à plusieurs générations, sur tout le territoire du Traité 1, cœur de la Nation Métis.
Alors qu’une soirée au coin du feu commence à se fondre dans la nuit, on apprend que Renée (interprétée par la réalisatrice) est de retour. Elle revient, après des années sans avoir donné de nouvelles, dans la maison familiale où son frère Modeste vit avec sa femme Elenore. Tous deux ont élevé la petite fille de Renée, Athena, comme si elle était leur propre enfant. Les retrouvailles sont empruntées, le retour de Renée trouble l’équilibre familial même si tout le monde est content de la revoir, particulièrement sa fille qui peut profiter de ses deux mamans, comme elle se les représente. Le changement ne s’opère pas qu’au sein de la famille au sens strict, mais également dans la petite communauté dans laquelle elle s’insère, et dans son sillage, un présage qui perturbe l’humus de cette vie ancrée dans cette terre et ce territoire. (…)

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Berlinale 2021 – une édition en deux mouvements : du 1er au 5 mars pour l’industrie et la presse ; du du 9 au 20 juin pour le public

Pari très osé pour le Festival international du film de Berlin qui traditionnellement ouvre la saison des 3 plus grands festivals internationaux : ne pas laisser le champ libre à Cannes qui a reporté son édition de mai à juillet et à Venise tout en ne perdant pas son âme en devenant un festival en ligne.  
Mariette Rissenbeek, directrice exécutive du festival, aux côtés de Carlo Chatrian, directeur artistique, à la conférence de presse:
« L’annulation de la Berlinale n’était pas une option pour nous.»
Englués comme tout le monde dans cette pandémie dont on ne voit pas le bout, les responsables ont monté une édition basée sur ses deux piliers : offrir une plateforme incontournable pour les professionnels du cinéma (11’000  accrédités à l’European Film Market, 3500 accrédités presse, 18’556 accrédités professionnels) et être un rendez-vous unique pour le public qui assiste chaque année en nombre aux projections avec 487’504 spectateurs et 331’637 billets vendus (chiffres Berlinale 2019). Ce rendez-vous  exclusivement public du mois de juin est une gageure au regard des pronostics sur l’évolution de la pandémie, mais s’il a lieu, donnera l’occasion de fêter en grandes pompes le retour du cinéma dans la vie culturelle empêchée par le coronavirus et les mesures sanitaires qui découlent de la crise qu’il a déclenché il y a une année – ironie de l’histoire, la Berlinale 2020 venait de se terminer quand les pays ont commencé à se fermer les uns après les autres. Le Summer Special aura lieu dans les cinémas berlinois ainsi que les nombreux cinémas en plein air qui ouvrent d’ordinaire dès le mois de mai ; pour découvrir une grande partie de la sélection des films 2021, en présence des cinéastes, ainsi que tous les films primés.
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Berlinale 2020 – Forum : Le réalisateur israélien Ra’anan Alexandrowicz convie les spectateur à une expérience fascinante d’observant-observé dans The Viewing Booth  – Entretien

Ra’anan Alexandrowicz est tombé un jour sur une correspondance entre Virginia Woolf et un avocat londonien qui lui demandait : « Comment, selon vous, empêcher la guerre ? » Dans sa réponse, Woolf suggérait qu’ils abordent d’abord son utilisation du mot « nous » par une petite expérience de réflexion. Que se passerait-il, lui demanda-t-elle, s’ils observaient tous deux les images de guerre qui étaient publiées chaque semaine ? « Voyons, écrit-elle, si en regardant les mêmes photos, nous ressentirons les mêmes choses. » Cette petite phrase a été le point de départ du projet du cinéaste israélien. Pendant plusieurs années, il a cherché une voie cinématographique permettant de questionner la fonction des images de non-fiction, notamment en ce qui concerne leur rôle dans la défense des droits humains et de la justice sociale. Il a fini par se dire que pour comprendre les images, il devait cesser de les regarder et commencer à tourner sa caméra vers les spectateurs. Le résultat est The Viewing Booth, qui veut dire la cabine de visionnage.
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Berlinale 2020 : La chasse à l’Ours d’or est ouverte du 20 février au 1er mars !

Quelle drôle d’idée d’avoir choisi l’année anniversaire des 70 ans du Festival international du film de Berlin pour en changer sa direction. Certes son directeur Dieter Kosslick, après avoir renforcé le festival dans sa place du top 3 des plus grands festivals du monde et lui avoir un donné un profil très engagé dans la société, avait fait son temps. Mais cette année jubilé semble être celle de tous les dangers, une sensation funambulesque flotte sur la Potsdamer Platz : la Berlinale va-t-elle trouver un nouveau souffle et se relancer dans l’espace des festivals qui à la fois représente l’état du cinéma actuel et se projette dans l’avenir de l’industrie du 7e art, ou va-t-elle continuer lentement sa chute et laisser sa place à des festivals outre-Atlantique installés dans le même créneau calendaire qui la cannibalise depuis plusieurs années déjà ? 
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