Selin Kavak : une comédienne met son art au profit de migrants pour les aider à surmonter les traumatismes traversés [audio auf Deutsch]

Pétillante, spontanée, enjouée et à la silhouette filiforme et élancée : ainsi apparaît Selin Kavak, jeune comédienne turque, née en 1986 à Ankara et qui vit depuis neuf ans à Berlin.

— Selin Kavak
© Franz Grünewald

Un parcours insolite et audacieux : alors qu’elle apprend l’allemand au lycée en Turquie, sa professeur lui dit qu’elle ne doit se mettre aucune limites à ses rêves les plus fous et qu’elle doit envisager de partir vivre en Allemagne pour améliorer sa connaissance de la langue de Goethe. Selin Kavak a réalisé ce rêve il y a neuf ans.

Selin Kavak multiplie les talents : d’abord musicaux – guitare, darbuka (percussion turque); la chorégraphie – la danse du ventre, la danse moderne, la danse jazz, la salsa et la bachata, une expression de son esprit ouvert à l’altérité et curieux de découvrir des horizons nouveaux.
Son allure gracile et délicate est entretenue par sa pratique assidue de sports multiples : le yoga, la pratique du Pilates, la natation, la boxe, le kickboxing et de l’acrobatie. Sa curiosité constante l’amène à parler plusieurs langues : en sus de sa langue maternelle, le turc, l’allemand, l’anglais et s’est mise récemment à  l’arabe.
Après un Bachelor of Arts, Théâtre et Dramaturgie, à l’Université d’Istanbul, Selin Kavak poursuit sa formation avec un Diplôme d’artiste intérimaire, auprès de l’Alanus University of Arts and Social Sciences, à Bonn puis une filière Theatre Studies (Programme Erasmus), à l’Université Libre de Berlin. Selin Kavak travaille aussi bien au théâtre comme au cinéma et à la télévision.

Évoluant dans un milieu artistique et alternatif, Selin Kavak est très attentive et sensibilisée par la situation des migrants tant dans son pays d’origine, pris d’assaut par les flots de migrants qui s’amassent en Turquie, bloqués par les fils de fer barbelés et les miradors aux frontières de l’Europe mais aussi par la situation des communautés émigrées en Allemagne. Selin Kavak a choisi de mettre son art et ses multiples talents au profit des migrants, en animant des ateliers, en particulier à l’attention d’adolescents … Des adolescents qui ont parcouru des milliers de kilomètres seuls, à une quinzaine d’années, des adolescents « oncles responsable de leur neveu d’une dizaine d’années. » Des situations dramatiques et des traumatismes terribles tus par ces jeunes migrants à cause des séismes vécus et de la barrière de la langue :  Selin Kavak a choisi de les aider à exprimer, à travers l’art – la musique et la sculpture, par exemple – leur douleur, leur souffrance, leurs blessures. Rencontre en allemand:


propos recueillis par Firouz E. Pillet

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Firouz Pillet

Journaliste RP / Journalist (basée à Genève)

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