En même temps, de Benoit Delépine et Gustave Kervern, marque le retour du duo de dézingueurs qui mettent, avec brio et par analogie, leur grain de sel dans la course des candidats aux élections présidentielles

À la veille d’un vote pour entériner la construction d’un parc de loisirs à la place d’une forêt primaire, un maire de droite décomplexée (Jonathan Cohen) essaie de corrompre son confrère écologiste (Vincent Macaigne) en lui donnant rendez-vous, officiellement pour une rencontre, pour ensuite l’entraîner dans un bar à hôtesses. Mais les deux rivaux se font piéger par une jeune femme, Sandra (India Hair), qui appartient à un groupe de jeunes activistes féministes qui réussit à les coller ensemble, coller au sens propre du terme. Cette cocasse et fâcheuse position les entraîne ensemble, malgré leurs divergences politiques, dans une folle nuit qui unit les deux hommes contre leur gré. Cette nuit promet d’être longue…

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Berlinale 2022 – Compétition : L’œuvre de géométrie cinématographique d’Ursula Meier se poursuit avec La Ligne

Comme pour Home ou L’Enfant d’en haut (Ours d’argent – mention spéciale du jury à la Berlinale 2012), l’histoire qui débute dans La Ligne n’a rien d’extraordinaire, si ce n’est ce petit élément déclenchant qui pousse la normalité juste ce qu’il faut dans la direction de la marge pour accrocher notre attention. Le génie d’Ursula Meier est dans l’approche de son objet cinématographique, son écriture qui sublime les univers et les situations a priori banales. Mine de rien, au fil du temps, le public passe d’un poste d’observation face à l’écran à une position d’inflitré.e dans l’histoire narrée. Par quel moyen ?, on ne le sait pas vraiment ! La réalisatrice parvient par petites touches effleurées à provoquer de grandes émotions liées à l’intime, à la familiarité des configurations, sans jamais essayer de forcer le sentiment, de surexpliquer les intentions. Nous adhérons à sa proposition un peu malgré nous, soudainement on réalise que l’on se trouve en plein dedans, au milieu de ses personnages, à les regarder évoluer autour de nous. Ursula Meier est tout simplement une magicienne ! (…)

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Présenté hors compétition à la Mostra de Venise 2020, Mandibules, la nouvelle comédie déjantée de Quentin Dupieux, invite les spectateurs à suivre deux compères dans leurs aventures rocambolesques

(…)Dès ses premiers longs métrages, il répond à l’interrogation d’Alphonse de Lamartine : « Objets inanimés, avez-vous donc une âme … ? »

Chez Quentin Dupieux, les objets ont, en effet, une âme, parfois effrayante , souvent inquiétante : les rites codifiés d’une bande de jeunes dans Steak (2007), le pneu psychédélique dans Rubber (Semaine de la Critique cannoise 2010), Wrong (compétition World Cinema Dramatic au Festival de Sundance 2012), Wrong Cops (Piazza Grande au Festival de Locarno en 2013), Réalité (Orizzonti à la Mostra de Venise en 2014), Au poste ! (Prix du meilleur scénario à Sitges en 2018) et Le Daim (ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs cannoise 2019).
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