La disparition de Jean-Claude Carrière ! Un conteur de génie s’en est allé

Vivre pour écrire

Il a habité une jolie maison blanche aux abords de Montmartre. C’est là où je l’ai connu il y a 30 ans, quand il a accepté ma demande d’interview. J’ai passé deux heures inoubliables, en écoutant un vrai magicien des mots!
Jean-Claude Carrière est mort le 8 février dernier, dans son sommeil. Il n’était pas malade et n’a pas souffert. Connu dans le monde entier, il se considérait comme un paysan de l’Hérault ou il naquit le 17 septembre 1931. L’homme aux 80 livres, pièces de théâtre, romans, essais a aussi écrit des dictionnaires et livres d’histoire, une discipline qu’il a étudié à l’université. Il a adapté à la scène le magnifique Mahabharata, réalisé par Peter Brook, long de 9 heures. Mais les scénarios ont été son sujet préféré; soixante chefs-d’œuvre, réalisés par les plus grands cinéastes : Jacques Tati, Luis Bunuel, Andrzej Wajda, Jean-Luc Godard, Milos Forman, entre autres.
Le scénariste développa de très célèbres collaborations, d’abord avec Pierre Etaix durant huit ans, puis Bunuel, avec qui il a travaillé presque deux décennies. Ensemble ils ont élaboré des films cultes : Journal d’Une Femme de Chambre, Le Charme Discret de la Bourgeoisie ou Belle du Jour.
Jean-Claude Carrière aimait travailler avec des acteurs connus mais talentueux : Romy Schneider, Alain Delon, Gérard Depardieu, Daniel Day Lewis, Nicole Kidman, Natalie Portman…
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Berlinale 2020 – compétition : Le sel des larmes de Philippe Garrel ne nous laisse que les yeux pour pleurer

Philippe Garrel, dont c’est ici la première fois en compétition au festival de Berlin (quatre de ses films ont toutefois été présentés dans la section Forum), propose un film qui n’a de larmes que celles de mauvais pressentiment que le spectateur verse dès les premières secondes, puis de désespoir que la prémonition se soit avérée juste, puis de rage de voir que le pire est toujours à venir sur cet écran, puis d’ennui qui confine à la torture psychologique, avant de le faire carrément pleurer de rire, tant le ridicule des situations le dispute à l’auto-parodie des dialogues indigents. En ce sens, on peut dire qu’il y a une montée en puissance, ce qui d’ordinaire est signe de vitalité d’une œuvre, dans le film qui permet aux vaillants spectateurs restés de tenir jusqu’au générique. Quant au sel, probablement métaphore de la douleur exacerbée lorsqu’il est en contact avec une plaie, on le cherche encore…
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