Divine Comedy (Komedie Elahi) d’Ali Asgari – Résister dans la matrice iranienne. Rencontre
Le cinéma iranien nous a habitué·es à l’absurde et au dépouillement. Avec Divine Comedy, Ali Asgari bascule dans un surréalisme bureaucratique qui confine au vertige. À l’instar de son précédent film coréalisé avec Alireza Khatami – Chroniques de Téhéran –, le cinéaste signe une œuvre qui dépasse le simple réquisitoire contre la censure pour livrer une autopsie grinçante des mécanismes d’étouffement.
Asgari dépeint les réalités contradictoires de son pays, entre arbitraire administratif et instrumentalisation de la morale. En plaçant au centre du récit Bahram Ark – véritable réalisateur issu de la minorité azérie jouant son propre rôle, dont les films n’ont jamais franchi les frontières de la distribution officielle –, il brouille constamment les frontières entre fiction et réel. L’enjeu n’est alors plus uniquement esthétique, mais existentiel. (…)