Les amours d’Anaïs, premier long métrage de Charline Bourgeois-Tacquet, propose une bluette estivale au rythme enlevé

Anaïs (Anaïs Demoustier), fougueuse et extrême, a trente ans et manque constamment d’argent, mais ce qui définit Anaïs est surtout une grande instabilité sentimentale. Elle a un amoureux qu’elle n’est plus sûre d’aimer : d’ailleurs, elle découvre qu’elle en est enceinte mais décide, sans le consulter, d’avorter. Malgré son indécision, Anaïs séduit toutes les personnes qui croisent son chemin, y compris sa logeuse qui ne sait plus comment faire pour obtenir les loyers en retard. Jolie, au regard malicieux, emplie de charme et surtout très chanceuse, Anaïs se sort de toutes les situations. Elle rencontre Daniel (Denis Podalydès), à qui tout de suite elle plaît. Mais Daniel vit avec Emilie (Valeria Bruni Tedeschi) … qui plaît aussi à Anaïs.
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Présidents, d’Anne Fontaine, propose une fable contemporaine avec des personnages troublants de véracité

Nicolas (Jean Dujardin), un ancien Président de la République, vit avec Carla (Dora Tillier), une chanteuse d’opéra et le minuscule chien qu’elle lui a offert. Confessant à son coach et thérapeute (Denis Podalydès) ses nouvelles passions – passer l’aspirateur dans son appartement du 16e arrondissement et promener son nouveau compagnon à quatre pattes – il affiche avec véhémence son enthousiasme pour ces activités mais cache difficilement son état dépressif. En effet, Nicolas supporte mal ne plus être une figure de la vie politique, et surtout de ne plus être à l’Élysée. Devant un panel de candidats aux prochaines élections présidentielles, Nicolas saisit l’échéance des dépôts de candidatures et voit dans les circonstances politiques actuelles une opportunité qui lui permet d’espérer un retour sur le devant de la scène. Mais pour ce faire, il lui faut un allié de renom : son ancien adversaire et successeur, François. Prétextant auprès de sa cantatrice de compagne de passer quelques jours au vert pour soigner leur petit chien soudainement pantelant, Nicolas part donc en Corrèze, pour convaincre François (Grégory Gadebois), un autre ancien Président de la République, retiré à la campagne, de faire équipe avec lui. Quand Nicolas rencontre François, ce dernier feint d’être passé à autre chose et de couler une retraite paisible et heureuse entre ses ruches, ses promenades à vélo, ses siestes quotidiennes et les récits de vélage faits par sa femme, Valérie (Pascale Arbillot), une vétérinaire très appréciée par les paysans de la région pour son humanité et sa disponibilité. Mais, devant l’insistance et les arguments de Nicolas qui lui propose d’allier leurs forces et de fonder un parti improbable – La France pour tous – pour remporter les prochaines présidentielles, et malgré leurs convictions politiques de tendances opposées, François se pique au jeu tandis que Nicolas découvre que le bonheur n’est peut-être pas là où il croyait mais peut-être bien dans le pré
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Les deux Alfred, de Bruno Podalydès, croque avec justesse les dérives d’une société de plus en plus déshumanisée

Bruno Podalydès revient sur les écrans avec un comédie à la fois drôle mais aussi subtilement critique sur les dérives de notre société contemporaine ultra-connectée et de plus en plus déshumanisée. Le titre Les deux Alfred fait référence aux deux inséparables singes en peluche des enfants du protagoniste et qui servent de fil conducteur à cette satire du monde du travail et de la société hyper-connectée. Depuis son premier film Versailles Rive-Gauche (1992), un moyen métrage très remarqué qui a remporte le Prix du Public et une mention du Jury au Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand, Bruno Podalydès enchante les spectatrices et les spectateurs avec ses films au ton savoureux, décalé et cocasse. Voilà bientôt trois décennies que son cinéma d’auteur a fidélisé son public qu’il avait amusé en 2018 avec Bécassine, hymne à la bonté et au bon sens populaire à travers la figure de la fille de ferme, issue de l’imagination de l’illustrateur Joseph Pinchin.
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Berlinale 2020 – Compétition : Effacer l’historique de Benoît Delépine et Gustave Kervern, un moment de cinéma hilarant sur un sujet contemporain sépulcral !

La restitution d’un réel décalé, c’est la marque de fabrique des deux compères grolandais que sont Delépine et Kervern. Ici, leur art atteint des sommets de justesse, d’acuité et d’humour caustique. L’autre particularité du duo de réalisateurs est sa bienveillance envers leurs personnages, souvent en rupture ou en dissonance avec le monde dans lequel ils vivent : jamais ils ne rient d’eux, et nous non plus, car nous rions en fait de compte tous en cœur et de bon cœur de nous-mêmes qui nous retrouvons à un moment ou un autre dans un ou plusieurs de leurs protagonistes, les situations auxquelles ils sont confrontés nous étant également familières.
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Mostra 2019 : Le «J’accuse» de Roman Polanski crée des vagues de polémiques puis des crépitements d’applaudissements nourris

Alfred Dreyfus, capitaine, riche et, avant tout, juif, fut donc reconnu coupable alors que les preuves à charge étaient rares et contradictoires. La vague d’antisémitisme qui a suivi la France, à l’époque comme aujourd’hui, a été décisive pour le choix du bouc émissaire. Il a fallu des années pour qu’il soit acquitté d’accusations diffamatoires. Son crime ? Etre juif !

Georges Picquart (Jean Dujardin), l’un des témoins de son humiliation, a été promu à la tête de l’unité de contre-espionnage qui l’accusait. Mais lorsque Picquart découvre que les informations confidentielles continuent à être transmises aux Allemands, il est plongé dans un dangereux labyrinthe de tromperies et de corruption qui menace non seulement son honneur, mais sa vie même.
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