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Auteur : Malik Berkati

Cinéma / KinoCulture / Kultur

La Cache de Lionel Baier – Entre fiction et mémoire, une exploration intime. Rencontre

Présentée en compétition à la Berlinale 2025, la comédie de Lionel Baier, très librement basée sur le roman biographique éponyme de Christophe Boltanski (Prix Femina 2025), sort sur les écrans romands ce mercredi.
Christophe, 9 ans, vit les événements de Mai 68 caché chez ses grands-parents (Dominique Reymond et Michel Blanc), dans l’appartement familial à Paris, entouré de ses oncles et de son arrière-grand-mère (Liliane Rovère), surnommée Arrière-pays en raison de ses origines odessites. Cette famille juive d’intellectuel∙les hauts en couleur fonctionne de manière grégaire, tout en laissant à chacun∙e l’espace pour exprimer sa forte personnalité. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Hanami de Denise Fernandes – L’île, la migration et la filiation. Rencontre

Présenté dans la section Cineasti del Presente du Festival de Locarno 2024, Hanami a remporté le Best Emerging Director Award (Concours Cinéastes d’aujourd’hui – Prix du meilleur réalisateur ou de la meilleure réalisatrice émergent·e). Le film est à l’affiche dans les salles romandes depuis ce mercredi.
Si la charismatique chanteuse Cesária Évora a inscrit le Cap-Vert sur la carte culturelle mondiale, cet archipel volcanique atlantique reste très peu représenté au cinéma. On peut citer Àma Gloria (2023), mais ce film a été réalisé par la cinéaste française Marie Amachoukeli. Denise Fernandes, née au Portugal de parents capverdiens, a grandi à Locarno avant d’étudier le cinéma à Cuba. Avec ce premier long-métrage, elle propose une vision de son pays d’origine ancrée dans le réel, mais traversée de symbolisme. La cinéaste explore le réalisme magique avec une grande finesse, que ce soit dans la construction narrative, les ellipses temporelles, le langage visuel ou encore le jeu des acteur·rices, principalement non-professionnel·les, porté par un naturalisme saisissant. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

FIFDH 2025 – Les Filles du Nil (Rafaat einy ll sama) de Nada Riyadh et Ayman El Amir : Une exploration saisissante de la liberté de jeunes femmes coptes d’Égypte – Rencontre

Œil d’Or du meilleur long métrage documentaire au Festival de Cannes 2024, Les Filles du Nil de Nada Riyadh et Ayman El Amir a également remporté le Grand Prix de Genève du Festival du film et forum international sur les droits humains 2025.
Lorsqu’il est question de l’Égypte, que ce soit sur le plan médiatique, social, politique ou cinématographique, Le Caire et Alexandrie occupent le devant de la scène. En revanche, la Haute-Égypte demeure bien souvent réduite à la splendeur de ses sites archéologiques emblématiques – Louxor, Karnak, la Vallée des Rois, la Vallée des Reines, entre autres. Pourtant, si cette région est le berceau de la civilisation pharaonique, elle joue également un rôle central dans l’histoire et la culture coptes. Bien que les chrétiens d’Égypte, représentant environ 10 % de la population, soient présents sur l’ensemble du territoire, la Haute-Égypte abrite de nombreuses communautés ainsi que des monastères et des lieux de pèlerinage majeurs. (…)

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Cinéma / KinoCulture / KulturForum citoyen / Bürgerforum

FIFDH 2025 : Festival du film et forum international sur les droits humains du 7 au 16 mars 2025 – Entre colère et tendresse

Depuis 23 ans, Genève devient en mars l’épicentre d’un événement qui allie cinéma et droits humains, offrant une réflexion approfondie sur les défis politiques, sociaux et humanitaires de notre époque. Avec pour thème central la nécessité de repenser nos systèmes politiques et de renforcer le lien social face à la montée des extrêmes, le festival met en lumière le pouvoir du cinéma à transformer les récits dominants et à imaginer de nouveaux futurs dans un espace de dialogue et de réflexion. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Mickey 17 de Bong Joon Ho – Un film de divertissement qui ne manque pas de sel critique et satirique politico-sociétal

Les cinéastes non-étasunien·nes, alpagué·es par des studios américains (cela vaut également pour les cinéastes non-européen·nes – qu’ils·elles viennent d’Iran, du Japon – ou pour les cinéastes européen·nes attiré·es par les lumières outre-Atlantique), ont tendance à perdre leur talent et/ou leur âme lorsqu’ils·elles sortent de leur univers, qu’il soit imaginaire, culturel ou lié à leur direction d’acteur·trice. Les exemples sont nombreux et parfois cruels pour les concerné·es. Inutile d’y revenir, laissons-les simplement retrouver la maison de leur cinéma.
Il existe toutefois des exceptions à ce phénomène, et Bong Joon Ho en fait partie. Le cinéaste coréen (Parasite, Palme d’or à Cannes en 2019 et Oscar du meilleur film en 2020) met à profit la puissance financière de Hollywood pour poursuivre son œuvre critique du système de classes, des structures de pouvoir oppressives et du cynisme corporatiste – qu’il soit politique ou économique –, qui broie les individus en les transformant en ressources matérielles. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

When the Light Breaks de Rúnar Rúnarsson : Amour caché – deuil impossible. Rencontre avec le réalisateur islandais

Dans une première scène paisible, deux jeunes amants, Una et Diddi (Baldur Einarrsson), se retrouvent sur une plage. Le soleil couchant les enveloppe d’une lumière diffuse et chaude tandis qu’ils envisagent leur avenir.
Le réalisateur islandais Rúnar Rúnarsson nous plonge dans les vingt-quatre heures les plus éprouvantes de la vie d’Una, une jeune étudiante en art incarnée par Elín Hall, qui joue avec une sobriété et une intériorité remarquables. Une tragédie inattendue vient briser le cours de son existence. Diddi devait prendre l’avion pour retrouver Klara, son amie officielle, afin de lui annoncer en personne qu’il était amoureux d’Una. Son vol étant annulé, il décide de prendre la voiture pour régler au plus vite cette situation. Mais une explosion dans un tunnel routier, causant plusieurs mort∙es, bouleverse toute l’Islande ainsi que la petite communauté d’ami∙es de Diddi. (…)

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Berlinale 2025Cinéma / KinoCulture / Kultur

Berlinale 2025 – Un Ours d’or à l’image de la compétition : passable mais oubliable. Drømmer (Dreams) de Dag Johan Haugerud

(…) L’Ours d’or a récompensé un bon petit film, appartenant à un genre très prisé du public et des cinéastes, si l’on en juge par le nombre croissant de productions qui s’en réclament ces dernières années : le film d’apprentissage, ou coming-of-age. Il s’agit de Drømmer (Dreams), troisième volet de la trilogie d’Oslo – après Sex, présenté à la Berlinale 2024, et Love, dévoilé à la Mostra de Venise 2024 – du cinéaste norvégien Dag Johan Haugerud. À son actif, une distribution remarquable d’actrices incarnant avec justesse les contradictions et les évolutions de leurs personnages. (…)

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Berlinale 2025Cinéma / KinoCulture / Kultur

Berlinale 2025 – Panorama : Sorda (Deaf) de Eva Libertad – Une exploration intime de la surdité, de l’invisible à la confrontation des mondes. Rencontre

Vivre avec un handicap visible ne facilite pas la navigation dans le monde des personnes valides, mais permet d’être reconnu·e dans sa différence. En revanche, un handicap invisible engendre une double difficulté au quotidien : l’incompréhension face à certains comportements ou réactions. La surdité fait partie de ces différences invisibles qui impactent profondément le quotidien de celles et ceux qui en sont concerné·es. (…)

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Berlinale 2025Cinéma / KinoCulture / Kultur

Berlinale 2025 – Compétition : El mensaje (The Message) d’Iván Fund – Un film-poème, ode à la tendresse

À mille lieues des films d’apprentissage codifiés, où chaque étape balise le parcours du personnage en devenir, le cinéaste argentin Iván Fund nous entraîne dans un road movie qui conjugue des éléments artistiques oxymoriques : la poésie, l’expressionnisme et le naturalisme. (…)

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Berlinale 2025Cinéma / KinoCulture / Kultur

Berlinale 2025 – Panorama : Die Möllner Briefe de Martina Priessner – Quand la cruauté institutionnelle rivalise avec le crime raciste ! Rencontre

Il y a les crimes, et parfois, il y a les indignités qui les suivent. C’est cette indignité que met en lumière le documentaire de Martina Priessner en suivant Ibrahim Arslan dans sa quête de réparation émotionnelle.
En novembre 1992, deux incendies criminels racistes frappent Mölln, dans le Land de Schleswig-Holstein, au nord de l’Allemagne. Les attaques, visant des habitations de familles d’origine turque, font neuf blessé·es graves et coûtent la vie à trois membres d’une même famille : Bahide Arslan, 51 ans, sa petite-fille Yeliz Arslan, 10 ans, et Ayşe Yılmaz, sa nièce de 14 ans. Depuis, la famille entière vit sous l’ombre de cette tragédie, marquée par un syndrome post-traumatique collectif. (…)

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