Cannes 2019 : «Dolor y gloria », de Pedro Almodóvar, effeuille les souvenirs du cinéaste par le truchement de son alter ego

Le dernier film d’Almodóvar dresse le portrait émouvant d’un artiste à travers ses souvenirs de son idée de la création artistique, de la maladie, de l’amour à partir de fragments de sa vie.Une série de retrouvailles après plusieurs décennies, certaines en chair et en os, d’autres par le souvenir, dans la vie d’un réalisateur en souffrance. Premières amours, les suivantes, la mère, la mort, des acteurs avec qui il a travaillé, les années 60, les années 80 et le présent. L’impossibilité de séparer création et vie privée. Et le vide, l’insondable vide face à l’incapacité de continuer à tourner.
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Cannes 2019 : Ken Loach dénonce l’ubérisation des travailleurs des classes défavorisées dans Sorry We Missed You, présenté en compétition

Ricky (Kris Hitchen) et Abby  (Debbie Honeywood) vivent avec leurs deux enfants, Sebastian (Rhys Stone) et Liza Jane (Katie Porctor) à Newcastle. Leur famille est soudée et les parents travaillent dur. Alors qu’Abby travaille comme aide-soignante, avec compassion et dévouement, auprès des personnes âgées à domicile, Ricky enchaîne les  petits boulots mal payés ; le couple réalise que jamais ils ne pourront devenir indépendants ni propriétaires de leur maison. C’est maintenant ou jamais qu’ils doivent prendre une cruciale décision! Une réelle opportunité semble se présenter pour le père de famille que l’on entend, en voix off, dans la séquence d’ouverture avant de découvrir son visage : il est en entretien d’embauche auprès du patron d’une immense entreprise de livraisons de colis.
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Cannes 2019 : Atlantique de Mati Diop, film africain en compétition, parle de mariages arrangés, d’exploitation et d’émigration

Présenté en compétition au Festival de Cannes 2019, le film de Mati Diop semblait très attendu : quand l’équipe du film a commencé sa montée des marches, vêtus en boubous traditionnels, la foule d’admirateurs venus les accueillir les a acclamé en les sollicitant pour des selfies. Idem à leur arrivée dans l’immense salle du Théâtre Lumière pour la projection officielle du film  parlé en wolof.Dans une banlieue populaire de Dakar, les ouvriers du chantier d’une tour futuriste, sans salaire depuis des mois, décident d’entrer par effraction dans la demeure opulente de Monsieur N’Diaye qui finance la construction d’une tour. Mais la corruption gangrène l’Afrique et l’inspecteur qui dirige le poste de police du quartier choisit de condamner les femmes qui se sont introduites chez leur employeur pour être payées plutôt que de régler le problème des salaires impayées.
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Cannes 2019 : Le premier film brésilien en compétition, Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles,  brosse le portrait inquiétant d’une zone pauvre et oubliée du Brésil, une région en proie à une menace meurtrière mais invisible

Trois ans après son célèbre Aquarius, film qui a remporté le suffrage des spectateurs, le réalisateur Kleber Mendonça Filho revient à Cannes avec Bacurau, déterminé à oxygéner le cinéma brésilien, qui traverse une période agitée et incertaine,  à l’instar de la société brésilienne,  sous le gouvernement de Jair Bolsonaro.Nous avons deux sentiments en parallèle: d’un côté la satisfaction personnelle et artistique, et de l’autre un sentiment de pitié, car le cinéma brésilien était sur une courbe ascendante et fait face à une crise
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Cannes 2019 : la 72ème édition du festival s’ouvre avec la comédie horrifique et les zombies de Jim Jarmusch – The Dead Don’t Die

The Dead Don’t Die (Les morts ne meurent pas) , de Jim Jarmusch entraîne les spectateurs dans la sereine petite ville de Centerville où le panneau d’accueil à l’entrée de la ville annonce : « Centerville : the nice place to be ! » A Centerville,  il y a un commissariat qui sert aussi de morgue, un diner aux rideaux fermés, une route qui traverse la petite ville sans centre névralgique: Tout semble paisible et sans histoire dans cette localité perdue au milieu de nulle part … Pourtant, quelque chose cloche : la lune est omniprésente dans le ciel, la lumière du jour se manifeste à des horaires imprévisibles et nocturnes, les animaux commencent à avoir des comportements inhabituels et finissent par disparaître. Personne ne sait vraiment pourquoi.
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God Exists, Her Name is Petrunya (Gospod postoi, imeto i’ e Petrunija)

Ce petit bijou venu de Macédoine en compétition à Berlin et reparti de manière tout à fait scandaleuse bredouille du festival arrive enfin sur nos écrans. Il n’y a pas plus de justice dans le monde du cinéma que dans le monde réel, mais parfois des rééquilibrages bienvenus : alors que Juliette Binoche et son jury n’ont pas su reconnaître une once de qualité à ce merveilleux film – tout occupés qu’elles et ils étaient à primer des films français et/ou prétentieux, le public lui semble au rendez-vous dans les pays où il est déjà sorti.
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Festival de Cannes 2019 : Alejandro González Iñárritu, président du Jury de la compétition internationale et Claire Denis, présidente du Jury des courts métrages

Le réalisateur mexicain Alejandro González Iñárritu sera le président du Jury du Festival de Cannes dont la 72ème édition se tiendra en mai.
Dès le début de ma carrière, le Festival de Cannes a été important pour moia déclaré le cinéaste.
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Berlinale 2019 – Entretien avec Denis Côté pour Répertoire des villes disparues

Beaucoup de questions restées en suspens après la projection du film en compétition du festival de Berlin et toutes autant posées dans la critique sortie dans la foulée. Voici quelques réponses données par le cinéaste québécois lors d’un entretien passionnant dans lequel il parle de son film, de cinéma, du Québec et du Canada, mais aussi de la vie et de la maladie.
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Berlinale 2019 – Compétition jour #8: Di Jiu Tian Chang (So Long, My Son) de Wang Xiaoshuai – Du grand cinéma !

Après le choc de l’annonce à la mi-festival que deux films chinois à la sélection de la Berlinale, dont celui de Zhang Yimou – One Second (Yi Miao Zhong) en compétition, ne pourraient pas être projetés pour cause « de problèmes techniques », c’est dire si le film de Wang Xiaoshuai était attendu! Enfin un peu redouté aussi, car il dure 180 minutes! Cette crainte concernant la durée s’est avérée totalement injustifiée – rarement dans cette compétition où mis à part le film de Denis Côté, Répertoire des villes disparues, qui dure 96 minutes, tous les films sélectionnés sont d’une longueur abusive, tant objectivement que de ressenti.
C’est que, celui qui est considéré comme un pionnier du cinéma indépendant chinois depuis les années nonante, nous entraîne sur trois décennies dans l’histoire de deux familles alliées, histoire qui s’imbrique et colle à celle du pays et de son développement.
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Berlinale 2019 – Compétition jour #7: Synonymes de Nadav Lapid – un film clivant

Le point de départ de cette histoire est très simple: Yoav, un jeune israélien débarque à Paris en espérant que la France et la langue française vont le sauver de la folie de son pays. Après, les choses, sans être vraiment compliquées, sont parfois plus obscures et leur dessein laissés en sous-texte à l’interprétation de chacun-e.
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