IFFR2021 – Une mise en abîme fascinante du travail d’Amos Gitaï dans l’essai-documentaire de Laurent Roth : Amos Gitaï, la Violence et l’Histoire

Un studio dans le noir, un grand écran et deux regards : celui du cinéaste israélien Amos Gitaï, inlassable explorateur du paysage physique et mental d’une région dominée par la violence et celui de l’auteur et réalisateur Laurent Roth, en dialogue autour d’extraits de l’œuvre de Gitaï où la fiction et le documentaire se juxtaposent de manière constante. Telle une masterclass privée, Laurent Roth met en scène son entretien avec pour point de départ de la réflexion, les débuts du cinéaste avec sa trilogie de La Maison (House, 1980, Une Maison à Jérusalem, 1998, News from Home, News from House, 2006), pour ensuite élargir le spectre sur l’ensemble des œuvres consacrées à Yitzakh Rabin, auquel Gitaï a consacré inlassablement depuis son assassinat en 1995 des films, expositions, performances théâtrales dans un geste de mémoire unique dans l’histoire du cinéma.
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Berlinale 2021: présenté dans la section Panorama, Mishehu Yohav Mishehu (All Eyes Off Me) de Hadas Ben Aroya, propose une immersion dans l’intimité physique et émotionnelle de ses protagonistes

Le film se compose de trois épisodes, trois chapitres de vie qui se croisent, de saynètes qui parlent d’épreuves, de dépassement des frontières, de transgressions. All Eyes Off Me s’ouvre sur une soirée entre jeunes gens qui dansent sous les lumières des spots multicolores, qui sniffent une ligne de coke, qui commencent à flirter ou à s’embrasser passionnément. Le premier épisode concerne une jeune femme à la recherche du gars qui l’a mise enceinte lors d’une fête sauvage. Danny (Hadar Katz) est donc enceinte de Max (Leib Lev Levin) et elle passe de pièce en pièce à la recherche de Max. Mais elle n’a pas le temps de le lui dire alors qu’elle le retrouve en train d’enlacer et d’embrasser avec fougue une jeune fille.
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Mostra 2020 : avec 200 Meters, le réalisateur palestinien Ameen Nayfeh puise dans sa propre histoire pour raconter l’aberration du mur

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Le réalisateur Ameen Nayfeh s’inspire de son propre vécu pour 200 Meters, long métrage dans lequel il relate la vie familiale scindée par un mur, celle de Mustafa et sa femme Salwa qui viennent de deux villages palestiniens distants de seulement 200 mètres, mais séparés par le mur. Leur situation de vie inhabituelle commence à affecter leur mariage, par ailleurs heureux, mais le couple fait ce qu’il peut pour que cela fonctionne. Beaucoup de concessions, de compréhension et d’abnégation nourrissent leur relation.
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Deutsches Historisches Museum in Berlin: Öffnung der Wechselausstellung «Hannah Arendt und das 20. Jahrhundert»

Die Museen in Deutschland öffnen nach und nach wieder ihre Türen; in einigen Bundesländern ist dies bereits ab diesem Montag der Fall, in anderen, darunter auch Berlin, am 11. Mai 2020.
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Hannah Arendt und das 20. Jahrhundert

Das 20. Jahrhundert sei ohne Hannah Arendt gar nicht zu verstehen, meinte der israelischer Journalist und Schriftsteller Amos Elon. Arendt prägte massgeblich zwei für die Beschreibung dieses Jahrhunderts zentrale Begriffe: „Totale Herrschaft“ und „Banalität des Bösen“. Dabei blieben ihre Urteile selten unwidersprochen und die Politiktheoretikerin polarisiert immer noch.
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Berlinale 2020 – Forum : Le réalisateur israélien Ra’anan Alexandrowicz convie les spectateur à une expérience fascinante d’observant-observé dans The Viewing Booth  – Entretien

Ra’anan Alexandrowicz est tombé un jour sur une correspondance entre Virginia Woolf et un avocat londonien qui lui demandait : « Comment, selon vous, empêcher la guerre ? » Dans sa réponse, Woolf suggérait qu’ils abordent d’abord son utilisation du mot « nous » par une petite expérience de réflexion. Que se passerait-il, lui demanda-t-elle, s’ils observaient tous deux les images de guerre qui étaient publiées chaque semaine ? « Voyons, écrit-elle, si en regardant les mêmes photos, nous ressentirons les mêmes choses. » Cette petite phrase a été le point de départ du projet du cinéaste israélien. Pendant plusieurs années, il a cherché une voie cinématographique permettant de questionner la fonction des images de non-fiction, notamment en ce qui concerne leur rôle dans la défense des droits humains et de la justice sociale. Il a fini par se dire que pour comprendre les images, il devait cesser de les regarder et commencer à tourner sa caméra vers les spectateurs. Le résultat est The Viewing Booth, qui veut dire la cabine de visionnage.
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Lea Tsemel, avocate : le portrait très documentée de l’avocate juive-israélienne qui défend, depuis des décennies, les Palestiniens

Lea Tsemel, de Rachel Leah Jones et Philippe Bellaïche brosse le portrait exhaustif d’une avocate activiste qui défend la cause des Palestiniens envers et contre tous, retraçant son parcours exceptionnel à grand renfort d’images d’archives des cas importants qu’elle a défendus et à l’appui des témoignages de ses proches : son mari, son fils, sa fille et une ancienne étudiante palestinienne à l’Université de Bir Zeit, arrêtée dans les années septante.
Cette coproduction avec Megafun (CAN), Home Made Docs (ISR) et RTS Radio Télévision Suisse propose d’aller à la rencontre, en immersion sur les terrain selon les termes de Pierre Bourdieu, de cette avocate. Le film a été présenté au FIFDH 2019.
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Berlinale 2019 – Compétition jour #7: Synonymes de Nadav Lapid – un film clivant

Le point de départ de cette histoire est très simple: Yoav, un jeune israélien débarque à Paris en espérant que la France et la langue française vont le sauver de la folie de son pays. Après, les choses, sans être vraiment compliquées, sont parfois plus obscures et leur dessein laissés en sous-texte à l’interprétation de chacun-e.
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Pessac 2018 : “The Testament” de Amichaï Greenberg livre une réflexion sur l’identité et l’héritage dans un premier long métrage très réussi

Le réalisateur israélien Amichai Greenberg – qui a remporté avec The Testament le prix du meilleur film de l’Holocauste au Festival international du film d’Haïfa – a travaillé dans l’immobilier puis réalisé des films publicitaires et réalisé des séries télévisées et documentaires avant de se lancer dans son premier long métrage. Les débuts de Greenberg s’inspirent toutefois des années passées à recueillir des témoignages de survie de l’Holocauste dans les archives de l’histoire visuelle de la USC Shoah Foundation, un projet mené par Steven Spielberg qui a rassemblé des témoignages de plus de 50 000 survivants de l’Holocauste.
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ZFF2018 – Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi : quand la comédie pallie le drame

Sameh Zoabi, comme le réalisateur Elia Suleiman (Intervention divine, Le Temps qu’il reste), est Palestinien israélien et comme lui privilégie l’amertume de l’humour et l’adoucissant du surréalisme pour raconter une région aux veines ouvertes d’où coulent sans discontinuer les drames d’un peuple sacrifié.

Avec Tel Aviv on Fire, Sameh Zoabi ajoute une bonne couche de loufoque qui fait rire de bon cœur, dans un élan cathartique, et permet au spectateur qui serait insensible à la question de fond du sujet de ne pas rester au bord de la route de l’histoire, les scènes désopilantes de soap opera faisant écho dans le monde entier.
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24e édition du Jüdisches Filmfestival Berlin & Brandenburg du 26 juin au 5 juillet 2018: No Fake Jews !

Pour sa 24e édition, le Jüdisches Filmfestival Berlin & Brandenburg (JFBB) a mis les petits plats dans les grands, avec un programme varié et touchant toutes sortes de publics: des films d’auteurs, certains avec des récompenses et d’autres des stars à l’international, des documentaires, des films essais et/ou expérimentaux et même l’occasion de voir la dernière série qui a fait fureur en Israël, Your Honor de Ron Ninio et dont le remake étasunien est déjà programmé.
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De nombreuses thématiques et esthétiques – Focus sur 12 films du programme

Cette année, 42 films au programme, 16 d’entre eux (ceux qui proviennent d’Israël) concourent pour le Gershon-Klein-Filmpreis décerné par un jury international, avec un grand nombre de Premières ou de films qui viennent tout juste de sortir en Europe, de nombreux invités et autant de discussions. Comme pour de nombreux festivals dont nous avons parlé cette année, un des sujets centraux est celui « de la femme » et singulièrement des « femmes fortes », tant comme personnages de films, protagonistes ou cinéastes.
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