Berlinale 2017 – Panorama : Combat au bout de la nuit – Entrevue avec Sylvain l’Espérance

Ce film documentaire qui a la particularité de durer 285 minutes s’ouvre une scène proprement hallucinante qui donne le ton de la forfaiture dont a été victime la société grecque depuis la crise économique mondiale de 2008. Pendant plusieurs minutes, des images de la ville la nuit se succèdent avec en bande-son le président de la session du 12 septembre 2013 de l’assemblée grecque, Kiriakos Virvidakis, qui énumère une série incroyables d’articles qu’il déclare votés alors que la députée de Syriza Zoe Konstantopoulou s’oppose a lieu en répétant inlassablement que ce qui se déroule est une honte, que rien n’est voté. Cette scène emblématique du délitement politique en Grèce et des dysfonctionnements généraux qui en résulte nous ouvre le chemin qui nous mènera en un peu de 5 heures à appréhender à l’échelle de l’humain ce que nous suivons depuis des années de manière abstraite à travers les médias et les rapports des décisions et des sommets internationaux.
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Berlinale 2017 Panorama : Ghost Hunting (Istiyad Ashbah)

[Edité le 19 février 2017: Ghost Hunting (Istiyad Ashbah) a remporté le Prix du documentaire, toutes sections confondues]

Dans la veine très prisée en ce moment du re-enactment, le documentaire du réalisateur palestinien Raed Andoni nous fait entrer dans la reconstruction mentale du plus grand centre d’interrogatoire israélien, la prison Al-Moskobiya située à Jérusalem.

Ghost Hunting (Istiyad Ashbah)

À l’âge de 18 ans, Raed Andoni a été emprisonné dans ce centre et subit les interrogatoires. Depuis, les fantômes de cette période hante le documentariste qui a décidé de les faire sortir du placard.
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Berlinale 2017 – Panorama: Insyriated

Hiam Abbas dans la distribution d’un film, c’est déjà être assuré pour moitié de la réussite d’un projet. L’autre moitié d’Insyriated est menée de main de maître par le réalisateur belge Philippe Van Leeuw qui nous tient captif dans un appartement-refuge – mais pas sanctuarisé – au milieu d’une ville en guerre. Comme le titre l’indique, la guerre est celle qui se déroule en Syrie. Cependant, la situation renvoie à un sentiment de déjà-vu. Déjà-vu à en Espagne dans les années 30. Déjà-vu au Liban dans les années 70-80. Déjà-vu au Rwanda. Déjà-vu à Sarajevo. Déjà-vu partout où la guerre civile sévit, cette forme de guerre, abjecte dans l’abjecte intrinsèque, qui fait de son voisin, de son ami, d’un membre de sa famille le possible bourreau, où les fondements formels ou moraux de base ne tiennent que par la volonté des uns et des autres de rester humains, où la forme la plus primitive de vie devient la règle et se nomme survie.
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Berlinale 2017 – Panorama : Belinda

Depuis plusieurs années, Marie Dumora utilise sa caméra pour filmer le quotidien des sans voix de nos sociétés où la parole des « bien-parlants » et des « bien-présentant » est prépondérante. La documentariste a fait de l’Alsace son champ cinématographique dont elle rend avec sensibilité et intelligence l’universalité. Le cadre de ses films est tendu sur leurs personnages dont elle parvient avec un rare talent à dévoiler l’intime complexité par petites touches, sans les contraindre. Les images de ces gens modestes n’ont rien de militant, et pourtant, le regard que nous posons sur eux par le prisme de la caméra renvoie à la question des préjugés, de la méconnaissance – souvent volontaire qui ressemble plutôt à l’acte de ne simplement pas vouloir voir et regarder, du rapport à l’altérité. Cette étrange obsession qui hante ce monde à refuser l’humanité comme un tout, à la fois indivisible et composée au singulier.
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Berlinale 2017 – Panorama: The Wound

La prestigieuse section Panorama de la Berlinale, dont bon nombre de films feraient excellente figure dans la Compétition, ouvre sa programmation avec un film sud-africain qui fait la peau aux clichés sur la masculinité de l’homme noir, clichés qui se perpétuent tant dans la culture africaine elle-même que dans la vision extérieure que l’on a de l’Afrique.
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Berlinale 2017: la chasse à l’Ours d’or est ouverte!

Après une année 2016 collectivement difficile dans toutes les régions du monde, le cinéma se fait, comme il se doit, le reflet de l’état de l’humanité mais, si on en croit la programmation de la 67è Berlinale (9-19 février 2017), en l’abordant avec beaucoup d’humour et d’ironie – ne sont-ils pas en effet la politesse du désespoir? comme l’avait un jour suggéré le réalisateur Chris Marker. Pour le directeur du festival Dieter Kosslick, l’apport essentiel de ces films est de ne pas se contenter de faire un simple constat mais d’ouvrir les yeux et une fenêtre sur des perspectives menant à d’autres chemins à suivre.
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Anna Mulyaert, réalisatrice-exploratrice du champ familial

Après Une Seconde Mère (Que Horas Ela Volta?) – qui avait littéralement enchanté le public de la Berlinale 2015 et

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Dora oder Die sexuellen Neurosen unserer Eltern: Interview mit Stina Werenfels

Stina Werenfels’ Verfilmung des Theaterstücks von Lukas Bärfuss hat die Zuschauer der 65. Berlinale stark imponiert. Wir haben hier (auf

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