Cannes 2019 : avec « Jeanne », Bruno Dumont poursuit son hagiographie de la vie de Jeanne d’Arc

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S’inspirant toujours de la pièce de Charles Péguy, Bruno Dumont reste fidèle au décors récurrent dans sa filmographie : le Nord. Jeanne attend de parler avec ses conseillers pour planifier la prise de Paris. D’après les palabres, on comprend que ses hommes et elle se trouve « aux portes de Paris » … Et pourtant, Bruno Dumont les filme dans les dunes de la Côte d’Opale, balayées par le vent du Nord. Le Nord, son lieu de prédilection et fil rouge de son oeuvre. D’ailleurs, lorsque Jeanne doit se retrouvée emprisonnée dans une geôle anglaise, il la place dans un bunker, qui figure parmi les nombreux vestiges de la présence allemande dans la région. Les nombreux acteurs non professionnels sont du coin et récitent, sans aucune intonation, avec l’accent du terroir, déclenchant des éclats de rire. On a le sentiment d’assister à des conversations irréelles.
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Cannes 2019 : « La Gomera », de Corneliuu Porumboiu, offre un divertissement savoureux et burlesque

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Corneliuu Porumboiu confirme cette tendance avec son  dernier film, un noir empli d’humour et cocasserie. La Gomera (du nom d’une île des Canaries, en Espagne)  – Les siffleurs pour les pays francophones ou The Whistlers pour les pays anglophones, un joyeux film noir regorgeant d’humour, en lice pour la Palme, truffée de motifs de genres et de références cinématographiques dont la célèbre scène de la douche de Psychose d’Alfred Hitchcock, qui suscite amusement et rires.
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Cannes 2019 : « Liberté », du catalan Albert Terra, prétend célébrer les libertins mais semble plus un film bavard à résonance porno hard

Le nouveau du réalisateur catalan Albert Terra est un traité que le réalisateur a présenté comme un hommage aux libertés du siècle des Lumières quand il est monté sur la scène de la Salle Debussy. « Un film ludique et majestueux » dans le langage du cinéma provocateur d’Albert Terra, un cinéma qui explose toute les frontières.Projeté dans la section Un Certain Regard, le film a attiré bien des festivaliers mais, alors que la scène était pleine initialement, les sièges ont rapidement été libérés et le flux de spectateurs qui quittaient la salle était discontinu.  La capacité infinie de provocation de Terra habite toute sa filmographie et a atteint ici un paroxysme car il entre dans une fiction historique sur l’Europe à la vieille de  la Révolution française avec un esprit libertin né durant le siècle des Lumières :
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Cannes 2019  : Port Authority, premier film de Danielle Lessovitz ou les méandres new-yorkais d’un adolescent amoureux d’une danseuse transgenre

Le film est présenté dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes 2019.Paul (interprété par l’acteur britannique Fionn Whitehead qui a joué dans Dunkerque et My Lady [The Children Act]) vient juste de prendre le bus à Pittsburgh;  il a naïvement fait confiance à sa demi-soeur – qu’il n’a jamais rencontrée – pour l’accueillir. Bien sûr, elle est introuvable et il est confronté à la réalité du sans-abrisme. Devant Port Authority, la gare routière de New York, une jolie fille nommée Wye vogue avec ses amis. Paul l’observe, fasciné tant par sa beauté que par son charisme. Wye fait partie de la scène du « ballroom », communauté queer adepte du voguing. Alors que leur amour grandit, malgré les réticences de sa famille de frères et de sœurs, Paul découvre que Wye est trans. Il est alors forcé d’affronter sa propre identité et de choisir sa véritable famille.
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Après Aube dorée : une affaire personnelle, Angélique Kourounis tourne un second volet documentaire – Aube Dorée l’affaire de tous

Pendant plusieurs années, la journaliste, réalisatrice et autrice Angélique Kourounis en avait fait une affaire personnelle : déconstruire patiemment le système idéologique nazi et la machinerie opérationnelle du parti d’extrême-droite grec Aube Dorée, 3è force du pays depuis les élections européennes de 2014 et les élections législatives de 2015. Le fruit de ce travail a été un documentaire qui depuis sa sortie tourne dans toute l’Europe dans de nombreux festivals mais aussi beaucoup de salles de cinémas indépendantes où les projections ouvrent sur des débats avec la réalisatrice et des spécialistes de la question. En 2017 Angélique Kourounis avait accordé un entretien à j :mag la genèse de Aube dorée : une affaire personnelle.
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C’est dans cette lourde atmosphère qui enveloppe l’Europe qu’Angélique Kourounis, ainsi que son équipe, propose de continuer son travail sous l’angle de la résistance à opposer à l’idéologie véhiculée par ce parti. Ce second long-métrage s’intitule donc bien à propos : Aube Dorée l’affaire de tous.
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Cannes 2019 – « Little Joe », de l’Autrichienne Jessica Hausner : une plante peut en cacher une autre

Alice, mère (Emily Beecham, vue dans le récent film indépendant britannique Daphne) divorcée, est une phytogénéticienne chevronnée qui travaille pour une société spécialisée dans le développement de nouvelles espèces de plantes. Elle a conçu une fleur très particulière, rouge vermillon, à l’aspect hybride entre un coquelicot pour sa couleur et un oeillet pour l’aspect hirsute. Cette plante est remarquable tant pour sa beauté que pour son intérêt thérapeutique. En effet, si on la conserve à la bonne température, soit très élevée, si on la nourrit correctement et si on lui parle régulièrement, la plante rend son propriétaire heureux grâce à un effet qui s’apparente à celui de l’ocytocine, l’hormone qui tisse le lien entre la mère et son enfant.
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Cannes 2019 : «Dolor y gloria », de Pedro Almodóvar, effeuille les souvenirs du cinéaste par le truchement de son alter ego

Le dernier film d’Almodóvar dresse le portrait émouvant d’un artiste à travers ses souvenirs de son idée de la création artistique, de la maladie, de l’amour à partir de fragments de sa vie.Une série de retrouvailles après plusieurs décennies, certaines en chair et en os, d’autres par le souvenir, dans la vie d’un réalisateur en souffrance. Premières amours, les suivantes, la mère, la mort, des acteurs avec qui il a travaillé, les années 60, les années 80 et le présent. L’impossibilité de séparer création et vie privée. Et le vide, l’insondable vide face à l’incapacité de continuer à tourner.
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Cannes 2019 : Ken Loach dénonce l’ubérisation des travailleurs des classes défavorisées dans Sorry We Missed You, présenté en compétition

Ricky (Kris Hitchen) et Abby  (Debbie Honeywood) vivent avec leurs deux enfants, Sebastian (Rhys Stone) et Liza Jane (Katie Porctor) à Newcastle. Leur famille est soudée et les parents travaillent dur. Alors qu’Abby travaille comme aide-soignante, avec compassion et dévouement, auprès des personnes âgées à domicile, Ricky enchaîne les  petits boulots mal payés ; le couple réalise que jamais ils ne pourront devenir indépendants ni propriétaires de leur maison. C’est maintenant ou jamais qu’ils doivent prendre une cruciale décision! Une réelle opportunité semble se présenter pour le père de famille que l’on entend, en voix off, dans la séquence d’ouverture avant de découvrir son visage : il est en entretien d’embauche auprès du patron d’une immense entreprise de livraisons de colis.
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Cannes 2019 : le deuxième long métrage, Dylda (Beanpole), du Russe Kantemir Balagov plonge les spectateurs dans le chaos de Leningrad en 1945

Le film Dylda (qui veut dire girafe en russe, d’où peut-être l’étrange titre en français: Une grande fille) du Russe Kantemir Balagov, film présenté dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes 2019, propose im film en costumes à la forme très classique.
Fin 1945 : la Deuxième Guerre mondiale a ravagé Léningrad parmi tant d’autres lieux. Au sein de ces ruines, deux jeunes femmes, Iya (Viktoria Miroshnichenko)  et Masha (Vasilisa Perelygina), tentent de se reconstruire et de donner un sens à leur vie. Iya vit avec un petit garçon, Pashka (Timofey Glazkov), que tout le monde croit être le sien. Elle travaille comme infirmière dans un hospice qui soigne les soldats blessés au front. Parfois, Iya se fige, semble déconnectée du monde qui l’entoure malgré les appels de ses collègues et se met soudain à haleter. Puis elle revient à elle. Ces maux la prennent sana crier gare au travail comme avec Pashka et un jour, dans une étreinte étouffante, le drame survient.
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Cannes 2019 : Atlantique de Mati Diop, film africain en compétition, parle de mariages arrangés, d’exploitation et d’émigration

Présenté en compétition au Festival de Cannes 2019, le film de Mati Diop semblait très attendu : quand l’équipe du film a commencé sa montée des marches, vêtus en boubous traditionnels, la foule d’admirateurs venus les accueillir les a acclamé en les sollicitant pour des selfies. Idem à leur arrivée dans l’immense salle du Théâtre Lumière pour la projection officielle du film  parlé en wolof.Dans une banlieue populaire de Dakar, les ouvriers du chantier d’une tour futuriste, sans salaire depuis des mois, décident d’entrer par effraction dans la demeure opulente de Monsieur N’Diaye qui finance la construction d’une tour. Mais la corruption gangrène l’Afrique et l’inspecteur qui dirige le poste de police du quartier choisit de condamner les femmes qui se sont introduites chez leur employeur pour être payées plutôt que de régler le problème des salaires impayées.
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