Lichtspieler (Que les lumières soient), de Hansmartin Siegrist, rend un hommage richement documenté à un vendeur de savons, pionnier méconnu du cinéma helvétique : François-Henri Lavanchy-Clarke

François-Henri Lavanchy-Clarke (1848-1922) est presque oublié en Helvétie alors qu’il fut le plus important pionnier suisse du cinéma, ambassadeur de son pays pour le septième art, car plus connu sur la scène internationale que dans son propre pays. (…)

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24e édition du Festival International de films indépendants de Genève – Black Movie du 20 au 29 janvier 2023

Comme ses homologues, le festival retrouve enfin le chemin des salles de cinéma ! La pandémie a cependant laissé une trace numérique – que certains autres festivals internationaux activent également, d’autres revenant complètement à leurs fondamentaux du présentiel – sur le festival qui garde un volet numérique géobloqué sur la Suisse, du 24 au 29 janvier. La directrice artistique du festival, Maria Watzlawick, explique la raison de ce choix sous un angle très intéressant qui s’éloigne des poncifs sur le côté pratique et les possibilités accrues pour toucher les acteurs de l’industrie du cinéma : (…)

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Rencontres croisées avec la réalisatrice Ursula Meier et Stéphanie Blanchoud, actrice et co-scénariste de La Ligne

Présenté en compétition à la Berlinale 2022, le film sort enfin sur les écrans romands et français ce mercredi, avant l’Allemagne le 23 janvier et la Belgique le 1er février. La Ligne est un film d’une richesse infinie, avec cette particularité de ne jamais sur-expliquer les choses et de ne pas tomber dans les stéréotypes. Chacun∙e y trouve une, dix thématiques qui touchent, chacun∙e y trouve quelque chose d’intime à y picorer… et si d’aventure cela ne serait pas le cas, difficile d’y rester insensible, car le tout déferle comme un vague de l’écran vers le spectateur∙trice, de manière cathartique comme on se plaît à ressentir de nos jours, ou bien, selon les sensibilités, de manière négative : le cinéma, c’est cela aussi, pas besoin d’aimer un film, s’il vous submerge, même négativement, c’est qu’il atteint un angle mort de l’inconscient que peut-être les images percent mieux que les mots. (…)

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L’immensità, le quatrième film d’Emanuele Crialese, relate l’histoire très personnelle d’une jeune fille qui se sent comme un garçon dans les années septante à Rome

Clara (Penélope Cruz) et Felice Borghetti (Vincenzo Amato) ne s’aiment plus mais sont incapables de se quitter. Clara est espagnole et avait rencontré Felice alors qu’il vivait en Espagne. Comme elle était tombée enceinte, le couple s’était marié et Clara avait suivi Felice en Italie. Dorénavant éloigné de sa famille, les disputes sont quotidiennes et Clara subit la violence de Felice, allant jusqu’à imposer, au nom du devoir conjugal, des rapports non consentis à sa femme, qui, résignée et docile, s’exécute. Désemparée, Clara trouve refuge dans la relation complice qu’elle entretient avec ses trois enfants, en particulier avec l’aînée, Adriana (Luana Giuliani, la révélation du film !), née dans un corps qui ne lui correspond pas. Tout le monde surnomme affectueusement l’aînée de la fratrie Adri mais Adri exige que l’on l’appelle Andrea. Faisant fi des jugements, Clara va donner beaucoup d’amour et de tendresse à ses enfants, mais aussi leur insuffler de la fantaisie et de la passion en leur transmettant le goût de la liberté, au détriment de l’équilibre familiale. Emprisonnée dans sa condition de femme au foyer, tributaire de son mari qui ramène le salaire, Clara s’octroie quelques bouffées d’oxygène dans son univers étriqué, tentant de se libérer du joug marital et de s’émanciper en emmenant ses enfants au cinéma au volant de sa Topolino. (…)

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Avec Falcon Lake, Charlotte Le Bon réussit son baptême cinématographique en signant un premier long métrage qui flirte avec maîtrise entre film d’adolescents, film fantastique et drame

Connue comme actrice, artiste, animatrice de télévision et mannequin en France, la pétillante Québécoise Charlotte Le Bon est déjà passée derrière la caméra pour réaliser un court-métrage remarqué, Jutith Hotel (2018), présenté à Cannes, film qui convoquait l’étrangeté et l’onirisme. Ces deux éléments se retrouvent dans son premier long métrage, également sélectionnée à la Quinzaine des Réalisateurs en 2022, mais Charlotte Le Bon pousse l’exercice plus loin en mêlant avec maestria et harmonie plusieurs genres cinématographiques : le film d’adolescents et leur éveil sensoriel, le thriller, le film fantastique, le drame. (…)

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Sélection des 10 films préférés de l’année 2022 par nos trois critiques de cinéma– Auswahl der beliebtesten Filme des Jahres 2022 von unseren drei Filmkritiker*innen

Nos trois critiques maison, Firouz E. Pillet, Harald Ringel et Malik Berkati ont vus à eux trois des centaines (milliers ?) de films cette année, en festival et en projection de presse, dans tous les formats et les genres. La rédaction leur a demandé de faire une sélection de leurs films préférés, ils et elle ont râlé, car difficile de se tenir à 3 ou 4 films, mais ils et elle y sont arrivé·es ! Voici en français pour Firouz et Malik et en allemand pour Harald leurs choix.

Unsere drei Hauptkritiker*innen Firouz E. Pillet, Harald Ringel und Malik Berkati haben in diesem Jahr Hunderte (Tausende?) von Filmen gesehen, sowohl auf Festivals als auch in Pressevorführungen, in allen Formaten und Genres. Die Redaktion hat sie gebeten, eine Auswahl ihrer Lieblingsfilme zu treffen – sie haben gemeckert, weil es schwierig ist, sich auf drei oder vier Filme zu beschränken; irgendwie haben sie es aber geschafft! Hier ist ihre Auswahl auf Französisch für Firouz und Malik und auf Deutsch für Harald.
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16 ans, le neuvième long métrage de Philippe Lioret, revisite Roméo et Juliette, proposant une romance contemporaine contrariée très convaincante, à la fois authentique et poignante. Rencontre

Nora (Sabrina Levoye) et Léo (Teïlo Azaïs) se rencontrent le jour de la rentrée en classe de seconde. Leurs regards s’enchâssent et tout est dit : c’est le coup de foudre et une évidence qu’ils poursuivront le chemin de la vie ensemble. Le frère de Nora, Tarek (Nassim Si Ahmed, dit Nassim Lyes) manutentionnaire à l’hypermarché local, est accusé de vol et licencié sur-le-champ. Le directeur de l’hypermarché, Franck (Jean-Pierre Lorit), n’est autre que le père de Léo. Désœuvré, Tarek, macho et autoritaire, se veut désormais le garde du corps de sa sœur et lui mène une vie infernale au nom de l’honneur de la famille, faisant régner la terreur sur Nora et Léo. Les deux familles s’affrontent, les différences s’exacerbent et le chaos s’installe. Les vies de Nora et Léo s’embrasent. (…)

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Après La Famille Bélier et #JeSuisLà, le réalisateur Eric Lartigau revient avec une nouvelle comédie dramatique familiale, Cet été-là, qui aborde de nombreuses thématiques dont celle du passage de l’enfance à l’adolescence. Rencontre

Dune (Rose Pou-Pellicer) a onze ans. Aussi loin qu’elle se souvienne, chaque été, Dune traverse la France avec ses parents (Gael García Bernal et Marina Foïs) pour passer les vacances dans leur vieille maison des Landes. Là-bas, Mathilde, neuf ans (Juliette Havelange), l’attend de pied ferme pour partager des moments de rire et de connivence. Mais cet été-là ne sera pas un été de plus. L’année dernière, Dune et ses parents ne sont pas venus. On ne lui a pas dit pourquoi, mais elle sent que quelque chose a changé. Sa mère est devenue distante et a perdu l’odorat, le quotidien est animé par les disputes de ses parents, son père se mue dans le déni… Mathilde qui tarde à grandir, l’odeur entêtante des pins, le sable qui n’est plus si doux, les films d’horreur ridicules qu’elle emprunte avec Mathilde à l’épicerie du camping, mais qui leur font peur, les amours des grands adolescents du coin : tout met Dune en alerte. Elle veut comprendre, savoir. Cet été-là, Dune va grandir. (…)

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Avec Le matin de Sarajevo, signé Chapuzet & Girard, les Éditions Glénat proposent de revivre la matinée qui a changé le cours de l’histoire du XXème siècle

Avec Le Matin de Sarajevo, le tandem Chapuzet & Girard, qui avait déjà publié en 2019 une biographie romancée, L’Affaire Zola, revient sur les événements tragiques et hasardeux qu’une bande de conspirateurs amateurs ont menés et qui ont engendré la Première guerre mondiale. L’opus livre le récit de ce matin qui renversa l’ordre mondial, et plus particulièrement de Gavrilo Princip, cet étudiant membre de La Main Noire (Црна рука), société secrète nationaliste serbe fondée en 1911 avec pour ambition de réunir au sein d’un unique État serbe l’ensemble des territoires faisant partie de l’Autriche-Hongrie (Croatie, Bosnie, sud de la Hongrie). Le Matin de Sarajevo plonge le lectorat au cœur d’une Bosnie annexée par les Habsbourg, où les jeunes de la Main Noire ont pour ambition de créer un éveil moral auprès de la jeunesse nationaliste yougoslave et espèrent déclencher, par cet attentat, une nouvelle conscience nationale. (…)

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Kiss the Sky Volume 1 – Jimi Hendrix 1942-1970, de Jean-Michel Dupont et Mezzo, propose un roman graphique captivant à travers le portrait intime d’un artiste et la chronique d’une époque emblématique

Jimi Hendrix aurait eu quatre-vingts ans cette année : c’était donc l’occasion idéale pour le scénariste Jean-Michel Dupont et le dessinateur Mezzo de réaliser une biographie – Kiss the Sky Volume 1 – Jimi Hendrix 1942-1970, publiée aux Éditions Glénat – très détaillée de ce guitariste de légende.
Jean-Michel Dupont et Mezzo ont réuni leurs talents pour se consacrer à la destinée fulgurante de celui que tous les mélomanes considèrent comme LE meilleur guitariste rock du XXème siècle. Malgré son apparence et son format carré, cet album est bel et bien un roman graphique et non un vinyle : ne vous y trompez pas ! (…)

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