Love and Death in Montmartre d’Evans Chan – Une plongée dans la courte de vie de Qiu Miaojin, figure de proue littéraire de la communauté LGBTQI asiatique

Evans Chan, peut-être plus connu pour ses films documentaires militants concernant la lutte démocratique à Honk Kong (Raise The Umbrallas, 2016, film pour lequel il nous avait accordé un entretien ; ou son dernier film We Have Boots, 2020), est un artiste multiforme, cinéaste, librettiste, dramaturge, traducteur et éditeur (dont trois livres de Susan Sontag). Avec Love and Death in Montmartre (2019), le réalisateur hongkongais renoue avec un cinéma documentaire plus complexe que l’exposition et le protocole de faits, flirtant avec l’onirisme et l’interprétation du réel, sans pour autant le distordre ni l’expurger de son caractère d’engagement.
À voir gratuitement jusqu’au 10 novembre au Festival international Signes de nuit, passé en ligne pour cause de pandémie.

Lire la suite

Le Festival de Locarno a un nouveau capitaine au gouvernail : Giona A. Nazzaro a été choisi en qualité de directeur artistique

En septembre dernier, l’annonce avait suscité moult interrogations quand un communiqué laconique apprenait à la presse le divorce entre le Festival de Locarno et Lili Hinstin. Le Festival comme Lili Hinstin parlaient alors de divergences stratégiques, qui les avaient poussés à se séparer d’un commun accord. Nadia Dresti avait été nommée responsable par intérim de la direction artistique du festival. Les élucubrations allaient bon train dans la communauté journalistique.

En sa séance du mercredi 4 novembre 2020, le Conseil d’administration du Locarno Film Festival a décidé de nommer, à l’unanimité, Giona A. Nazzaro en qualité de directeur artistique du Locarno Film Festival.
(…)

Lire la suite

Master Cheng, de Mika Kaurismäki : dégustation d’un won sino-lapon fait de respect mutuel, de bienveillance, le tout enrobé de paysages à la beauté picturale

[EDIT: Suite aux mesures sanitaires de chaque cantons, le film sort dans les cantons romands où les lieux culturels ne sont pas impactés par les mesures, il sortira sur les autres écran romands lorsque les mesures seront levées., N.D.L.R.]

Voici les ingrédients que propose Master Cheng (Masteri Cheng), le dernier opus de Mika Kaurismäki : cuisine chinoise, paysages de Laponie, rencontre de deux cultures différentes, amitié, amour.

Après la mort de sa femme, le chef professionnel Cheng (Chu Pak Hong) quitte la trépidante Shanghai pour se rendre à Pohjanjoki, un minuscule village du Nord de la Finlande, à la recherche d’un certain Fongtron. Ce quadragénaire débarque donc avec son jeune fils, Nunjo (Lucas Hsuan), dans ce village isolé de Finlande pour rencontrer ce vieil ami finlandais qu’il a rencontré à Shanghai et qui lui a sauvé la mise dans le passé. À son arrivée, personne dans le village ne semble connaître son ami mais la propriétaire du café local Sirkka (Anna-Maija Tuokko) lui propose un hébergement et, en contrepartie, Cheng l’aide dans la cuisine en surprenant les habitants avec les saveurs exotiques de la cuisine chinoise qui ravissent les palais lapons.
(…)

Lire la suite

APERTI 2020 – un parcours virtuel dans les ateliers d’artistes

Depuis quelques années, au printemps, des artistes de Lausanne et de ses environs ouvrent leurs ateliers pendant deux jours afin de permettre au public d’entrer dans l’univers créatifs des artistes et d’échanger avec eux, de découvrir le dynamisme de la scène artistique de la région.
Evidemment, cette année, la pandémie du coronavirus a empêché ces rencontres. Ne renonçant pas à cette ouverture et ce pont entre les artistes et le public, APERTI s’est, comme beaucoup d’autres, adapté et a pris l’option du virtuel pour cette édition 2020.
(…)

Lire la suite

Miss, de Ruben Alves, ou comment se sentir plus fort dans le genre opposé au sien

Alex, petit garçon gracieux de neuf ans qui navigue joyeusement entre les genres, a un rêve : être un jour élu Miss France. Quinz ans plus tard, Alex (Alex Wetter) a perdu ses parents et sa confiance en lui et végète dans une vie monotone. Une rencontre imprévue va réveiller ce rêve oublié. Devenu un magnifique jeune homme androgyne à la beauté hellénique, Alex décide alors de concourir à Miss France en cachant son identité de garçon. Beauté, excellence, camaraderie… Au gré des étapes d’un concours sans merci, sus la houlette d’Amanda (Pascale Arbillot) et aidé par une famille de cœur haute en couleurs, Alex va partir à la conquête du titre, de sa féminité et surtout, de lui-même …
Pour réaliser ce rêve, Alex doit d’abord franchir la première étape: le concours Miss Ile-de-France. Pour ce faire et convaincre les jurés qu’il est une parfaite Miss, Alex sollicite l’aide de Lola (Thibault de Motalembert), un travesti en fin de course qui le met en garde face aux montagnes russes entre succès et oubli. Pour être tenace et pugnace comme un battant, Alex recherche un ami d’enfance devenu boxeur et entraîneur qui va lui fournir de précieux conseils..
(…)

Lire la suite

ADN, le dernier film de Maïwenn, interroge notre rapport à la continuité identitaire

ADN a été présenté en Première suisse au Zurich Film Festival 2020,  où sa réalisatrice Maïwenn a reçu un Œil d’or d’honneur et a eu droit à une rétrospective. Le film fait partie du Label Sélection Officielle Cannes 2020.
Mère seule de trois enfants, Neige (Maïwenn) rend régulièrement visite à Émir, son grand-père algérien (Omar Marwan) qui vit en maison de retraite et a élevé son cousin Kevin (Dylan Robert, découvert en 2018 pour son rôle de Zach dans le film Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin pour lequel il a reçu le César du meilleur espoir masculin). Comme Kevin, elle adore et admire ce pilier de la famille. Un jour, subitement, il meurt avec Kevin à ses côtés. Quand sa famille nombreuse s’apprête organiser les funérailles, des fissures et de nombreuses anciennes rancœurs surgissent. Neige décide alors de partir à la cherche de ses racines et de son pays d’’origine : l’Algérie.
(…)

Lire la suite

A Perfect Family (A Perfectly Normal Family) de Malou Reymann : passée derrière la caméra, l’actrice danoise puise dans son histoire personnelle pour réaliser ce premier long métrage

Emma, une adolescente danoise, grandit au sein d’une famille unie, a priori tout à fait ordinaire jusqu’au jour où son père décide de devenir une femme. Ce bouleversement au sein de cette famille aimante conduit chacun à se questionner et à se réinventer … Du moins, à composer avec une nouvelle réalité qui ébranle l’équilibre du cocon familial mais qui a aussi des répercutions dans les relations sociales des quatre membres de cette famille.

Thomas (Mikkel Boe Folsgaard), Helle (Neel Rønholt), leurs deux filles, Caroline (Rigmor Ranthe), quatorze ans et Emma (Kaya Toft Loholt), douze ans, forment une famille en apparence parfaite. Les premières séquences alternent des scènes de la quotidienne actuelle et des vidéos enregistrées durant les premiers mois de Caroline puis d’Emma. Mais ce bonheur va éclater sous l’effet d’une double révélation : Thomas va changer de sexe et devenir Agnete; Helle ne peut le supporter et demande le divorce. Les deux filles réagissent de manière fort différente, voire diamétralement opposée : Si Carolina fait immédiatement preuve de tolérance et de bienveillance, rappellent souvent à l’ordre sa cadette, Emma vit cette révélation comme un séisme, un choc brutal qui remet complément en question la complicité qu’elle partageait avec son père.
(…)

Lire la suite

1. November 2020: Die Kameliendame – live aufgenommen aus dem Bolschoi in Moskau in Deutschland und Österreich in den Kinos

Das Bolschoi-Ballett nimmt das Publikum mit auf eine emotionale Reise durch das Drama von Alexandre Dumas Fils, interpretiert vom amerikanischen Choreografen John Neumeier und begleitet von der Musik von Frederic Chopin mit Bolschoi Prima Svetlana Zakharova in der Hauptrolle.
Als der junge und naive Armand das erste Mal in Paris ankommt, ist er völlig von der hinreissenden und sehr begehrenswerten Kurtisane Marguerite Gautier gefesselt. Aus ihrer Begegnung entsteht eine leidenschaftliche, aber zum Scheitern verurteilte Liebe…
(…)

Lire la suite

Sin señas particulares (Sans signe particulier), le premier long métrage de la productrice mexicaine Fernanda Valadez, rend un vibrant et poétique hommage aux disparus et à leurs proches au Mexique

Magdalena (Mercedes Hernández) n’a plus entendu parler de son fils Jesús (Juan Jesús Varela) depuis des mois – pas depuis qu’il a quitté leur ville pour traverser la frontière qui les sépare des États-Unis. Son amie Chya (Laura Elena Ibarra) va l’aider, émotionnellement et financièremrent, à poursuivre cette quête dont la majeure partie des gens que Magdalena croise veulent l’en dissuader. Les autorités veulent qu’elle signe l’acte de décès de son fils, mais une rencontre avec un parent endeuillé fait comprendre à Magdalena qu’elle ne peut pas vivre sans connaître son sort. Elle entame une odyssée à travers le Mexique, dans des zones de violence et de désolation, à la poursuite de toute piste disponible malgré la mise en garde de ne pas poser publiquement de telles questions. En chemin, elle rencontre et voyage avec Miguel (David Illescas), récemment expulsé, qui se retrouve à rentrer chez lui à travers un pays changé mais, surtout, qui ne retrouve pas de traces de sa mère.
(…)

Lire la suite

Cri d’alarme de l’Association Cinématographique Suisse suite à la fermeture subite des cinémas dans les cantons du Valais et de Berne !

Nous publions la prise de position de l’’ASC (voir ci-dessous). Edna Epelbaum, exploitante de cinéma, Présidente de l’Association Cinématographique Suisse, Vice-présidente de l’Union Européenne du Cinéma UNIC a accepté de répondre à nos questions.

Avez-vous des contacts et un suivi avec les autorités cantonales ou fédérales depuis la réouverture des cinémas ou êtes-vous complètement ignorés?

Depuis mars, nous sommes en contact régulier avec les autorités fédérales et, dans une certaine mesure, avec les autorités cantonales. Les cantons romands, à l’exception du Valais, ont pris bonne note de nos préoccupations et ont pris des mesures pour que la vie culturelle, dont les concepts de protection sont très clairs et bien mis en œuvre, ne soit pas gelée.

La culture est de manière générale la plus malmenée dans la stratégie économico-sanitaire des autorités: avez-vous des contacts avec les autres entités culturelles, si oui avez-vous un projet d’action collective pour parler d’une seule voix ou chaque domaine se bat de son côté?

L’industrie cinématographique est déjà très grande. Nous sommes en contact avec toute l’industrie, car dans notre secteur, tout le monde est concerné : sociétés de production, distributeurs, cinémas. Nous travaillons à l’échelle régionale, transrégionale et nationale. C’est pourquoi il est si difficile de faire face à cette décision prise par les cantons du Valais et de Berne. Cette décision est particulièrement fatale pour la production cinématographique bernoise. Un exemple en est le film de Gitta Gsell Beyto (dont la première a eu lieu au Festival du film de Zurich 2020 ; N.D.L.R.) prévu pour ce jeudi. Nous savons que les productions bernoises travaillent très localement, ce qui est en soi quelque chose de très positif. Mais devoir annuler la sortie d’un film dans un délai aussi court est impraticable et financièrement fatal – pour la production, la distribution et le cinéma. Nous avons élaboré des concepts de protection pour notre industrie au niveau national et les avons également mis en œuvre pour tous les cinémas de Suisse.
(…)

Lire la suite