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Cinéma / Kino

Cinéma / KinoCulture / Kultur

L’immensità, le quatrième film d’Emanuele Crialese, relate l’histoire très personnelle d’une jeune fille qui se sent comme un garçon dans les années septante à Rome

Clara (Penélope Cruz) et Felice Borghetti (Vincenzo Amato) ne s’aiment plus mais sont incapables de se quitter. Clara est espagnole et avait rencontré Felice alors qu’il vivait en Espagne. Comme elle était tombée enceinte, le couple s’était marié et Clara avait suivi Felice en Italie. Dorénavant éloigné de sa famille, les disputes sont quotidiennes et Clara subit la violence de Felice, allant jusqu’à imposer, au nom du devoir conjugal, des rapports non consentis à sa femme, qui, résignée et docile, s’exécute. Désemparée, Clara trouve refuge dans la relation complice qu’elle entretient avec ses trois enfants, en particulier avec l’aînée, Adriana (Luana Giuliani, la révélation du film !), née dans un corps qui ne lui correspond pas. Tout le monde surnomme affectueusement l’aînée de la fratrie Adri mais Adri exige que l’on l’appelle Andrea. Faisant fi des jugements, Clara va donner beaucoup d’amour et de tendresse à ses enfants, mais aussi leur insuffler de la fantaisie et de la passion en leur transmettant le goût de la liberté, au détriment de l’équilibre familiale. Emprisonnée dans sa condition de femme au foyer, tributaire de son mari qui ramène le salaire, Clara s’octroie quelques bouffées d’oxygène dans son univers étriqué, tentant de se libérer du joug marital et de s’émanciper en emmenant ses enfants au cinéma au volant de sa Topolino. (…)

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Avec Falcon Lake, Charlotte Le Bon réussit son baptême cinématographique en signant un premier long métrage qui flirte avec maîtrise entre film d’adolescents, film fantastique et drame

Connue comme actrice, artiste, animatrice de télévision et mannequin en France, la pétillante Québécoise Charlotte Le Bon est déjà passée derrière la caméra pour réaliser un court-métrage remarqué, Jutith Hotel (2018), présenté à Cannes, film qui convoquait l’étrangeté et l’onirisme. Ces deux éléments se retrouvent dans son premier long métrage, également sélectionnée à la Quinzaine des Réalisateurs en 2022, mais Charlotte Le Bon pousse l’exercice plus loin en mêlant avec maestria et harmonie plusieurs genres cinématographiques : le film d’adolescents et leur éveil sensoriel, le thriller, le film fantastique, le drame. (…)

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Sélection des 10 films préférés de l’année 2022 par nos trois critiques de cinéma– Auswahl der beliebtesten Filme des Jahres 2022 von unseren drei Filmkritiker*innen

Nos trois critiques maison, Firouz E. Pillet, Harald Ringel et Malik Berkati ont vus à eux trois des centaines (milliers ?) de films cette année, en festival et en projection de presse, dans tous les formats et les genres. La rédaction leur a demandé de faire une sélection de leurs films préférés, ils et elle ont râlé, car difficile de se tenir à 3 ou 4 films, mais ils et elle y sont arrivé·es ! Voici en français pour Firouz et Malik et en allemand pour Harald leurs choix.

Unsere drei Hauptkritiker*innen Firouz E. Pillet, Harald Ringel und Malik Berkati haben in diesem Jahr Hunderte (Tausende?) von Filmen gesehen, sowohl auf Festivals als auch in Pressevorführungen, in allen Formaten und Genres. Die Redaktion hat sie gebeten, eine Auswahl ihrer Lieblingsfilme zu treffen – sie haben gemeckert, weil es schwierig ist, sich auf drei oder vier Filme zu beschränken; irgendwie haben sie es aber geschafft! Hier ist ihre Auswahl auf Französisch für Firouz und Malik und auf Deutsch für Harald.
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16 ans, le neuvième long métrage de Philippe Lioret, revisite Roméo et Juliette, proposant une romance contemporaine contrariée très convaincante, à la fois authentique et poignante. Rencontre

Nora (Sabrina Levoye) et Léo (Teïlo Azaïs) se rencontrent le jour de la rentrée en classe de seconde. Leurs regards s’enchâssent et tout est dit : c’est le coup de foudre et une évidence qu’ils poursuivront le chemin de la vie ensemble. Le frère de Nora, Tarek (Nassim Si Ahmed, dit Nassim Lyes) manutentionnaire à l’hypermarché local, est accusé de vol et licencié sur-le-champ. Le directeur de l’hypermarché, Franck (Jean-Pierre Lorit), n’est autre que le père de Léo. Désœuvré, Tarek, macho et autoritaire, se veut désormais le garde du corps de sa sœur et lui mène une vie infernale au nom de l’honneur de la famille, faisant régner la terreur sur Nora et Léo. Les deux familles s’affrontent, les différences s’exacerbent et le chaos s’installe. Les vies de Nora et Léo s’embrasent. (…)

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Après La Famille Bélier et #JeSuisLà, le réalisateur Eric Lartigau revient avec une nouvelle comédie dramatique familiale, Cet été-là, qui aborde de nombreuses thématiques dont celle du passage de l’enfance à l’adolescence. Rencontre

Dune (Rose Pou-Pellicer) a onze ans. Aussi loin qu’elle se souvienne, chaque été, Dune traverse la France avec ses parents (Gael García Bernal et Marina Foïs) pour passer les vacances dans leur vieille maison des Landes. Là-bas, Mathilde, neuf ans (Juliette Havelange), l’attend de pied ferme pour partager des moments de rire et de connivence. Mais cet été-là ne sera pas un été de plus. L’année dernière, Dune et ses parents ne sont pas venus. On ne lui a pas dit pourquoi, mais elle sent que quelque chose a changé. Sa mère est devenue distante et a perdu l’odorat, le quotidien est animé par les disputes de ses parents, son père se mue dans le déni… Mathilde qui tarde à grandir, l’odeur entêtante des pins, le sable qui n’est plus si doux, les films d’horreur ridicules qu’elle emprunte avec Mathilde à l’épicerie du camping, mais qui leur font peur, les amours des grands adolescents du coin : tout met Dune en alerte. Elle veut comprendre, savoir. Cet été-là, Dune va grandir. (…)

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Une femme indonésienne (Before, Now & Then) de Kamila Andini – La métaphore du chignon

Présenté en compétition à la Berlinale 2022, le quatrième film de la scénariste et réalisatrice indonésienne Kamila Andini a remporté l’Ours d’argent de la meilleure performance dans un second rôle pour Laura Basuki. Une femme indonésienne est basé sur l’histoire de la mère de sa productrice exécutive, Jais Darga. Le titre international permet de poser le fil narratif sur une frise chronologique : le prélude (Before), une longue scène d’ouverture où l’on suit deux jeunes femmes, Nana avec son bébé et sa sœur Ninsingh, fuyant dans la forêt. Des hommes armés – soldats, rebelles ?, nous sommes dans les années 50 aux premières heures tourmentées de l’indépendance du pays où la violence vient de tous les camps – les poursuivent : ils ont tué leur père et le mari de Nana est porté disparu. Comme au réveil d’un rêve, on se retrouve dans un autre espace et un autre temps – Now, le présent qui est le cœur du film, est celui de la fin des années 60. Nana (Happy Salma) est mariée à un riche propriétaire terrien, Monsieur Darga (Arswendy Bening Swara), plus âgé qu’elle, elle est la maîtresse évanescente du domaine et la mère de quatre enfants, son premier enfant étant décédé. La vie semble glisser sur cette femme qui maintient le monde des apparences – celles que l’on attend d’une femme de son rang, qui plus est mal acceptée par la famille et les allié·s de son époux qui la considèrent comme une arriviste. Méticuleuse, elle semble mettre beaucoup de son âme dans la confection de bouquet et celui de son chignon qui, comme elle l’explique à sa fille cadette Dais, renferme ses secrets. Coincée entre son traumatisme du passé et sa vie corsetée du présent, Nana va trouver une voie d’émancipation pour le moins inattendue : l’amitié qu’elle va nouer avec Ina (Laura Basuki), la jeune maîtresse se son mari qui amène un vent de fraîcheur et de liberté dans cet univers sclérosé. (…)

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Avec The Banshees of Inisherin, Martin McDonagh signe une comédie noire abreuvée de Guinness pour noyer les marasmes, les souffrances et l’isolement des habitants d’une île irlandaise

Sur Inisherin – une île isolée au large de la côte ouest de l’Irlande – deux compères de longue date, Padraic Súilleabháin (Colin Farrell) et Colm Doherty (Brendan Gleeson), se retrouvent dans une impasse lorsque Colm décide du jour au lendemain de mettre fin à leur amitié. Abasourdi, Padraic n’accepte pas la situation et tente par tous les moyens de renouer les contacts, avec le soutien de sa sœur Siobhan (Kerry Condon) et de Dominic Keamey (Barry Keoghan), un jeune insulaire un peu dérangé, mais toujours prêt à aider autrui. Les efforts répétés de Padraic ne font que renforcer la détermination de son ancien ami et lorsque Colm finit par poser un ultimatum désespéré et extrême, les événements s’enveniment et vont avoir de terribles conséquences. (…)

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Pacifiction – Tourment sur les Îles d’Albert Serra plonge dans les moiteurs rances de l’empire français

Tel le vice-roi et gouverneur général des Indes de l’Empire britannique, De Roller (Benoît Magimel) est le représentant de l’État français sur l’île de Tahiti en Polynésie française, avec pour titre Haut-Commissaire de la République. L’individu, doucereux dans son costume blanc, est un homme affable, semblant à l’écoute de la population locale, entretenant son réseau clientéliste, à l’aise dans tous les milieux qu’il côtoie. Néanmoins, il pointe de cette apparence policée une sourde menace. L’homme est dans le contrôle et les rumeurs qui courent sur l’île sur une reprise des essais nucléaires français ne sont pas pour arranger les choses : De Roller navigue en eaux troubles, entre représentants de la population autochtone qui cette fois-ci ne s’en laissera pas compter (pour comprendre la colère, la rancœur et la suspicion des Polynésien·nes envers la France métropolitaine, lire l’excellent article de Renaud Meltz dans La Vie des Idées), sa hiérarchie et la métropole qui l’ignore. (…)

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Le Otto Montagne de Felix Van Croeningen et de Charlotte Vandermeersch propose une fable moderne sur une histoire d’amitié masculine, née durant l’enfance, qui perdure à travers le temps et la distance

Pietro, un garçon, qui vit à Turin, part en vacances avec sa mère dans un chalet de montagne où vit un garçon de son âge, Bruno, le dernier enfant dans ce village oublié du Val d’Aoste. Tous deux se lient d’amitié dans ce coin caché des Alpes qui leur tient lieu de royaume. Bruno, fréquemment sollicité pour aider aux travaux des champs et pour garder les troupeaux, peine à suivre l’école. L’amitié entre les deux garçons est si forte au point que les parents de Pietro acceptent d’héberger Bruno pour qu’il puisse étudier en ville. Mais le père de Bruno n’est pas d’accord et l’enfant deviendra un garçon et un homme qui ne quittera plus la montagne. Puis la vie éloignera Bruno et Pietro sans pouvoir les séparer complètement. Ponctuellement, les deux garçons continueront à se rencontrer et rénoveront ensemble une cabane avant que Pietro ne commence alors à parcourir le monde tandis que Bruno reste fidèle à sa montagne. Ces parcours de vie différents leur feront connaître l’amour et la perte, leurs origines et leurs destinées, mais surtout une amitié immuable et invincible. (…)

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Aucun Ours (No Bears, Khers Nist), de Jafar Panahi, propose une réflexion tragi-comique sur les frontières floues tout en lançant un plaidoyer pour la liberté

Présenté en compétition officielle à la 79ème édition de la Mostra de Venise, le dernier film de Jafar Panahi flirte avec les frontières floues entre réalité et fiction, entre vérité et cinéma. Un réalisateur de Téhéran se rend en secret à la campagne dans un village iranien proche de la frontière turque pour tourner un film sur un jeune couple qui souhaite fuir à l’étranger. Le cinéaste se retrouve témoin d’une histoire d’amour tandis qu’il en filme une autre, retrouvant par ce modus operandi les parallèles qu’il affectionne. Jafar Panahi réalise Aucun ours par le biais des appels vidéo, continuellement interrompus par des problèmes de connexion internet. La tradition et la politique auront-elles raison de l’histoire d’amour comme du tournage ? Les villageois lui reprochent de prendre des photographies sans permission, les anciens le portent devant un tribunal laïc. Il accepte à condition de pouvoir filmer le procès. (…)

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