Sin señas particulares (Sans signe particulier), le premier long métrage de la productrice mexicaine Fernanda Valadez, rend un vibrant et poétique hommage aux disparus et à leurs proches au Mexique

Magdalena (Mercedes Hernández) n’a plus entendu parler de son fils Jesús (Juan Jesús Varela) depuis des mois – pas depuis qu’il a quitté leur ville pour traverser la frontière qui les sépare des États-Unis. Son amie Chya (Laura Elena Ibarra) va l’aider, émotionnellement et financièremrent, à poursuivre cette quête dont la majeure partie des gens que Magdalena croise veulent l’en dissuader. Les autorités veulent qu’elle signe l’acte de décès de son fils, mais une rencontre avec un parent endeuillé fait comprendre à Magdalena qu’elle ne peut pas vivre sans connaître son sort. Elle entame une odyssée à travers le Mexique, dans des zones de violence et de désolation, à la poursuite de toute piste disponible malgré la mise en garde de ne pas poser publiquement de telles questions. En chemin, elle rencontre et voyage avec Miguel (David Illescas), récemment expulsé, qui se retrouve à rentrer chez lui à travers un pays changé mais, surtout, qui ne retrouve pas de traces de sa mère.
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Berlinale 2020 – Generation Kplus : Le film Los lobos (Les loups), de Samuel Kishi, parle d’enfance et d’immigration

Après ses débuts en Corée et un prix à La Havane, le film Los Lobos, de Samuel Kishi, représente le Mexique à la 70ème  Berlinale  dans la section Generation Kplus.

Los lobos parle d’un sujet dur, difficile et brûlant d’actualité : l’immigration et ses vicissitudes vues à hauteur d’enfant. Cependant, malgré la dureté du sujet, le film de Samuel Kishi est aussi plein d’humour, de poésie et de tendresse. Par sa vision empirique d’une expérience qui laisse des séquelles à vie, Los lobos  distille de l’espoir et porte un regard doux-amer sur ce chapitre de l’enfance du réalisateur et de son frère.
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Berlinale 2020 – Compétition : El prófugo (The Intruder), un film fantastique argentin de Natalia Meta d’une grande finesse

Dès les premières images, une évidence : sur l’écran une formidable actrice va nous accompagner avec la riche palette de son jeu dans l’histoire de son personnage. La promesse sera non seulement tenue de bout en bout par Érica Rivas mais il s’avérera que toutes les actrices et tous les acteurs du film de sont excellents. Mais la réussite de film ne tient pas qu’à cela, loin de là. Tous les domaines de la réalisation sont maîtrisés, réfléchit et travaillés avec une formidable acuité artistique, allant de l’écriture à l’image en passant par un design sonore faisant partie intégrante de la narration. Natalia Meta, qui a également écrit le scénario, allie tout en subtilité drame et humour, réflexion sur l’altérité et l’intimité, effleurant par la marge des questions sociétales, sans jamais tomber dans le convenu et le prévisible ; jusqu’à la fin, elle parvient à faire monter son histoire en puissance, ajouter de l’épaisseur à l’intrigue, à nous surprendre et nous mener dans des recoins narratifs fulgurants et inventifs.
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Genève : la 21ème édition du Festival Filmar en América Latina se tiendra du 15 novembre au 1er décembre 2019 à Genève ainsi que dans des communes du canton et de France voisine

La 21e édition du Festival Filmar alternera rencontre avec des Cinéastes engagé.es, des projections d’œuvres fortes et des débats d’actualité très variés et enrichissants. Filmar, la plus importante manifestation culturelle de Suisse dédiée à l’Amérique latine, qui contribue également au rayonnement de Genève, ville de dialogue et de culture, est l’un des seuls festivals qui s’autofinance à hauteur de 25%, signe du soutien indéfectible de son public, toutes générations confondues.
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68e Berlinale: un palmarès iconoclaste

Étrange Berlinale 2018: beaucoup de bons films mais pas de chefs-d’oeuvres, par contre des choix inexplicables dans la sélection avec des films qui sont presque une atteinte à l’intégrité intellectuelle et sensorielle des spectateurs – on pense ici principalement à Eva de Benoît Jacquot, Mein Bruder heisst Robert und er ist ein Idiot de Philip Gröning et Damsel de David & Nathan Zellner. On pourrait inclure également dans cette face sombre de la sélection Touch Me Not de Adina Pintilie qui certes n’a absolument rien à faire dans cette section mais aurait été parfait dans celle de Forum, mais au moins ce film part d’une démarche artistique, ce que les 3 autres cités semblent cruellement manquer. Seules explications trouvées pour la présence de Eva et Damsel, c’est le besoin de couvrir le tapis rouge de quelques stars brillant de tous leurs feux précédents et bien poli(cé)es, à savoir Isabelle Huppert et Robert Pattinson.
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Berlinale 2018 – compétition jour #8: Museo

En ces temps où la défense de l’identité culturelle et spirituelle est tristement devenue l’apanage des groupes d’extrême-droite, Museo présente une histoire aussi rafraichissante – et troublante, que vraie: le soir de Noël 1984, Juan Nunez, jeune homme issu de la banlieue aisée Mexico, vola avec son copain Wilson les plus précieux artefacts mayas du Musée national d’anthropologie et d’archéologie de Mexico. Dépassés par les conséquences de leurs actes et la réprobation horrifiée du peuple mexicain vis-à-vis de ce pillage culturel, les deux compères s’embarquent dans un périple improvisé pour trouver un acheteur pour leur précieux trésor.
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Cannes 2017: Forte présence mexicaine sur la Croisette – Michel Franco ouvre les festivités

Le réalisateur mexicain Michel Franco (Mexico, 1979) revient sur le boulevard de la Croisette, avec Las hijas de Abril (les filles d’Avril), un drame intime, familial et féminin qui relate la relation entre trois générations de femmes à travers une lunette de classique tragique au sens grec du terme: une mère quinquagénaire et de ses deux filles, l’une trentenaire, passive et introvertie, la seconde adolescente enceinte, vivent dans leur ville balnéaire de Puerto Vallarta dans l’État mexicain de Jalisco. Son film concourt dans la compétition de la section Un Certain Regard et représentera la culture hispanophone avec le film argentin La novia del desierto, L’espagnol semble une langue est exclue de la section officielle, bien que Pedro Almodóvar en soit le président du jury qui livrera la Palme d’Or.
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Berlinale 2016 – Compétition jour #6: Soy Nero, Genius et Chi-Raq (hors compétition)

Ce 6è jour de festival était très étasunien, avec un Soy Nero – un film sur les soldats non citoyens

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Berlinale 2015 – Compétition jour #7: Peter Greenaway et Jiang Wen célèbrent le cinéma, Radu Jude explore l’histoire de la Roumanie

Après une semaine d’un festival ayant fait la part belle aux personnages féminins forts, les hommes crèvent enfin l’écran lors

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