Berlinale 2019 – Panorama : Normal d’Adele Tulli – Une plongée effarante dans la norme du genre. Entretien.

e documentaire d’Adele Tulli nous entraîne dans une définition de l’interaction, considérée par certain-e-s comme normative, entre les hommes et les femmes. Bien entendu, si ici le terrain d’étude est l’Italie, le propos s’applique partout dans le monde où les exégèses de la norme et de la normalité haussent la voix, travaillent activement pour ce qu’il pense être leur devoir, à savoir les rétablir, et commencent à (re) prendre le pouvoir. Adele Tulli n’impose aucun commentaire à son propos, les images parlent pour elles, et même si parfois on est effarés de la normalité et du discours qui nous sont proposés, la réalisatrice ne nous enferme pas dans un déterminisme laborieux et sans issue : la première scène débute sur le perçage des oreilles d’une petite fille – « pour qu’elle soit aussi jolie que sa maman » – mais se termine par une très jolie scène de fin, précédée par une cérémonie de mariage entre même sexe. Adele Tulli a accepté de répondre à nos questions.
(…)

Lire la suite

Cannes 2018 – Un certain regard : «Girl», le premier long métrage du réalisateur flamand Lukas Dhont, brosse le portrait sensible d’une adolescente en pleine mutation

Lukas Dhont, dont le film a suscite de vives et longues ovations, que ce soit lors de la présentation officielle ce jeudi, ou lors de la projection de presse ce samedi matin, a été une belle surprise dans la sélection d’Un certain Regard. Les cris enthousiastes et les applaudissements ont duré plus d’une demi-heure.
(…)
Abordant le sujet délicat du changement de genre en pleine adolescence, le film saisit avec justesse et délicatesse les affres auxquels est confrontée Lara, seize ans, née garçon mais qui se sent et se sait fille, nourrissant le rêve de devenir danseuse étoile.
(…)

Lire la suite

Berlinale 2017 compétition jour #4: Spoor (Pokot) / Viceroy’s House / Una Mujer Fantástica (A fantastic Woman)

Ce 4è jour de la compétition est exceptionnel : deux films susceptibles d’avoir une récompense et un film de midi de bonne facture – même si, restons quand même mesuré, ce n’est pas un chef-d’œuvre. Le plus frappant à la fin de cette journée, c’est de constater que le fil rouge tendu entre ces 3 films qui traitent pourtant de sujets différents, dans des époques et continents différents, prêt à craquer et à libérer les énergies les plus néfastes sur notre temps, représente la même cohorte de damnés, visibles ou invisibles, de cette terre.
(…)

Lire la suite