Corpus Christi (La communion): Quand l’habit parvient à faire le moine !

Acclamé dans tous les festivals où il passe, Corpus Christi (Boże Ciało, [La communion]) de Jan Komasa, issu de la fameuse école de cinéma de Łodź, représente la Pologne à la course à l’Oscar du meilleur film international.

Plus qu’une simple histoire de rédemption – individuelle et collective – , Jan Komasa nous offre dans son dernier film (Suicide Room [2008], Warsaw Uprising [2014], Warsaw 44 [2014]), une intelligente déconstruction des travers d’une société enfermée sur elle-même. Elle est représentée ici par un village en périphérie des grands centres, suffocant sous la chape de plomb d’un secret
Ce dispositif est presque celui d’un film de genre qui a traversé toutes les époques et tous les cinémas, avec peut-être les plus emblématiques westerns et leurs mauvais garçons arrivant en sauveur dans une petite ville, la différence fondamentale résidant bien entendu dans le fait que le cinéma non-hoyllwoodien n’a pas forcément besoin d’un héros qui finit en chevalier blanc et/ou blanchit de tous ses péchés.
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Le 12e Festival du Cinéma polonais de Paris sous le signe de la Comédie humaine

Les films choisis et projetés au Cinéma  d’art et d’essai Le Balzac, situé à la bordure des Champs Élysées, du 29 novembre au 2 décembre 2019 ont assemblé une actuelle comédie humaine, comme celle d’un étudiant qui fuit l’engagement politique, mais à qui le régime sous l’égide de Jaruzelski ne laisse pas d’alternative. Jeune voyou charmeur aux yeux clairs, adorateur d’alcool et de drogues dures, il se découvre une vocation de prêtre et guérit âmes, avec succès.  Il y a aussi des circonstances où la différence entre la réalité sociale et l’imaginaire n’est pas déterminée, par exemple dans l’existence d’enfants qui ont réussi à s’échapper d’un camp de concentration et finissent par être obligés de lutter contre les chiens dans une forêt inconnue.
Des personnages inhabituels à  la recherche de soi qui nous plongent dans l’éternelle question sur notre place dans univers.
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God Exists, Her Name is Petrunya (Gospod postoi, imeto i’ e Petrunija)

Ce petit bijou venu de Macédoine en compétition à Berlin et reparti de manière tout à fait scandaleuse bredouille du festival arrive enfin sur nos écrans. Il n’y a pas plus de justice dans le monde du cinéma que dans le monde réel, mais parfois des rééquilibrages bienvenus : alors que Juliette Binoche et son jury n’ont pas su reconnaître une once de qualité à ce merveilleux film – tout occupés qu’elles et ils étaient à primer des films français et/ou prétentieux, le public lui semble au rendez-vous dans les pays où il est déjà sorti.
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Cannes 2018 – Rencontre avec Tomasz Kot, l’élégance slave et un physique filiforme pour interpréter un chef d’orchestre dans « Cold War » de Paweł Pawlikowski

La projection du dernier film de Paweł Pawlikowski, Cold War, qui s’est déroulée au début du festival de Cannes, a remporté un immense succès. Le public a donné une ovation debout pendant dix-huit minutes devant le cinéastee et ses acteurs tous émus, dont Tomasz Kot, qui joue l’un des rôles principaux du film, Wiktor, inspiré du père du réalisateur (notre critique). Le film a également été apprécié par le Jury international puisque Paweł Pawlikowski a remporté la Palme du meilleur réalisateur. Retrouvez également l’interview de Joanna Kulig ici.
Rencontre avec Tomasz Kot.
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Cannes 2018 : rencontre avec Joanna Kulig, interprète flamboyante de Zula dans « Cold war »

La sous-signée devait rencontrer pour j:mag le cinéaste polonais Paweł Pawlikowski pour Cold War (notre critique), en compétition officielle. Le réalisateur s’étant cassé la cheville, tous les entretiens ont été annulés. Nous avons pu rencontrer les eux interprètes principaux, Joanna Kulig et Tomasz Kot, dans le parc verdoyant du Resideal, au bout de la Croisette. Le duo d’acteur interprètent les parents du cinéaste qui a dédicacé le film à leur mémoire et leur incroyable histoire. Rappelons que Paweł Pawlikowski a remporté la Palme du meilleur réalisateur.
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Cannes 2018 : «Cold war», de Pawel Pawlikowski, chronique d’un amour tourmenté en pleine guerre froide

Pawel Pawlikowski, venu présenté ce jeudi soir Cold war au public, accompagné de ses acteurs principaux – Joanna Kulig, Tomasz Kot, Jeanne Balibar – rend un émouvant hommage à ses parents auxquels le film est dédicacé.
Pendant la guerre froide, entre la Pologne stalinienne et le Paris bohème des années 1950, un musicien épris de liberté et une jeune chanteuse passionnée vivent un amour impossible dans une époque inhumaine.
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68e Berlinale: un palmarès iconoclaste

Étrange Berlinale 2018: beaucoup de bons films mais pas de chefs-d’oeuvres, par contre des choix inexplicables dans la sélection avec des films qui sont presque une atteinte à l’intégrité intellectuelle et sensorielle des spectateurs – on pense ici principalement à Eva de Benoît Jacquot, Mein Bruder heisst Robert und er ist ein Idiot de Philip Gröning et Damsel de David & Nathan Zellner. On pourrait inclure également dans cette face sombre de la sélection Touch Me Not de Adina Pintilie qui certes n’a absolument rien à faire dans cette section mais aurait été parfait dans celle de Forum, mais au moins ce film part d’une démarche artistique, ce que les 3 autres cités semblent cruellement manquer. Seules explications trouvées pour la présence de Eva et Damsel, c’est le besoin de couvrir le tapis rouge de quelques stars brillant de tous leurs feux précédents et bien poli(cé)es, à savoir Isabelle Huppert et Robert Pattinson.
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Berlinale2018 – compétition jour #9: Twarz (MUG/Gueule)/ In den Gängen (In the Aisles/ Dans les allées)

Dernier jour de compétition ! Les deux jours précédents ont été très astreignants, c’est dire si on craignait ce 9e jour. Et comme souvent, c’est quand on ne s’y attend plus, ou le moins, que les petits miracles se produisent. Premier film, Twarz, de la réalisatrice polonaise Małgorzata Szumowska qu’on avait déjà pu apprécier en compétition en 2015 avec don film Body qui traitait déjà d’un sujet sérieux avec beaucoup d’humour. Bingo pour le second film, In der Gängen, un de nos préférés ! Et pour couronner le tout et finir en beauté cette section compétition/hors compétition, le film bulgare à l’esthétique époustouflante, Ága (hors compétition), qui se déroule dans l’extrême nord russe et dont parlerons ultérieurement.
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[Audio] Pessac : Sylvie Lindeperg et Ania Szczepanska, historiennes, dévoilent comment les images d’archives façonnent notre mémoire et notre imaginaire du passé

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Ania Szczepanska travaille avec Sylvie Lindeperg sur un ouvrage consacré au statut et aux usages des archives audiovisuelles dans la production documentaire contemporaine. Venues en tandem au Festival du film historique de Pessac pur donner une conférence sur l’utilisation des images d’archives dans le documentaire et elles questionnent sur les thématiques liées aux archives
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Berlinale 2017 – Forum : Tiere (Animaux)

Une fois n’est pas coutume : un film suisse fait parler de lui – en bien ! – dans la section la plus exigeante du festival, le Forum où est présenté chaque année un large spectre cinématographique de genre et de nationalités.

Tiere (Animaux)

Le réalisateur helvético-polonais Greg Zglinski se joue avec ses animaux (espèce dont les êtres humains semblent ne pas être très éloignés) de toutes les frontières : physiques, territoriales, linguistiques, temporelles, du réel…

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