Les Bienheureux (2017) de Sofia Djama : un rétroéclairage très juste sur l’actualité algérienne (2019)

L’après décennie noire inspire les jeunes réalisateur.trice.s qui depuis quelques années revitalisent le cinéma algérien (ici un article que nous avions article consacré à cette nouvelle génération). Sofia Djama, dont Les Bienheureux (The Blessed) est le premier long métrage présenté à la Mostra de Venise 2017, prend à bras le corps ce sujet qui, comme le printemps des hirondelles attendues par Karim Moussaoui (En attendant les hirondelles) la même année 2017, se retrouve directement face à l’actualité en ce début 2019. Ces deux films dépeignent une société désillusionnée empêtrée, après une décennie de terrorisme traumatisante, dans un conflit générationnel qui aliène les avancées collectives et les projets de vie individuels. Mais le verrou a enfin sauté et Sofia Djama était rayonnante à la présentation de son film ce 4 avril 2019, première projection après la démission du président Abdelaziz  Bouteflika  !

« Si mon film perd un jour de son actualité, j’en serais heureuse !»

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Rencontre avec Marine Francen pour la sortie allemande de Le Semeur qui, en Allemagne, a pour titre : Das Mädchen, das lesen konnte.

Le premier film de Marine Francen, dont elle a également écrit le scénario, prend sa source dans un mystérieux livre paru en 2006 (éditions Parole), L’homme semence, qui aurait été écrit par Violette Ailhaud, une institutrice des Basses-Alpes, qui raconte ce qui est arrivé à son village après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte de décembre 1851. Le parcours rocambolesque de ce manuscrit mérite tout autant un film que son contenu, l’histoire officielle étant qu’à la mort de l’autrice en 1925, le récit est resté dans une enveloppe qui devait rester fermée chez un notaire et ne pouvait être remise que 50 ans après sa mort à une femme de sa descendance. Depuis sa publication, le texte, peu connu du grand public, forge son succès dans l’inspiration qu’il insuffle aux artistes qui l’adaptent au théâtre, dans la danse, la BD ou comme ici au cinéma. Le livre a également été traduit dans plusieurs langues, en allemand sous le titre Der Samenmann.
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Mr & Mme Adelman (Die Poesie der Liebe) – Rencontre avec Doria Tillier co-scénariste et actrice principale du premier film de Nicolas Bedos qui sort ce 20 décembre en Allemagne

Dans une narration classique, qui débute par l’enterrement de Monsieur Adelman (Nicolas Bedos), célèbre écrivain mort dans d’étranges circonstances et dont Jack Lang fait l’oraison funèbre, le film de Nicolas Bedos nous entraîne dans la vie d’un couple fusionnel.
Madame Adelman (Doria Tillier) fuit la réception d’enterrement qui l’ennuie prodigieusement et reçoit dans le bureau de son défunt mari un jeune écrivain qui veut faire une biographie sous angle particulier : celui de Madame Adelman. Lors de cette après-midi, elle va lui raconter leurs 45 ans de vie commune dans lesquelles sont étroitement imbriquées vie intime et vie professionnelle.
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Rencontre avec Felipe Monroy qui nous parle du 2e volet de sa trilogie consacrée à la Colombie

Deuxième volet d’une trilogie consacrée à la Colombie, Los fantasmas del Caribe (voir notre critique) a permis à Felipe Monroy, réalisateur colombien installé à Genève, de poursuivre son travail sur la mémoire de son pays. De retour à Bogotá après de longues années d’absence, le réalisateur entreprend de revisiter le passé de sa famille, empreint d’une violence qui fait écho à celle d’une nation toute entière.
Certaines clefs de visionnement sont nécessaires pour cerner ce qui se cache derrière les témoignages, a priori limités à la sphère familiale, de sa mère, de son père ou de sa sœur.
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