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ZFF

Cinéma / KinoCulture / KulturRecit / Bericht

ZFF 2026 – Die Welt im Bild, das Zuhause ausserhalb des Bildes

Das 22. Zurich Film Festival fand vom 24. September bis zum 4. Oktober 2026 statt. Mit 133 Filmen, 46 Welt- und Europapremieren, 21 Schweizer Filmen und rund 500 Filmschaffenden und Branchenleuten ist das Festival weiter gewachsen. Zürich ist damit kein Festival im Niedergang, sondern eines im Wachstum. Es will zugleich Entdeckungsort für neue Filmschaffende, Treffpunkt für etablierte Namen, Branchenereignis und Publikumsfestival sein.
Die entscheidende Frage ist deshalb nicht allein die Qualität der Auswahl. Es geht um die Stellung des Festivals im Lebenszyklus eines Films und um sein Verhältnis zum eigenen Publikum und zur eigenen Gesellschaft. Wenn ein Film bereits in Cannes, Venedig oder Toronto zu sehen war und danach nach Zürich kommt: Was fügt Zürich ihm hinzu? Und ein Festival, das jedes Jahr Krisen und das Leid der Welt in seine Kinosäle bringt – wie bereit ist es, die Kamera auch auf jene Gesellschaft zu richten, in der es selbst stattfindet? (…)

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Cinéma / KinoCulture / KulturForum citoyen / Bürgerforum

NAZA de Yuval Abraham et Rachel Szor – Dans la machine à tuer

Ce film ne dure que 78 minutes. Cela suffit amplement à mettre le doigt dans la plaie – quelques minutes de plus seraient probablement insupportables. À la projection de presse au Festival du film de Zurich (ZFF), pas d’applaudissements, à l’inverse de la Mostra et de son ovation de 25 minutes : un silence de mort. Personne ne bouge avant la fin du générique. Quand la lumière revient, les yeux sont embués. Une spectatrice iranienne pleure à gros sanglots, longuement. On comprend alors pourquoi Yuval Abraham et Rachel Szor, les deux journalistes israélien·nes qui signent le film, semblaient si gêné·es et regardaient par terre à la première vénitienne. (…)

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Cinéma / KinoCulture / KulturInternet

ZFF 2026 – Techplomacy de Susanne Kovács : Démocratie vs. cartel de la technologie. Rencontre

Une glace et des casques de réalité virtuelle. Voilà ce que Meta propose à l’ambassadrice du Danemark pour la tech, en visioconférence, alors qu’elle vient lui exposer un agenda politique. Covid oblige, la dégustation attendra ; la leçon, elle, est déjà donnée. L’interlocutrice du géant californien prend soin de dire « ambassadrice », avec les égards d’usage, puis esquive le sujet pour ramener l’échange sur le terrain de l’expérience ludique et conviviale. Anne Marie Engtoft Meldgaard se fait prendre pour une cruche, et la caméra de Susanne Kovács ne détourne pas le regard. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

ZFF 2024 – To Close Your Eyes and See Fire de Nicola von Leffern et Jakob Carl Sauer : Une fresque intime du Liban post-explosion à travers l’objectif du cinéma. Rencontre

Un long travelling capture l’horizon, à moitié éclairé par le jour naissant, à moitié voilé par une brume lointaine. Au fil du mouvement, la caméra longe le port pour se fixer sur l’abîme laissé par l’explosion, tandis qu’en voix off, une conversation téléphonique se fait entendre : Yasmine, bénévole dans un centre de soutien psychologique, écoute une femme partager ses angoisses. Ces peurs sont ravivées par le souvenir des instants traumatisants qui ont suivi l’explosion, dont elle a été témoin. Elle évoque des scènes poignantes : des personnes, des enfants cherchant leurs proches, des corps déchiquetés…  (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Super/Man: L’histoire de Christopher Reeve de Ian Bonhôte et Peter Ettedgu – La collusion entre la fiction et la réalité ! Rencontre

L’histoire de Christopher Reeve est celle d’un acteur inconnu qui devient, du jour au lendemain, grâce à un rôle, une icône du cinéma. Sa performance en tant que Clark Kent/Superman est devenue une référence dans l’univers des super-héros et a établi une norme qui domine encore aujourd’hui dans les productions issues des franchises à Hollywood. Après le premier film en 1978, réalisé par Richard Donner, Reeve a incarné l’homme d’acier dans trois suites. Entre ces superproductions, il s’est tourné vers des films d’auteur et le théâtre, sans jamais retrouver le succès de Superman. En 1985, pour le film Anna Karénine de Simon Langton, aux côtés de Jacqueline Bisset, il apprend à monter à cheval, malgré une allergie qui l’oblige à prendre régulièrement des antihistaminiques. C’est ainsi que naît une passion pour l’équitation, qu’il partage avec Dana, la mère de son troisième enfant, Will. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

L’Histoire de Souleymane de Boris Lojkine – Quarante-huit heures dans la vie d’un homme. Rencontre

Dix ans après son film Hope, qui racontait le périple d’un couple de migrant·es en route vers l’Europe, Boris Lojkine revient avec une nouvelle histoire migratoire, cette fois centrée sur l’arrivée à destination, au moment de déposer une demande d’asile.
Souleymane (Abou Sangaré) n’a plus que deux jours avant son entretien à l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides), qui décidera du sort de sa demande. En attendant, il parcourt Paris à vélo pour livrer des repas, tout en répétant inlassablement l’histoire fabriquée pour lui par son compatriote guinéen Barry (Alpha Oumar Sow). En effet, la pauvreté et le manque de perspectives ne sont pas des motifs recevables pour obtenir l’asile. Comme beaucoup d’autres, Souleymane doit se présenter comme un opposant politique de l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée) ayant été emprisonné et torturé. Mais il peine à mémoriser son récit et, surtout, à rendre cette histoire crédible. Au fil de ses livraisons, slalomant dans le trafic parisien, il récite et récite encore ses lignes, devenant de plus en plus fébrile à l’approche de l’entretien décisif. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

ZFF2022 – Blue Jean de Georgia Oakley illustre les effets d’une loi contre « la promotion de l’homosexualité » dans le Royaume-Uni des années 80. Tristement actuel !

Si l’histoire que nous raconte Georgia Oakley dans son premier film se situe à la fin des années huitante dans le Royaume-Uni de Thatcher, elle nous projette avec violence dans le présent sociétal mondial qui ne cesse de s’assombrir.
Nous sommes au nord de l’Angleterre en 1988. Jean (Rosy McEwen) est professeure d’éducation physique, motivée et respectée par ses élèves. Elle se voit cependant contrainte de vivre une double vie, car elle est lesbienne. Le pays s’enflamme suite au débat lancé par le gouvernement conservateur de Margaret Thatcher sur une loi qui stigmatise la communauté homosexuelle et finit par être adoptée : la Section 28, qui ordonne aux écoles publiques britanniques de ne pas « promouvoir l’enseignement de l’acceptabilité de l’homosexualité en tant que prétendue relation familiale ». Une phrase sinistrement célèbre de la Première ministre britannique évoque ainsi sa position : « Les enfants qui ont besoin qu’on leur apprenne à respecter des valeurs traditionnelles apprennent qu’ils ont un droit inaliénable à être gays. On les trompe en les privant d’un bon départ dans la vie ». Londres mettra quinze ans à abroger cette loi ! Triste constat : le retour à ce fantasme de « la promotion de l’homosexualité » se propage dans les années 2020 jusque dans les pays que l’on dit développés. En Russie bien sûr, mais aussi la Hongrie, la Pologne, des tentatives également aux États-Unis, pas plus tard que ce dimanche avec la victoire aux élections législatives italiennes de Fratelli d’Italia, parti d’extrême-droite dont sa cheffe de file a précisément inscrit ce sujet à son programme… tous ces pays et/ou partis remettant également en cause, au passage, le droit à l’avortement… (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

ZFF2022 – Seire de  Kang Park : Une dépression post-partum au masculin horrifique

Pour son premier long métrage, Kang Park s’empare du cinéma de genre pour nous dépeindre la désorientation d’un père après la naissance de son fils, entre film fantastique et film d’horreur, dans un décor des plus naturalistes. Brillant !
Seire, c’est le terme qui désigne la période traditionnelle de 21 jours durant laquelle de jeunes parents doivent suivre certaines règles afin de ne pas apporter la malédiction sur leur famille et le nouveau-né. Dès la scène d’ouverture, Kang Park plonge son public dans le doute : toutes les pommes que le père coupe en deux et dont les intérieurs semblent tous marqués du rouge du pourrissement sont-elles réelles ? Le réalisateur coréen va prendre plaisir à constamment jouer avec les passages entre réalité – présente et passée –, hallucinations, rêves, ou plutôt cauchemars, la perte d’orientation de Woo-jin (Hyun-woo Seo) devenant ainsi rapidement la nôtre. (…)

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ZFF2022 – Die goldenen Jahre : Une comédie suisse qui met à mal les injonctions de vies conventionnelles

Comme nous le disions lors de la présentation du film suisse Last Dance à Locarno, la comédie est un des genres les plus difficiles à transformer en œuvre cinématographique réussie. Cette année semble être un bon cru pour les comédies suisses, Die goldene Jahre de Barbara Kulcsar en est un autre exemple. La cinéaste et sa scénariste Petra Volpe (Heidi, L’Ordre Divin) entament ces « années dorées » avec tous les clichés qui font craindre le pire : Peter (Stefan Kurt) vit son dernier jour de travail, lorsqu’il demande à la jeune femme qui le raccompagne à la sortie, il lui demande qui reprendra son bureau – « Personne, ce sera une pièce à serveurs ». (…) La suite de l’histoire va cependant s’ouvrir sur d’autres horizons, des réflexions profondes sur les projets de vie, les manières de les réaliser, les différentes configurations qui s’ouvrent à nous lorsque nous décidons de prendre des chemins de traverse. (…)

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Cinéma / KinoCulture / KulturForum citoyen / Bürgerforum

PriFest 2021 et ZFF 2021 –  Rencontre avec Blerta Basholli, réalisatrice de Hive (Zgjoi), film primé à Sundance et Prishtina International Film Festival et qui représente le Kosovo aux Oscars 2022

Le mari de Fahrije est porté disparu depuis la fin de la guerre du Kosovo. La vie de sa femme, ses deux enfants et son père est guidée par le deuil et la lutte au quotidien pour survivre financièrement. Un jour, Fahrije va créer une petite coopérative de produits locaux, entraînant d’autres veuves dans son entreprise. Hélas, ses efforts pour subvenir aux besoins de sa famille et recréer de la vie dans le village se heurte à l’hostilité des hommes qui ne voient en elle que subversion de leurs traditions.  Ils vont tout entreprendre pour la faire échouer. Lire la critique ici.

Dans toutes les grandes tragédies de l’histoire se joue un trauma transgénérationnel, avec beaucoup de non-dits qui se passent de générations en générations. Mais ici, au Kosovo, il semble que vous essayiez de travailler sur ce traumatisme, de ne pas le laisser aux nouvelles générations le poids du fardeau…

C’est toujours important de parler. Pour moi, parler ce fait à travers les films. Même pour les problèmes quotidiens, nous devons nous exprimer. Si on laisse simplement ces parties de nos vies derrière nous, les choses empirent. Il faut parler des gens disparus, des questions liées au genre, on doit être honnêtes les uns avec les autres, même si on doit s’autocritiquer. Parfois la vérité n’est pas belle à dire, souvent on n’a pas envie d’entendre certaines choses, mais il faut passer outre. C’est essentiel afin d’aider la société à s’ouvrir, à s’habituer à entendre la vérité et à parler des choses qui ne sont pas justes, des choses que nous avons vécues. C’est la seule manière d’avancer.
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