Berlinale 2021 : dans la section Encounters, Azor, d’Andreas Fontana, redonne vie aux fantômes de la dictature argentine sur un damier aux enjeux internationaux

Azor fait partie de l’initiative «The Films After Tomorrow» qui vise à soutenir les professionnels du film dont les projets ont été stoppés par la pandémie de coronavirus afin de leur permettre d’achever leurs films ou de recommencer leur production. Sur les cinq-cent-quarante projets soumis (issus de cent-un pays), le comité de sélection a nominé dix productions pour la sélection internationale et dix autres pour la sélection suisse, sélection où la SSR est en lice avec les cinq coproductions. Azor d’Andreas Fontana, Das Mädchen und die Spinne (La jeune fille et l’araignée) de Ramon et Silvan Zürcher et La Mif de Frédéric Baillif (Freshprod) sont au programme du festival.
Azor s’ouvre sur un homme, souriant aux yeux bleu ciel, qui pose devant des plantes tropicales au feuillage abondant. La séquence suivante, le banquier Yvan de Wiel et sa femme, assis à l’ariare d’une voiture diplomatique, sont pris dans un bouchon dû aux contrôles d’identité des militaires. Par la fenêtre de la voiture, Yvan De Wiel observe un homme, fouillé au corps par un militaire : les sectateurs reconnaissent l’homme de la première séquence dont ils comprendront ultérieurement qu’il s’agit de Keys (Alan Gegenschatz).
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Fernando Solanas, cinéaste, documentariste, homme politique et activiste argentin laisse l’humanité orpheline d’un défenseur des arts et des justices

L’ambassadeur d’Argentine auprès de l’UNESCO, Fernando “Pino” Solanas, est décédé le 6 novembre 2020 à Paris, en France, où il recevait un traitement contre le coronavirus. Les messages de sympathie ont afflué du monde entier, à commencer par l‘Argentine, pays où est né Fernando Solanas le 16 février 1936, à à Buenos Aires dont les natifs s’appellent los Porteños. Le Palacio San Martín, le Ministère argentin des Affaires étrangères, situé dans le quartier de Retiro, à Buenos Aires, commentant la mort du cinéaste et activiste sur son compte Twitter officiel (…)
Connu pour son appartenance au groupe Proyecto Sur, mouvement politique, social et culturel en Argentine, d’orientation nationale, de ligne politique de centre-gauche, progressiste et lié à l’écologie politique, Fernando Solanas en était la principale référence au niveau national.
Fernando “Pino” Solanas laisse un héritage caractérisé par sa vie de militantisme, qui s’est déroulée à travers son action politique passionnée et son travail artistique à contenu social, mettant son art et sa vie au service de son pays qu’il souhaitait meilleur après les vicissitudes et exactions commises sous la dictature. Ses idées politiques marquent sa performance publique, à la fois en tant que cinéaste, où il se distingue avec une dizaine de films à succès à fort contenu social, jusqu’à sa participation à la politique.
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BackToCinema – Initiales S.G. (Iniciales S.G.) de Rania Attieh et Daniel García : une comédie noire au coeur de Buenos Aires

Initiales S. G. ? Encore un documentaire sur Serge Gainsbourg ? Nenni non point ! Un film issu du cinéma indépendant argentin qui rend un hommage au chanteur français sur fond d’humour noir et grinçant !
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Berlinale 2020 – Quote of The Day #2: Érica Rivas, actrice argentine du film en compétition El prófugo

À la fin de la conférence de presse du film argentin en compétition El prófugo (The Intruder) de Natalia Meta (lire la critique) l’actrice qui tient le rôle-titre dans ce film fantastique, Érica Rivas a tenu à conclure la conférence par un sujet qui n’a (a priori) pas trait au film :
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Berlinale 2020 – Compétition : El prófugo (The Intruder), un film fantastique argentin de Natalia Meta d’une grande finesse

Dès les premières images, une évidence : sur l’écran une formidable actrice va nous accompagner avec la riche palette de son jeu dans l’histoire de son personnage. La promesse sera non seulement tenue de bout en bout par Érica Rivas mais il s’avérera que toutes les actrices et tous les acteurs du film de sont excellents. Mais la réussite de film ne tient pas qu’à cela, loin de là. Tous les domaines de la réalisation sont maîtrisés, réfléchit et travaillés avec une formidable acuité artistique, allant de l’écriture à l’image en passant par un design sonore faisant partie intégrante de la narration. Natalia Meta, qui a également écrit le scénario, allie tout en subtilité drame et humour, réflexion sur l’altérité et l’intimité, effleurant par la marge des questions sociétales, sans jamais tomber dans le convenu et le prévisible ; jusqu’à la fin, elle parvient à faire monter son histoire en puissance, ajouter de l’épaisseur à l’intrigue, à nous surprendre et nous mener dans des recoins narratifs fulgurants et inventifs.
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Genève : la 21ème édition du Festival Filmar en América Latina se tiendra du 15 novembre au 1er décembre 2019 à Genève ainsi que dans des communes du canton et de France voisine

La 21e édition du Festival Filmar alternera rencontre avec des Cinéastes engagé.es, des projections d’œuvres fortes et des débats d’actualité très variés et enrichissants. Filmar, la plus importante manifestation culturelle de Suisse dédiée à l’Amérique latine, qui contribue également au rayonnement de Genève, ville de dialogue et de culture, est l’un des seuls festivals qui s’autofinance à hauteur de 25%, signe du soutien indéfectible de son public, toutes générations confondues.
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Rojo, le troisième long métrage de Benjamin Naishtat, revisite la violence des années septante en Argentine – Dans les salles suisses

Argentine, 1975 : la séquence d’ouverture filme en caméra frontale une villa dans un quartier  bourgeois où diverses personnes sortent, emportant des effets de valeurs, un miroir, un poste de télévision, etc. La caméra de Benjamin Naishtat nous entraîne ensuite dans l’étude de Claudio (Dario Grandinetti), avocat réputé et notable local, qui mène une existence confortable, acceptant de fermer les yeux sur les pratiques du régime en place. Lors d’un dîner, il est violemment pris à parti par un inconnu et l’altercation vire au drame. Claudio fait en sorte d’étouffer l’affaire, sans se douter que cette décision va l’entraîner dans une spirale sans fin.
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Sortie aux Cinémas du Grütli d’El motoarrebatador (L’homme à la moto), d’Agustín Toscano, qui brosse un portrait acerbe et brut de l’Argentine contemporaine

El motoarrebatador est un film intelligent, sans fioritures et à l’intrigue forte et dérangeante qui va de l’intime des protagonistes au malaise social d’un pays.

La séquence d’ouverture observe deux motards casqués dont la visière respective est aussi noire et opaque que leurs casques, ne laissant apparaître ni le contour de leur visage ni leur regard. Les deux motards, l’un au guidon, l’un à l’arrière de la moto, semblent observer des passants. Sur le trottoir opposé, une femme d’un certain âge, entre dans une banque pour retirer de l’argent au distributeur automatique.
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Cannes 2019 : Diego Maradona, d’Asif Kapadia, fait revivre le mythe

Le film d’Asif Kapadia, présenté hors-compétition au Festival de Cannes 2019, n’est pas le premier film consacré à la star argentine du ballon rond. Maradona (ou Maradona par Kusturica), film documentaire réalisé par Emir Kusturica et sorti en 2008 en France, avait été présenté en une avant-première au Festival de Cannes 2008, hors-compétition. Cependant, Maradona inspire tant les cinéastes que le public, preuve en est lors des projections de ce nouveau film consacré à celui que l’on surnommait El Pibe de Oro (« Le gamin en or »), Pelusa, D10S, El Diez, Dieguito, Le Maître : les spectateurs étaient nombreux et nombre d’entre eux le considèrent toujours comme l’un des plus grands joueurs de l’histoire du football. Il fait partie de l’équipe mondiale du XXe siècle.
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Marilyn ou le terrible parcours d’un être « différent » en milieu hostile – Entretien avec Martín Rodríguez Redondo

Marcos (Walter Rodríguez), un adolescent de de dix-sept ans, travaille comme ouvrier agricole au sein de la ferme d’élevage que garde sa famille qui vit dans des conditions modestes. Il aide son père Carlos (Germano De Silva) et son frère aîné Carlitos (Ignacio Giménez), qui traient et s’occupent des vaches victimes de tentatives constantes de vol. Olga (Catalina Saavedra), gagne de l’argent en tant que couturière. Bientôt son père meurt et les difficultés économiques forcent la famille à aller de l’avant sans beaucoup de deuil.
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