TIFF 2022 – Autobiography de Makbul Mubarak questionne le concept de loyauté et de figure paternelle dans un contexte dictatorial

Nul besoin d’être spécialiste de l’Indonésie pour comprendre l’histoire contée par le critique de film indonésien devenu réalisateur, Makbul Mubarak. La soif de pouvoir, l’emprise d’une figure autoritaire sur son entourage, le respect instillé par la peur qu’elle inspire, en résumé des comportements largement partagé dans le monde, que ce soit dans la sphère du privé comme dans l’espace public. (…)

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TIFF 2022  : Le Lycéen, de Christophe Honoré, explore les doutes existentiels d’un adolescent endeuillé

Pensionnaire dans un internat en Savoie, Lucas (Paul Kircher) a dix-sept ans lorsque son univers d’adolescent est soudainement bouleversé et qu’il doit rentrer précipitamment auprès de sa famille. En proie à des hésitations et à des doutes existentiels, tel un animal sauvage, Lucas a besoin d’être apprivoisé par ses proches, mais aussi par son être profond, pour enfin sortir de sa chrysalide et s’assumer tel qu’il est. Entre un frère (Vincent Lacoste) installé à Paris et une mère (Juliette Binoche) avec qui il vit désormais seul, Lucas va devoir se battre pour retrouver l’espoir, la confiance en lui et l’amour. (…)

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TIFF 2022 – Riceboy Sleeps d’Anthony Shim manie avec délicatesse le fragile balancier identitaire d’un jeune Coréen-Canadien, entre intégration et acculturation

La fenêtre d’entrée de Riceboy Sleeps est un panoramique qui dégage visuellement comme auditivement un grand calme : sur un paysage de mer dont l’eau frémit à peine, surmontée d’une lune orange en son milieu, une voix off raconte en coréen les prémisses de l’histoire de So-young (Choi Seung-yoon) et de son fils Dong-hyun. Quelques plans entre mer et montagne en Corée du Sud, quelques phrases suffisent à Anthony Shim pour donner le ton de son second long métrage, celui de la sensorialité. (…)

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TIFF 2022 : La Hija de todas las rabias (Daughter of rage), de Laura Baumeister, immerge le public au cœur du quotidien éprouvant d’une mère et de sa fille pré-adolescente, issues du quart-monde

Dans ce premier long métrage intitulé La Hija de todas las rabias (Daughter of Rage), présenté en première mondiale au 47e Festival du film de Toronto (TIFF), à Toronto, Laura Baumeister décrit le quotidien déchirant, mais étrangement poétique d’une fillette emplie de volonté, de pugnacité pour survivre. (…)

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Toronto International Film Festival (TIFF) – Whether the Weather Is Fine (Kun Maupay Man It Panahon) de Carlo Francisco Manatad transforme une catastrophe naturelle en une expérience psychédélique!

Le 8 novembre 2013, le super-typhon Haiyan, traversait l’archipel des Philippines, laissant derrière son passage des dizaines de milliers de blessés, une dizaine de milliers de morts et disparus et des régions entières dévastées. Partant de cette tragédie, le cinéaste philippin Carlo Francisco Manatad prend comme décor sa ville natale Tacloban, en grande partie réduite en ruines après le passage de Haiyan.
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Toronto International Film Festival (TIFF) –  Première de Terrorizers de Ho Wi Ding, une plongée dans l’univers dématérialisé de la jeunesse

Le dernier film de Ho Wi Ding (Face à la nuit -2018, Pinoy Sunday -2009) propose un instantané kaléidoscopique d’une jeunesse – de la classe aisée – en perte de valeurs et de perspectives, livrée à elle-même dans une société où les adultes sont centrés sur eux-mêmes. Le cinéaste taïwanais s’écarte des sentiers battus narratifs du genre coming-of-age, plonge dans une narration à la fois éclatée et fluide, évite l’écueil de la simplification des événements qui s’enchaînent les uns aux autres de manière non-linéaire et propose des personnages complexes qui, comme dans la vie, ne sont pas unidimensionnels.
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Toronto International Film Festival (TIFF) – Première de Wildhood de Bretten Hannam, un voyage initiatique dans le territoire Mi’kmaq

L’histoire qu’iel nous raconte est celle d’un road-trip initiatique classique d’adolescents à l’intersection de la recherche de leur identité composée de leurs racines et de leur individualité. Link (Phillip Lewitski) et son petit frère Travis (Avery Winters-Anthony) vivent en quai stabulation libre avec leur père non-autochtone violent, particulièrement à l’encontre de l’aîné dont on a l’impression qu’il le hait – probablement car la vue de son fils lui rappelle constamment que sa femme l’a quitté. Lorsque ce dernier découvre que sa mère Micmac n’est pas morte, il s’enfuit avec son petit frère, dont la mère est elle bel et bien décédée. Sans argent ni moyen de locomotion, ils se retrouvent perdus sur la route, sans plans précis, lorsqu’il rencontre le jeune Pasmay (Joshua Odjick), Micmac lui aussi. Le voyage de Link prend alors une forme plus consistante au contact de ce danseur de Pow-wow qui va faire la route avec eux, à la recherche de la mère de Link. (…)

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Toronto International Film Festival (TIFF) –  Aga Woszczyńska tend un miroir implacable du narcissisme occidental avec son premier long métrage, Silent Land (Cicha Ziemia), présentée en Première mondiale au TIFF

Dans Silent Land, le couple assorti dans sa physionomie stéréotypée –  blond.es, grand.es et aux yeux bleus – passe ses vacances sur une île, en Italie. À l’aise financièrement, il loue une grande maison avec piscine qui possède une magnifique vue sur la mer. Hélas, la piscine n’est pas en fonction, ce qui contrarie énormément nos deux vacancier.es. Fabio (Marcello Romolo), le propriétaire de la maison et du restaurant du village, leur propose une ristourne sur le prix, un repas gratuits à la trattoria, mais rien n’y fait ! Lorsqu’il leur dit « pas besoin d’une piscine, la mer est là », Anna et Adam n’en démordent pas : la maison a été louée en grande partie pour sa piscine ; ils veulent en faire usage. Leur vient-il à l’idée que l’île puisse avoir des problèmes d’approvisionnement d’eau ? Il n’est même pas sûr qu’ils ignorent consciemment cette possibilité, tellement le couple est autocentré sur ses propres besoins qui s’avèrent durant ces vacances basiques et mécaniques : manger, boire, avoir des relations sexuelles. Tout ceci sans grande émotion, le plus souvent en silence, sur un mode autopilote. Tout semble très banal au fond, mais quelque chose d’évanescent, d’inquiétant sourd de cette représentation ritualisée.
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TIFF 2017: Movie magic from math and science

Math and science are hot topics with contemporary filmmakers. Think of the brilliant portrayal of African-American mathematicians and scientists in 1960s NASA in Hidden Figures or the tale of mathematical genius, Srinivasa Ramanujan, and his groundbreaking work with Godfrey Hardy at Cambridge University in The Man Who Knew Infinity.
The Toronto International Film Festival (TIFF), underway this month, is not immune to the charms of math and science, with past crowd-pleasers such as The Theory of Everything and The Martian. As a mathematics professor with a love for film and a Patron’s Circle membership that offers access to many of the festival’s premieres, I go on an annual search for STEM-centric movies.
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