Freedom Fields, le documentaire de Naziha Arebi sur 3 footballeuses libyennes est présenté au Festival des cinémas d’Afrique de Lausanne

La réalisatrice anglo-libyenne a suivi pendant 5 ans trois footballeuses dans leur vie quotidienne, la pratique de leur sport et la déliquescence d’un pays qui sombre dans la guerre civile. Le travail de Naziha Arebi est remarquable… malheureusement a-t-on envie de dire, car elle capte dans le montage de son film l’air du temps d’un pays qui inexorablement se raréfie. Méthodiquement, sur 97 minutes, elle se fait témoin des pans d’espoirs et de libertés qui tombent tels les écailles d’un animal en mue.  Et nous, spectateur.trices, un peu piteux d’apprécier ce superbe rendu esthétique qui se joue de la nuit, des contre-jours, des ombres et d’une lumière ardente, à la chaleur inversement proportionnelle à la situation politique du pays qui tend plutôt à glacer le sang. L’habillage musical de Freedom Fields est également pertinemment mis en place et s’accorde à la perfection au fil narratif du documentaire.
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Locarno 2019 : les films de la péninsule ibérique en compétition

Technoboss, de João Nicolau, représente le Portugal dans le concours international
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Longa noite (Longue nuit), de Eloy Enciso, représente l’Espagne dans la course aux Léopards
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Locarno 2019 : Fi Al-Thawra (During Revolution), de Maya Khoury, plonge les spectateurs au coeur de la révolution syrienne, vue et filmée par les Syriens, présenté en première mondiale dans la section concours international

Maya Khoury a travaillé pendant plusieurs années avec ses compagnons du collectif Abounaddara, de manière anonyme, afin de préserver leurs familles. Par le biais de son journal, accessible sur les ordinateurs et les téléphones portables de leurs compatriotes, le collectif  a donné des informations de première main, filmée par le collectif ou par des Syriens avec leurs téléphones portables, afin d’informer les Syriens de la réalité du pays, une vision beaucoup plus véridique que celle que les médias occidentaux entretiennent.
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Rencontre avec Gaya Jiji, réalisatrice syrienne à l’occasion de l’avant-première de son film, Mon tissu préféré, au Cinélux, à Genève

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Pour écrire le scénario de son  premier long métrage, Mon tissu préféré, Gaya Jiji s’inspire de diverses femmes qui l’entourent : des femmes soumises au poids de la tradition et dociles face au diktat masculin, à l’instar de Myriam, la petite soeur dans le film; des femmes qui endossent leur rôle et ne manifestent aucune émotion tout au long de leur vie, qui ne pleurent jamais, comme la mère de famille du long métrage, une mère fortement inspirée par celle de Gaya Jiji; des femmes qui se rebellent et revendiquent le droit à la liberté, à choisir leur mode de vie, comme la tenancière de maison de close dans le film, Madame Jiji.
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Cannes 2019 : Nuestras madres, premier long métrage du Guatémaltèque César Díaz, déterre le passé douloureux du conflit armé au Guatemala

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Le long-métrage Nuestras Madres de César Diaz était en course à la Semaine de la Critique et a été couronné de la Caméra d’or, reçue des mains de Rithy Panh qui ne pouvait qu’être sensible au travail de mémoire et de reconnaissance des victimes effectué par César Diaz, lui qui a consacré toute sa filmographie aux victimes de Pol Pot et des Khmers rouges.

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Los silencios de Beatriz Seigner dénonce les exactions et guerres civiles en Amérique du sud

Amparo (Marleyda Soto) et ses deux jeunes enfants, Nuria (Maria Paula Tabares Pena), douze ans, Fabio (Adolfo Savinvino), neuf ans, fuient les conflits armés en Colombie. À la triple frontière entre la Colombie,  le Pérou et le Brésil, le trio cherche refuge sur une petite île avec des maisons sur pilotis sur le fleuve Amazone, une zone qui semble flotter dans les limbes et où les habitants cohabitent avec les morts. Amparo doit affronter bien des obstacles administratifs, tant que le corps de son mari (Enrique Diaz) et de sa fille aînée, Maria, ont pas été retrouvés,  pour pouvoir survivre. En effet, Amparo et ses enfants ont fui le conflit armé colombien, dans lequel leur père et ont Maria disparu. Un jour, celui-ci réapparait mystérieusement dans leur nouvelle maison.
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Mein Paradies d’Ekrem Heydo : le cœur crevé de Serê Kaniyê, ville multiethnique du nord de la Syrie

Mein Paradies d’Ekrem Heydo, documentaire présenté à la 9è édition d’ALFILM, reflète malheureusement non seulement l’état d’une région à feu et à sang depuis 7 ans mais à nouveau une actualité, celle de la récente offensive turque au nord de la Syrie toujours en cours.

« Un paradis sans êtes humains n’est pas un paradis »
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Sortie romande du Tribunal sur le Congo de Milo Rau – Saisissant!

Le tribunal sur le Congo : une œuvre politique transmédia remarquable

Depuis la chute en 1997 du président du Zaïre, Mobutu Sese Seko, après 32 ans de dictature, le pays rebaptisé République démocratique du Congo (RDC) est en continuelle état de guerre civile. Dans toutes les régions du monde, les guerres civiles qui n’en finissent pas sont le paravent qui camoufle d’autres intérêts que ceux qui sont communément identifiés comme idéologiques, ethniques ou territoriaux.
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Tramontane du Liban: celui qui vient de derrière la montagne

Il est des vents qui rendent fous, des vents annonciateurs de mauvais temps ou d’augure, des vents brûlants ou glaciaux qui brouillent la vue, enragent les cieux, plombent les nuits ; il est de petits vents frais ou chauds et légers qui soulagent de la canicule, du frimas, qui portent les oiseaux et pollinisent le printemps, qui bercent les petits nuages blancs des imaginaires, qui allument la lune et ses étoiles. Il est des vents comme des souffles, la vie s’y engouffre autant que la mort.

Le Liban : un dédale d’histoires

La tramontane au Liban, c’est comme partout le nom d’un vent, mais c’est également le terme qui décrit celui qui vient de derrière la montagne… un étranger donc.
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Berlinale 2017 – Panorama: Insyriated

Hiam Abbas dans la distribution d’un film, c’est déjà être assuré pour moitié de la réussite d’un projet. L’autre moitié d’Insyriated est menée de main de maître par le réalisateur belge Philippe Van Leeuw qui nous tient captif dans un appartement-refuge – mais pas sanctuarisé – au milieu d’une ville en guerre. Comme le titre l’indique, la guerre est celle qui se déroule en Syrie. Cependant, la situation renvoie à un sentiment de déjà-vu. Déjà-vu à en Espagne dans les années 30. Déjà-vu au Liban dans les années 70-80. Déjà-vu au Rwanda. Déjà-vu à Sarajevo. Déjà-vu partout où la guerre civile sévit, cette forme de guerre, abjecte dans l’abjecte intrinsèque, qui fait de son voisin, de son ami, d’un membre de sa famille le possible bourreau, où les fondements formels ou moraux de base ne tiennent que par la volonté des uns et des autres de rester humains, où la forme la plus primitive de vie devient la règle et se nomme survie.
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